Catalogne

« En réalité, c’est la démocratie elle-même qui fera l’objet d’un procès. »

— Oriol Junqueras, l’un des séparatistes catalans qui font face à des accusations, notamment de rébellion, à la suite de la tentative de sécession infructueuse de 2017. Leur procès devant la Cour suprême espagnole, qualifié du plus délicat en quatre décennies de démocratie, s’ouvre aujourd’hui. (AP)

Australie

Le premier ministre en campagne contre « le mal »

Le premier ministre australien Scott Morrison a donné hier le signal du départ de sa campagne électorale pour les législatives en dressant un sombre tableau des dangers qui guettent l’immense île-continent et en promettant de protéger les Australiens contre « le mal ». L’Australie est menacée par le terrorisme, le trafic des êtres humains, la drogue et la criminalité, a-t-il déclaré, accusant le chef de l’opposition travailliste Bill Shorten de s’être « endormi au volant » en matière de sécurité. Les Australiens sont appelés aux urnes à la mi-mai pour offrir ou non au Parti libéral (conservateur) de M. Morrison un troisième mandat. S’il bénéficie dans les sondages d’une cote de popularité indéniable, les enquêtes d’opinion montrent aussi que son parti va au-devant d’une défaite cuisante. Le chef du gouvernement espère les faire mentir en tablant sur un bilan économique solide et la fermeté en matière d’immigration et de sécurité. « Voulez-vous vivre dans une Australie plus forte dirigée par mon gouvernement ? Ou voulez-vous vivre dans une Australie plus faible dirigée par Bill Shorten et les travaillistes ? », a-t-il lancé.

— Agence France-Presse

Tunisie

Condamné pour homosexualité après avoir porté plainte pour viol

Un homme qui avait porté plainte pour viol s’est retrouvé condamné à six mois de prison pour homosexualité, ont indiqué hier à l’AFP le parquet et une association militant pour les droits des homosexuels. L’homme de 26 ans s’était rendu à un rendez-vous de nature sexuelle avec un autre homme rencontré sur Facebook, selon l’association Shams. L’homosexualité étant illégale en Tunisie, les lieux de rencontre sont rares, et les réseaux sociaux forment une solution de rechange, parfois risquée. Arrivée au rendez-vous, la victime s’est retrouvée face à deux hommes qui l’ont violée et lui ont volé ses effets, selon la version de la victime relayée par l’association Shams. Il s’est rendu au commissariat pour dénoncer ses agresseurs, mais le procureur a ordonné un test anal, pratique contestée, mais fréquente en Tunisie, pour établir s’il avait déjà eu des relations homosexuelles par le passé.

— Agence France-Presse

Course au poste de premier ministre de Thaïlande

La sœur du roi officiellement disqualifiée

La sœur du roi de Thaïlande a été officiellement disqualifiée hier de la course au poste de premier ministre, une candidature qui avait créé un séisme politique dans le pays, allant jusqu’à alimenter des rumeurs de coup d’État. Les noms des candidats au poste de chef du gouvernement à l’issue des élections législatives du 24 mars « ont été annoncés, celui de la princesse Ubolratana n’y figure pas, car tous les membres de la famille royale se doivent d’être au-dessus de la politique », a indiqué la commission électorale thaïlandaise, mettant fin à plusieurs jours de crise. Vendredi, le Thai Raksa Chart, parti allié à l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, bête noire des militaires au pouvoir, avait annoncé la candidature de la princesse, sœur aînée du roi Maha Vajiralongkorn. La nouvelle a provoqué une onde de choc dans le pays où les membres de la famille royale sont traités avec un statut quasi divin et échappent à toute critique. Le roi a d’ailleurs torpillé les ambitions de sa sœur, qualifiant cette candidature de « hautement inappropriée ». 

— Agence France-Presse

France

Une « ligue » de harceleurs en ligne rattrapée par ses victimes

Paris — Une bande de cyberharceleurs des années 2010, aujourd’hui Parisiens trentenaires et, pour certains, ayant des responsabilités dans des journaux, dans des magazines et dans la pub, s’est fait rattraper ces derniers jours par ses victimes, qui témoignent des dérives de cette « Ligue du LOL ».

La direction du quotidien Libération a annoncé hier la mise à pied « à titre conservatoire » de deux de ses journalistes, dont les noms sont apparus dans cette affaire. Le magazine culturel Les Inrocks a fait de même avec son rédacteur en chef web, en vue d’un licenciement.

C’est un article du site de vérification des faits de Libération, Checknews, qui a révélé vendredi l’existence d’un groupe Facebook privé baptisé « Ligue du LOL », soit une trentaine de journalistes et travailleurs du milieu des communications, accusés d’avoir harcelé d’autres journalistes et blogueurs, en particulier des femmes et des militantes féministes, dans le petit milieu du Twitter parisien du début des années 2010.

Des victimes témoignent

« Un groupe composé d’hommes blancs journalistes, parisiens et aujourd’hui bien en place dans de grands médias », remarque l’une de leurs victimes, Mélanie Wanga, créatrice du balado pop Le Tchip, harcelée parce que femme et parce que noire.

Comme elle, plusieurs victimes ont témoigné le week-end dernier sur les réseaux sociaux.

L’ex-blogueuse Capucine Piot a raconté avoir été la cible de montages photo ou vidéo « pendant des années ». « Ça a été très dur dans ma construction de jeune femme. À force de lire des saletés sur moi partout sur les réseaux, j’ai été convaincue que je ne valais rien », a-t-elle tweeté.

« J’étais grosse, j’étais une femme, j’étais féministe, cela suffisait à les faire rire », témoigne aussi Daria Marx, qui milite contre la grossophobie.

Le blogueur Matthias Jambon-Puillet a aussi raconté sur le site Medium des insultes anonymes, des « enregistrements sarcastiques », des photomontages, dont un, pornographique, envoyé en son nom à des mineurs.

« Je ne devinais pas l’ampleur »

Plusieurs membres de cette « Ligue du LOL » tentent aujourd’hui de s’expliquer.

« J’ai vu que certaines personnes étaient régulièrement prises pour cible, mais je ne devinais pas l’ampleur et les traumas subis », se justifie David Doucet, rédacteur en chef web du magazine culturel Les Inrocks, qui admet « deux canulars téléphoniques ». Son magazine a annoncé sa mise à pied « en vue d’un licenciement ».

Le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi, dimanche sur BFMTV, a dénoncé « l’histoire de losers, des mecs qui se gargarisaient de pouvoir se moquer d’autres personnes ».

— D’après l’Agence France-Presse

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