Coup d’œil Thetford Mines

Le vent tourne… en mieux

Aperçu de l’état du marché immobilier dans un secteur du Québec

En 2017, Thetford Mines était la ville où le prix moyen des propriétés était le plus bas au Québec, affichant même une baisse de 9 % par rapport à 2016, selon la Fédération des chambres immobilières du Québec. Toutefois, la situation économique et immobilière de cette agglomération de Chaudière-Appalaches se porte mieux.

Il fallait en moyenne débourser 104 518 $ pour acheter une propriété unifamiliale à Thetford Mines, une municipalité qui subit encore les effets des bouleversements économiques des années 80 et 90. « Les mines ont fermé les unes après les autres et on a assisté à un exode de la population, rappelle le maire Marc-Alexandre Brousseau. Ça fait plusieurs années qu’on est dans le bas du palmarès immobilier. »

En comparant Thetford Mines à Sept-Îles et à Baie-Comeau, deux villes aux populations presque identiques et dont l’économie a également été touchée par les difficultés des grandes industries, on remarque que le coût moyen des propriétés unifamiliales était tout de même plus élevé sur la Côte-Nord en 2017 : 194 277 $ à Sept-Îles et 146 925 $ à Baie-Comeau.

Cela dit, la moyenne d’âge à Thetford Mines (48 ans) est la plus élevée des trois. Le maire Brousseau précise d’ailleurs que la population de la ville est composée à 25 % de citoyens âgés de 65 ans et plus, une situation qui a mené à l’ouverture de deux énormes résidences pour personnes âgées en juillet 2016 et qui explique la baisse des prix de 2016 à 2017. « Près de 300 personnes ont vendu leur maison d’un coup ! Ça a créé un boom… du côté de l’offre. »

Une situation à l’avantage des acheteurs, selon Audrey Bergeron, courtière au Groupe Sutton. « C’est bien pour les jeunes qui veulent acheter leur première maison ou ceux qui reviennent en région. Je vends beaucoup à des gens partis dans les grands centres quand les mines ont fermé et qui reviennent ici à la retraite. »

Regain économique

D’autres découvrent le secteur, attirés par un regain économique incontestable. « Notre économie roule à pleine vapeur, affirme le maire. Habituellement, on délivre environ 35 millions de dollars de permis de construction par année, alors qu’on approche les 370 millions sur cinq ans, tant du côté industriel, commercial que résidentiel. » Il cite la création du plus gros lotissement immobilier de l’histoire de la ville et la construction d’un centre des congrès, d’un hôtel et de deux restaurants.

Comme ailleurs dans la région, où le taux de chômage est de 2,7 %, la ville connaît une pénurie de main-d’œuvre. « On recrute beaucoup à l’international, souligne Marc-Alexandre Brousseau. On va d’ailleurs investir pour véhiculer la nouvelle image de la ville. C’est un milieu de vie extraordinaire avec un accès à la propriété sans commune mesure ailleurs. »

Audrey Bergeron abonde dans le même sens.

« Deux personnes au salaire minimum sont capables d’acheter une maison à Thetford Mines. On peut trouver des propriétés à partir de 40 000 $, qui ne sont pas des châteaux, mais qui répondent aux besoins de beaucoup de gens. »

— Audrey Bergeron

Les bas prix des maisons et les emplois disponibles sont en train de transformer le marché immobilier. « On observe une augmentation des prix de 58 % sur 10 ans, et une croissance des ventes de 24 % dans le dernier trimestre, explique le maire. La ville renaît ! »

En chiffres

28 448

Population de la ville de Thetford Mines et des environs immédiats

48 ans

Âge moyen des citoyens à Thetford Mines, dont environ le quart de la population est formé de personnes de 65 ans et plus

29 370 $

Revenu médian des familles

*Sources : Fédération des chambres immobilières du Québec, Statistique Canada

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