Plongée sous-marine

Vivre l’instant présent

Se pratiquant en état d’apesanteur, complètement coupé du monde, avec comme seule trame sonore sa propre respiration, la plongée sous-marine procure une sensation de liberté sans égal. Portrait de Pierli Imbeau, dit Pierli le plongeur, pour qui cette activité est devenue bien plus qu’un simple passe-temps.

« La plongée, c’est mon yoga », affirme avec enthousiasme Pierli Imbeau. Sa première sortie en mer en 2013, à l’âge de 30 ans, s’est d’abord transformée en passion, puis en métier. Aujourd’hui instructeur pour Plongée Nautilus, une entreprise basée à Québec, il compte des milliers de minutes sous l’eau et des centaines d’images et d’expériences à jamais gravées dans sa mémoire.

Le paradis au bout des palmes

Une certification de niveau 1 permet de plonger à une profondeur de 60 pieds. « Dans les eaux chaudes des Caraïbes, par exemple, c’est entre 40 et 60 pieds que la lumière est la plus belle. C’est également à cette profondeur qu’on retrouve les coraux », explique Pierli Imbeau, qui décrit ce type de sortie sous l’eau comme étant de la plongée de contemplation : « On se laisse aller, on observe chacun des poissons qu’on rencontre, on contrôle sa respiration. C’est très contemplatif. Du stress, il n’y en a pas. Plus rien n’existe sauf l’instant présent. »

L’excitation de la découverte

Les plongeurs les plus expérimentés – ceux qui ont suivi la formation de niveau 2 – peuvent se lancer dans l’aventure de la plongée d’exploration. « On peut alors se rendre à une profondeur de 100 pieds et partir à la découverte d’épaves », souligne le plongeur. Au Québec, l’Empress of Ireland, au large de Rimouski, figure parmi les plus convoitées des plongeurs techniques. « Pour moi, ç’a été un véritable coup de cœur, poursuit-il. C’est une plongée difficile à cause du froid, de la marée, du courant et de l’obscurité. Mais lorsqu’on visite ce paquebot, on touche à l’histoire de cette terrible catastrophe. C’est à la fois émouvant et excitant. »

Les merveilles de la nuit

Pour Pierli Imbeau, les plongées de nuit représentent des moments exceptionnels : « La nuit, on ne découvre que ce qu’on éclaire. Dans la noirceur totale, on se concentre sur un seul sujet à la fois. Le faisceau de la lampe torche nous oblige à être 100 % attentif à ce qu’on voit. La vie marine est aussi très active : les pieuvres et les murènes sortent. Il y a également un effet Star Wars, les lumières de tes collègues agissant comme des épées de Jedi. C’est beau à voir ! »

L’ode au ralenti

Sous l’eau, la lenteur est de rigueur. « Il faut être lent comme une tortue. Il faut prendre son temps. Plus tu relaxes, moins grande sera ta consommation d’air », précise Pierli. Il parle aussi du paradoxe de la plongée sous-marine, qui nécessite en même temps du lâcher-prise et du contrôle. « Le contrôle est archi-important : il faut contrôler son équipement, son rythme cardiaque et sa flottabilité, explique-t-il. Par contre, il faut aussi savoir se laisser aller, en s’abandonnant à l’apesanteur. En plongée, c’est ici, maintenant. Les tracas du quotidien sont bien loin. C’est incroyable, ce qui se passe sous l’eau. »

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