chine

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Les rangs des multimilliardaires chinois s'éclaircissent pour la deuxième année de suite, selon une étude publiée hier. La Chine reste le pays du monde qui compte le plus grand nombre de milliardaires en dollars. Ils sont désormais pas moins de 62. Mais selon le classement annuel du groupe de Hurun Report, les fortunes de plus de 374 millions de dollars ne sont plus que 1819 cette année, soit 3 % de moins qu'en 2018. — AFP

HONG KONG

Les manifestations ont fait chuter de 25 % l’activité de LVMH

Le géant du luxe LVMH a enregistré une chute de 25 % de son activité à Hong Kong au cours du troisième trimestre en raison des manifestations pro-démocratie, a-t-il indiqué hier au lendemain de la publication de ses ventes trimestrielles. Le groupe de Bernard Arnault a engrangé 13,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre, soit une hausse de 17 % en données publiées et 11 % en organique – évoquant cependant un « contexte difficile à Hong Kong ». La zone Asie (hors Japon) a vu sa croissance organique progresser de 12 %. Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe aux 70 marques (Louis Vuitton, Dior, Sephora, Fendi, Givenchy), a fait état, en conférence téléphonique, d’une « baisse de 25 % de l’activité au troisième trimestre à Hong Kong », un chiffre qui reflète « un mois de juillet qui a été plat et une baisse d’environ 30 % en août et septembre ». — Agence France-Presse

Hong Kong

Google retire un jeu vidéo sur les manifestations

Google a retiré de son magasin d’applications en ligne un jeu vidéo qui permettait de se mettre dans la peau d’un manifestant à Hong Kong, alors que la Chine accroît la pression contre les sociétés étrangères qu’elle soupçonne de soutenir les manifestants pro-démocratie. L’application The Revolution of Our Times (« La révolution de notre temps », un slogan des manifestants) contrevenait à « [sa] politique de longue date, qui interdit aux éditeurs d’exploiter des événements délicats, comme essayer de faire de l’argent avec des jeux sur des conflits graves en cours ou des tragédies », explique le géant de l’internet. Cette intervention a été décidée à l’interne, et non en réponse à une requête de la police hongkongaise, précise un porte-parole de Google, alors que certains organes de presse affirment le contraire. Dans cette application, le joueur envisage de participer à une manifestation début juin. Ses décisions d’acheter de l’équipement de protection ont des conséquences pour lui, comme le risque d’être arrêté, d’après un article de Hong Kong Free Press. Selon ce site d’informations, « 80 % des revenus du jeu devaient être reversés à Spark Alliance, un fonds légal pour les manifestants arrêtés ». — Agence France-Presse

France

Renault va remplacer son directeur général pour clore l’ère Ghosn

Le constructeur automobile français Renault s’apprête à remplacer son directeur général Thierry Bolloré pour clore définitivement l’ère Carlos Ghosn, l’ancien patron emporté par un scandale de malversations au Japon qui en avait fait son dauphin. Le conseil d’administration se réunit ce matin « afin de se prononcer sur la gouvernance du groupe », a annoncé Renault dans un communiqué laconique, hier. « L’enjeu, c’est de discuter de l’avenir de Thierry Bolloré », a indiqué à l’AFP une source proche de l’entreprise. « Soit il démissionne, soit il est révoqué », a expliqué une autre source. Ce départ intervient alors qu’un renouvellement de l’équipe de gestion du partenaire japonais Nissan, dont Renault détient 43 %, a été décidé cette semaine pour écarter les principaux dirigeants de l’ère Ghosn, qui étaient aussi ceux ayant dénoncé à la justice japonaise les errements présumés du dirigeant franco-libano-brésilien. Un nouveau directeur général, Makoto Uchida, 53 ans, a notamment été nommé, mardi, en remplacement de Hiroto Saikawa. « La brutalité et le caractère totalement inattendus de ce qui est en train de se passer sont stupéfiants. […] Ce coup de force est très inquiétant », affirme M. Bolloré. — Agence France-Presse

Dirigeables

Québec défend son investissement

Le gouvernement Legault défend sa décision d’injecter près de 30 millions dans une entreprise française désirant développer des ballons dirigeables et qui compte parmi ses actionnaires une société chinoise visée par des soupçons d’espionnage industriel.

Interrogé hier à l’Assemblée nationale, Pierre Fitzgibbon dit être à l’aise avec l’investissement, reconnaissant au passage qu’il pouvait y avoir un « risque de réputation ». « Moi, je suis confortable à l’environnement d’investissement de risque, mais je ne peux pas être insensible à ce qu’on lit, c’est sûr », a expliqué le ministre de l’Économie et de l’Innovation, au cours d’une mêlée de presse.

Selon un décret gouvernemental, Investissement Québec (IQ) injectera environ 30 millions dans Flying Whales, qui souhaite mettre au point des dirigeables capables de transporter de lourdes charges, comme de la machinerie, à des endroits peu accessibles.

Une première tranche de 22 millions ira dans Flying Whales et une deuxième de 8 millions, dans une nouvelle filiale québécoise, Les dirigeables Flying Whales Québec, qui fera de la recherche et du développement.

Toutefois, l’entreprise française compte parmi ses actionnaires Aviation Industry Corporation of China, une société chinoise qui, d’après divers reportages aux États-Unis, suscite l’inquiétude par ses tentatives d’acquérir des participations minoritaires dans des sociétés aérospatiales au sud de la frontière, notamment.

Risques minimisés

S’il s’est montré préoccupé par les allégations, M. Fitzgibbon a affirmé que les « Chinois n’[auraient] pas d’implication ici au Québec », minimisant au passage les risques entourant, par exemple, le vol de brevets.

« Les brevets ne sont pas la panacée en soi, a-t-il affirmé. L’avantage du procédé industriel est souvent plus important que les brevets comme tels. On accuse souvent les Chinois de copier nos affaires, mais c’est une réalité. Je pense qu’il faut apprendre à vivre avec cela. »

Toutefois, si des enjeux de sécurité nationale devaient émerger, « il y aurait des choses à faire », a dit M. Fitzgibbon, sans toutefois aller plus loin.

Le Bon choix ?

En dépit des tentatives du ministre de calmer le jeu, la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie, Dominique Anglade, a estimé que dans le contexte actuel, la « moindre des choses » serait de dévoiler les vérifications effectuées avant de donner le feu vert au versement des sommes.

Selon la députée libérale, les Américains regardent de près ce que fait le Québec en matière d’investissements, notamment dans les secteurs du bois d’œuvre, de l’acier et de l’aérospatiale.

« Lorsque l’on voit qu’il y a un risque réputationnel, économique et politique, à ce moment-là, il faut se poser la question : est-ce que c’est le bon choix que l’on est en train de faire ? a-t-elle dit. Peut-être qu’on devrait se concentrer sur autre chose et ne pas investir des billes dans un investissement aussi risqué. »

C’est au salon du Bourget, en France, en juin dernier, qu’une entente de principe avait été conclue avec Flying Whales. À l’origine, l’annonce prévoyait la conclusion d’un partenariat au 30 septembre.

Selon le texte du décret ministériel visant à donner le feu vert à l’investissement, Flying Whales effectuerait des travaux de recherche et développement, mettrait sur pied une société exploitant ces ballons dirigeables, en plus d’implanter une usine visant à desservir le « territoire des Amériques ».

— La Presse canadienne

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