Monsieur l’inspecteur

Des toits qui respirent bien

Un toit, ça doit être bien aéré. Sinon, il y a surchauffe l’été et condensation l’hiver. Voici les principes de base de la ventilation des toits des petits bâtiments résidentiels. 

L’inspecteur ouvre la trappe qui mène aux combles. En pointant l’éclairage vers le haut, il découvre un jardin de givre. Les fermes de toit et les pointes des clous qui retiennent les bardeaux sont recouvertes de cristaux. Ce n’est pas normal. 

Les combles correspondent à l’espace entre le plafond des pièces et la surface du toit. C’est une zone « extérieure ». Au-delà de l’isolant qui recouvre le plafond, la température doit s’approcher de celle qui prévaut dehors. 

S’il fait trop chaud dans les combles l’hiver, c’est parce que l’air chaud et humide des aires habitables réussit à se faufiler là-haut. À défaut d’être évacuée rapidement, l’humidité se condense. Les gouttelettes d’eau peuvent endommager l’isolant et faire apparaître de la moisissure sur les éléments structurels en bois. 

L’été, la toiture exposée aux rayons du soleil se réchauffe, ce qui génère de la chaleur dans les combles. S’ils sont mal ventilés, il fera chaud aussi dans les pièces en dessous. Les bardeaux d’un toit qui surchauffe auront tendance à se retrousser, ce qui provoque une usure prématurée. 

Jusque dans les années 60, les combles – qu’on appelle aussi vides sous toit – étaient peu ou pas ventilés. Les maisons n’étaient pas très étanches, de sorte que l’air chaud et humide de l’intérieur fuyait de partout : portes, fenêtres, murs et plafonds. 

De nos jours, les portes et fenêtres sont de bien meilleure qualité. Les murs sont mieux isolés. L’air de l’intérieur contenant de l’humidité ne se dirige plus que vers le haut. S’il franchit le plafond par une trappe d’accès ou des luminaires, c’est là qu’une bonne ventilation devient essentielle. 

En inspection préachat, l’inspecteur fait un diagnostic de base de la ventilation des combles. Voyons d’abord le cas des bungalows avec toit en pente, puis celui des bâtiments résidentiels à toit plat. 

Toits en pente 

Dès ses premiers pas dans les combles, l’inspecteur soulève l’isolant du plafond pour voir s’il y a dessous une pellicule pare-vapeur. Il peut s’agir d’un papier ou d’un polythène (plastique transparent). Cette barrière est essentielle pour bloquer la migration de l’air et de l’humidité vers le vide sous toit. 

Autour des nombreuses ouvertures dans le plafond (luminaires, ventilateurs, boîtes électriques, trappe d’accès), le pare-vapeur doit être fixé avec du ruban, pour bloquer les fuites d’air et prévenir la condensation. 

Puisqu’aucun plafond n’est complètement étanche, l’air humide qui parvient dans les combles doit être évacué en continu. Un ou deux aérateurs au sommet du toit aspirent de l’air qui provient des soffites, ces grilles métalliques placées sous les débords de toit. Dans beaucoup de maisons d’avant les années 70, les soffites ne créent aucun apport d’air. Ils sont recouverts d’isolant ou ils ont été installés par-dessus de vieux soffites en bois qui ne permettent pas à l’air de passer. 

Pour diagnostiquer le problème, il suffit d’éteindre tout éclairage dans les combles ; la lumière du jour devrait être perceptible par les soffites. Si les soffites sont obstrués, un couvreur ou un entrepreneur général devrait pouvoir les modifier assez facilement. L’opération est plus complexe quand les combles sont habités. 

Toits plats

On retrouve encore plusieurs vieux immeubles dont le toit plat n’a aucune ventilation. Si le bâtiment n’a pas été modifié, cela ne pose pas de problème. Cependant, la plupart des vieux plex ont maintenant des portes et fenêtres étanches et certains des murs et plafonds ont été refaits à neuf et isolés. 

Au moment de changer la toiture, des aérateurs devraient être ajoutés sur ces toits, affirme Sylvain Touchette, représentant technique chez Ventilation Maximum. Malheureusement, trop de couvreurs comprennent mal la ventilation, et pour offrir le prix le plus bas, ils ne proposent pas l’ajout d’éléments de ventilation. Les toits plats n’ont pas de grilles d’entrée d’air, comme les soffites des toits en pente. L’air chaud et humide migre de lui-même vers le haut et sort par des cols de cygne. Ces derniers peuvent être remplacés par des ventilateurs carrés conçus spécialement pour les toits plats, comme ceux qu’a développés le fabricant québécois Ventilaton Maximum.

La superficie des ouvertures créées dans le toit lors de l’installation d’aérateurs est prescrite par le Code de construction. Cependant, lorsqu’on modifie la ventilation du toit d’un vieil immeuble, Sylvain Touchette recommande de ne pas chercher à se conformer rigoureusement aux prescriptions du Code. Puisque les plafonds de ces bâtiments âgés ne sont souvent pas étanches (aucun pare-vapeur en place), une ventilation trop abondante des combles aurait pour effet d’aspirer l’air chaud vers le haut, ce qui entraînerait une hausse de la facture de chauffage.

Signes d’une mauvaise ventilation des combles 

• Chaleur excessive et inconfort l’été 

• Bardeaux de toit déformés 

• Givre sur les fermes de toit et le platelage 

• Cernes d’eau et taches noires sur les éléments en bois 

• Isolant mouillé ou altéré par l’eau 

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