CHRONIQUE

Remplir le creux de l’été

Les chaînes américaines câblées comme HBO ou Showtime ont compris ce principe il y a plusieurs années déjà. Il n’y a plus rien de potable à l’antenne des chaînes généralistes l’été ? Parfait ! On va profiter de ce creux de vague pour mettre en orbite nos séries prestigieuses.

Game of Thrones 8, Killing Eve 2, The Handmaid’s Tale 3 (9 juin), Stranger Things 3 (4 juillet) ou Big Little Lies 2 (9 juin) : toutes ces grosses productions démarrent quand les terrasses débordent de gens bien trop contents de siroter leur campari-soda à l’extérieur, même s’ils portent encore leur doudoune The North Face.

Cette stratégie de contre-programmation fonctionne à merveille. Et ces excellentes émissions, qui cumulent une kyrielle de récompenses, cartonnent.

Parce qu’elles regorgent de qualités, bien sûr, et parce qu’elles ne sont pas en concurrence avec 42 autres titres pour notre temps de visionnement.

Jamais on ne verrait Radio-Canada programmer Les pays d’en haut en juin ou TVA lancer une nouvelle saison de L’heure bleue en juillet. Au Québec, les séries de fiction se ratatinent et débarrassent le plancher en mars ou en avril, pour ne reprendre qu’à la mi-septembre.

Comme si l’été se pointait à Pâques et que tous les amateurs de téléséries passaient toutes leurs soirées au parc à faire de la slackline (pire punition au monde).

Alors, pendant cette longue pause estivale de L’échappée ou de 5e Rang, on nous sert des magazines d’été funky, des quiz légers, des téléréalités culinaires, des talk-shows amusants, de même que des reprises de Complexe G et de 1res fois.

Les fans de séries québécoises rongent leur frein ou en profitent pour rattraper le retard accumulé dans District 31. Divulgâcheur : Nadine Legrand meurt et Jeff Morin aussi.

Entre vous et moi, ce n’est pas la série acadienne Conséquences de Radio-Canada qui retiendra les fans de bonne télé de se brancher à Netflix ou à Crave. Ça ne s’améliore vraiment pas à Moncton, doux Jésus.

Au moins, des diffuseurs comme Radio-Canada investissent dans du contenu d’été original comme Les chefs !, Dans l’œil du dragon, Des squelettes dans le placard, Bonsoir bonsoir ! et Mémorable. TVA recycle actuellement beaucoup de matériel de ses chaînes spécialisées et propose son immuable magazine Sucré salé, qui reprend les ondes le lundi 20 mai avec une émission spéciale tournée à New York en compagnie de Ginette Reno, Cœur de pirate et Katherine Levac.

Télé-Québec a déployé des efforts en prolongeant Deux hommes en or jusqu’au 31 mai et en ajoutant Zone franche à sa grille. Quant à Y’a du monde à messe, la chapelle rouvrira ses portes le 7 juin pour une période de 27 semaines consécutives.

C’est déjà mieux que rien. Mais avec l’émergence des services comme Club illico, l’Extra de Tou.TV, Crave ou Netflix, dont les contenus demeurent accessibles 12 mois par année, ça ne suffit plus.

Le vieux modèle des saisons télévisuelles ne suit pas les nouvelles habitudes des consommateurs. Si les chaînes traditionnelles québécoises désirent conserver leur pertinence (et leurs parts de marché), elles ne peuvent pas se mettre en mode avion pendant cinq mois.

Les stars de Code G et de Code F

Vrak a amorcé mardi à 21 h la diffusion de Code All Stars, qui réunit les meilleurs commentateurs des émissions Code F et Code G. Savourez ces derniers instants, car il s’agit du dernier tour de piste pour cette adaptation du format international Girl Code.

J’ai vu les deux premiers épisodes et c’est frappant, la quantité de jeunes talents qui ont contribué à l’essor de cette production.

Pier-Luc Funk, Maripier Morin, Julien Lacroix, Katherine Levac, Jay Du Temple, Catherine Éthier, Mehdi Bousaidan ou Mariana Mazza : ces artisans ont tous grimpé rapidement les échelons du showbiz depuis la mise à feu de Code G et de Code F.

Code All Stars s’intéresse à des sujets variés comme les insultes, le sexe oral, les dinosaures, les années 90 ou la crise du verglas. Le montage rapide, les effets sonores rigolos et la narration de Jean-Carl Boucher rendent les épisodes super attrayants.

C’est évident que Code All Stars ne vise pas les préados de 11 ans, mais bien les adulescents. De toute façon, les jeunes entendent des anecdotes pas mal plus salées dans les corridors de leur école secondaire. Le tandem Catherine Éthier-Maripier Morin reste mon favori, même si Maripier devrait parfois se mettre un joli filtre quand il est question de ses matières fécales.

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