Analyse

La force est dans le nombre

La victoire en double prolongation des Golden Knights aux dépens des Kings de Los Angeles, vendredi soir à Las Vegas, a clairement prouvé deux choses.

La première, c’est qu’une équipe sans vitesse ne peut pratiquement plus gagner dans la LNH d’aujourd’hui. Le manque de vitesse des Kings était criant, tandis que les Knights volaient sur la glace.

Le deuxième élément qu’on a pu constater en regardant l’équipe de Gerard Gallant contrôler l’action, c’est que la force du nombre et la cohésion dans le jeu peuvent être des armes tout aussi dévastatrices que le talent pur. Car soyons honnêtes, ce n’est quand même pas comme si les Knights regorgeaient de joueurs de grand talent.

En revanche, c’est une équipe immensément disciplinée et acharnée qui se produit dans le désert. Tout le monde donne sa pleine mesure à tous les instants.

N’eût été le brio de Jonathan Quick, le deuxième match de la série entre les Kings et les Golden Knights, qui se poursuivra ce soir à Los Angeles, se serait terminé beaucoup plus tôt. L’absence de Drew Doughty, suspendu pour un match, a mis en lumière le manque de profondeur de la défense des Kings, qui doit également se passer des services de Jake Muzzin depuis le début de la série.

« On a continué d’exercer de la pression et on en parlait dans le vestiaire, a commenté après le match Erik Haula, qui a marqué le but vainqueur. On se disait qu’il ne fallait pas changer grand-chose et qu’on devait jouer de la même façon. »

« Il fallait continuer d’attaquer leurs défenseurs et leur compliquer la tâche. Je pense qu’on a fait un excellent travail pour les fatiguer. »

— Erik Haula

Haula, Jonathan Marchessault, William Karlsson, James Neal, Reilly Smith, Tomas Tatar, Alex Tuch. Il n’y a aucune super-étoile dans le groupe d’attaquants des Knights, mais il n’y a aucun maillon faible non plus. Marc-André Fleury brille sur la patinoire et sa bonhomie à l’extérieur est un facteur non quantifiable, mais important dans le succès de l’équipe d’expansion, n’en doutons point. Un vrai gagnant, le Québécois. En défense, il n’y a pas de « gros » noms, mais l’unité de six hommes joue constamment avec le pied sur l’accélérateur, comme le reste de l’équipe.

Karlsson à Vegas ?

À la date limite des transactions, des rumeurs ont envoyé Erik Karlsson à Vegas. Le propriétaire des Golden Knights, Bill Foley, aurait donné le feu vert à George McPhee pour qu’il procède à une transaction majeure, convaincu qu’il était du succès obtenu par son club jusque-là. Le DG n’a pas réussi à mettre la main sur Karlsson, faisant une acquisition plus modeste en obtenant Tatar.

Mais si les Sénateurs choisissent d’échanger leur défenseur étoile au cours des prochains mois, Vegas serait sûrement le partenaire idéal avec lequel négocier. Les Knights ont sélectionné trois espoirs parmi les 15 premiers en juin 2017, dont le défenseur Erik Brannstrom, et possèdent deux premiers choix au prochain repêchage.

L’ajout d’un défenseur offensif comme Karlsson donnerait évidemment une nouvelle dimension aux Knights, et sa personnalité cadrerait très bien avec le marché de Vegas.

Revenons au moment présent. Les Kings profiteront-ils de leur grande expérience pour revenir dans la série à partir de ce soir ? Il serait mal avisé de les enterrer trop tôt, eux qui avaient surmonté un déficit de 0-3 afin d’éliminer les Sharks en première ronde lors de leur conquête de 2014.

Afin de gagner quatre des cinq prochains matchs contre leurs nouveaux rivaux du sud-ouest des États-Unis, les vieux Kings devront toutefois trouver leurs jambes.

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