Cinémas

Cineplex annonce « un certain nombre » de licenciements

La chaîne de cinémas Cineplex a annoncé hier qu’elle licencierait « un certain nombre » d’employés à temps plein. Une porte-parole de l’entreprise torontoise, Sarah Van Lange, a refusé de dire exactement combien d’emplois seraient supprimés, mais elle a affirmé que les licenciements toucheraient moins de 100 employés. Selon Mme Lange, ces licenciements s’inscrivent dans le cadre d’une « petite restructuration » qui se déroule actuellement chez le géant du divertissement. Les changements visent à éliminer certaines redondances dans les tâches suivant diverses acquisitions et la mise en œuvre d’une stratégie de diversification. Les licenciements devraient contribuer à l’objectif de la société qui consiste à réduire ses dépenses d’environ 25 millions de dollars par année. — La Presse canadienne

Studios Playtika

Tous pour un… seul jeu vidéo

Playtika est un cas unique parmi les studios de jeux vidéo montréalais : on y compte une centaine d’employés qui ne s’occupent que d’un seul jeu, World Series of Poker. Ce qui n’a pas empêché l’ancien bébé de Mitch Garber de passer de 19 employés à une centaine depuis 2013, tout en multipliant par 22 les revenus tirés de son jeu qui attire des centaines de milliers de joueurs tous les jours. Visite guidée.

Champions des « casinos sociaux »

Playtika est une entreprise israélienne fondée en 2010, rachetée par un consortium chinois en 2016 et spécialisée dans les jeux de « casino social », dont elle est aujourd’hui le leader mondial. Elle compte 1500 employés répartis dans 15 bureaux un peu partout dans le monde, dont Montréal où elle est installée depuis 2013. Ses neuf jeux, dont les plus connus sont Slotomania, House of Fun, Caesar Slots et World Series of Poker, attire tous les jours 6 millions de joueurs, pour 20 millions d’utilisateurs sur une base mensuelle.

C’est à Montréal qu’est né World Series of Poker et c’est là qu’on s’en occupe exclusivement. « Ce n’est pas un casino, vous ne pouvez gagner que des “chips” qui n’ont de la valeur que dans le jeu, précise Yoav Ecker, directeur général. Vous pouvez devenir virtuellement riche, mais vous ne pourrez rien acheter à part des offres et participer à des événements dans le jeu. »

Le jeu trône dans le top 30 des applications les plus téléchargées pour iOS et Android.

L’expansion

World Series of Poker a beau ne pas offrir d’argent, son modèle d’affaires est manifestement payant. Les joueurs sont régulièrement invités à participer à des tournois ou des événements spéciaux pour lesquels ils doivent débourser des jetons virtuels. Ils peuvent en accumuler en jouant au poker avec d’autres joueurs en ligne, ou en acheter avec de l’argent bien réel. On vous offre par exemple d’acheter 450 millions de jetons pour 139,99 $. On assure chez Playtika qu’il est « humainement possible » d’accumuler suffisamment de jetons pour participer à tous les événements ; « 99 % de nos joueurs ne paient rien », dit Jeet Niyogi, directeur marketing.

On se fait une fierté particulière chez Playtika de gérer le développement en se fiant aux statistiques avancées : on sait quand et où les joueurs sont entrés, dans quelles circonstances ils ont dépensé, quelles sont les publicités qui ont le mieux fonctionné. Le piège, convient M. Niyogi, serait de ne se fier qu’à la popularité pour élaborer des projets. « Ce ne serait pas du développement durable de faire cela. Nous ne sommes pas une machine à clics : certaines décisions sont purement artistiques ou visent à fidéliser nos joueurs sans avantage immédiat. »

Créativité et start-up

C’est pour renouveler l’expérience et convaincre les joueurs de revenir qu’une centaine d’employés de Playtika s’activent au 28e étage du 1000, De La Gauchetière, des bureaux flambant neufs qu’on occupe depuis novembre dernier. « Nous ajoutons du contenu tous les jours », dit M. Niyogi. Les employés sont divisés en petites équipes de moins d’une dizaine de personnes qui sont affectées à un projet particulier – une thématique, un événement, un tournoi avec des règles particulières.

Ces artisans y trouvent-ils vraiment un espace pour leur créativité ? Chez Playtika, on n’en doute pas. « Les studios “de consoles” vont lancer un jeu tous les deux ou trois ans : nous, c’est une nouvelle fonctionnalité toutes les deux semaines, dit Louis-Jasmin Roberge, vice-président production. Nous sommes constamment exposés au risque, nous recréons l’esprit de start-up au sein de nos petites équipes. »

Quelques dates

2010

Fondation à Tel-Aviv, en Israël, de Playtika, spécialisée dans les jeux mobiles. Un de ses premiers jeux est Slotomania. L’entreprise en compte aujourd’hui 9, gérés par 1500 employés répartis dans 15 bureaux dans le monde.

2011

Acquisition de Playtika par Caesars Interactive Entertainment, dont le PDG est le Montréalais Mitch Garber, pour 110 millions US.

2013

Lancement du jeu mobile World Series of Poker. Playtika acquiert un des studios montréalais d’EA, sur le point de fermer, et embauche 19 de ses employés.

2016

Acquisition au coût de 4,4 milliards US de Playtika par le consortium chinois de jeux vidéo Giant Interactive, propriété en partie du fondateur d’Alibaba, Jack Ma. Mitch Garber obtient 210 millions US dans la transaction.

2017

Le studio montréalais de Playtika, qui se consacre uniquement au jeu World Series of Poker, compte une centaine d’employés et occupe entièrement le 28e étage du 1000, De La Gauchetière. La valeur de Playtika, moins de 18 mois après la vente, est estimée à près de 7 milliards US.

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