Cryptomonnaies

Le bitcoin chute de 10 %

Le gendarme américain des marchés financiers (SEC) a appelé hier les plateformes électroniques sur lesquelles s’échangent les cryptomonnaies à s’enregistrer auprès de ses services, déclenchant la chute du cours de la plus célèbre d’entre elles, le bitcoin. Comme les cryptomonnaies où les jetons peuvent dans certains cas s’apparenter à des titres boursiers, les plateformes proposant des outils pour les échanger « doivent s’enregistrer auprès de la SEC […] ou demander une dérogation », en conclut le régulateur. Le cours du bitcoin a chuté de près de 10 % après la diffusion de ce communiqué et est repassé sous la barre des 10 000 $US. Il s’échangeait 9800 $US, selon l’agence Bloomberg.

— Agence France-Presse

Intelligence artificielle, génomique, start-up

Couillard annonce une vingtaine d’ententes

Des ententes sur l’intelligence artificielle, la génomique, les « start-up » et leurs « incubateurs », sans oublier « l’économie circulaire ». Toute la panoplie des concepts à la mode était au rendez-vous hier, quand Philippe Couillard a assisté à la signature d’une vingtaine d’ententes entre des institutions québécoises et françaises.

Pour M. Couillard, l’avenir des relations commerciales entre la France et le Québec passera par les technologies de pointe. Pour l’heure cependant, la part du lion devait aller à un champion plus traditionnel : la vénérable baguette française.

Le projet de la méga boulangerie française Bridor pesait lourd dans le bilan fait par Philippe Couillard des ententes conclues hier. Des investissements et des ventes qui totalisent 125 millions de dollars, mais dont 88 millions sont liés au projet de Bridor d’ajouter deux chaînes de production à son usine de Boucherville. On y prépare de la pâte pour des pains ou des viennoiseries, surgelés, destinée à être cuite dans les commerces et les hôtels. 

Québec prête 34 millions par l’entremise d’Investissement Québec. L’agrandissement se fera en deux phases, septembre 2018 et fin 2019, et devrait créer à terme 80 emplois. L’usine québécoise compte 20 % de croissance annuelle, elle vend partout en Amérique du Nord, jusqu’au Mexique, a expliqué Francis Bon, le patron de Bridor.

« La relation entre la France et le Québec est non seulement privilégiée, mais aussi stratégique. Le Québec est la porte d’entrée en Amérique du Nord pour les institutions et les entrepreneurs français », a souligné Philippe Couillard, devant un parterre de 300 invités par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. 

Les 125 millions d’ententes, « c’est très bon, mais on peut aller beaucoup plus loin, plus haut », les échanges France-Québec atteignant 4 milliards par année, a-t-il ajouté.

« L’aventure vers les nouvelles technologies va nous amener vers cette étape. »

— Philippe Couillard

« Ces échanges, c’est le cœur battant de cette relation franco-québécoise. La relation entre la France et le Québec n’est pas une nostalgie, mais une envie d’aller de l’avant, de se projeter », a souligné Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au ministre des Affaires extérieures, un ancien stagiaire du ministère québécois des Relations internationales. « On est positionné sur des secteurs d’avenir », a renchéri M. Lemoyne.

Appelé à commenter la valeur, modeste, des ententes conclues, M. Couillard a insisté sur le fait qu’« il n’y a pas que les chiffres ». Il a cité en exemple les ententes conclues par le Centre de recherche industrielle du Québec « sur la certification mutuelle des entreprises, c’est un point très concret pour nos entrepreneurs ».

« Il y a eu des époques où ces visites alternées se faisaient sans aucune délégation économique, a rappelé M. Couillard. Je suis content d’avoir amené des entreprises et des institutions avec nous. »

Entente avec les HEC

Autre exemple d’entente, structurant, celle entre les HEC et l’École supérieure de commerce de Paris permettra la double diplomation, des étudiants québécois pourront étudier à Paris pour obtenir un Master in Management Grande École en même temps que la maîtrise en gestion des HEC. Lundi, le président Macron et Philippe Couillard avait évoqué le déséquilibre quant aux échanges d’étudiants : 4500 Québécois étudient en France, or on trouve deux fois plus de Français dans les universités du Québec.

L’entente entre HEC et ESCP, « c’est un bon prélude », a observé Philippe Couillard. Une généralisation de l’admission des étudiants québécois aux « grandes écoles », le lieu d’excellence pour l’enseignement supérieur en France, serait une avancée importante. L’université, gratuite en France, est loin d’offrir le même niveau de formation.

L’admission à ces institutions, « c’est complexe parce que souvent, elles sont alimentées par un réseau d’écoles préparatoires. Un Québécois devrait passer par un cursus qui n’est pas habituel chez nous. Grâce à cet accord, ils auront un accès direct », a expliqué Federico Pazin, secrétaire général de l’Université de Montréal.

On trouve 19 de ces grandes institutions, dont la fréquentation restait jusqu’ici hors de prix pour les étudiants québécois. Avec l’entente signée hier, une dizaine de Québécois auront accès à l’ESCP, au coût d’une inscription aux HEC, alors que normalement, les frais annuels peuvent atteindre 30 000 euros par année. « À court terme, on commence modestement. On aura dans un premier temps une dizaine d’étudiants », a expliqué M. Pazin.

Parmi la vingtaine d’ententes, on retrouve un partenariat entre Effenco et Derichebourd, pour la vente en France de la technologie québécoise pour réduire la consommation des transporteurs routiers, des ventes estimées à 8 millions la première année. 

Data Performers a une entente pour développer des technologies d’intelligence artificielle, des retombées potentielles de 4 millions en deux ans. 

La québécoise Greybox et la française Tivy Link s’entendent pour développer et distribuer une plateforme numérique pour favoriser le maintien des aînés à la maison – des ventes potentielles de 24 millions sur les trois prochaines années. Dans le même domaine, Groupe Amik, avec un partenaire français, fera la distribution de solutions de commerce en ligne pour les travailleurs autonomes, des ventes de 500 000 $ dès la première année.

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