Entreprises

Près de 200 travailleurs de la Kruger perdent leur emploi

Sherbrooke — Près de 200 employés de l’usine de pâtes et papiers de Kruger de Brompton ont reçu une triste nouvelle lundi matin. L’entreprise a annoncé qu’elle mettait fin définitivement à sa production de papier journal, de papiers de spécialité et de pâte dans ses installations sherbrookoises. L’usine était fermée de façon temporaire depuis déjà six mois.

« Il a fallu annoncer à nos employés aujourd’hui que, malheureusement, nous n’avions pas trouvé de solution viable pour relancer l’usine de Brompton à l’intérieur du délai de six mois qui est prévu par la loi pour conserver un lien d’emploi », a commenté le vice-président principal, Affaires corporatives et communications de Kruger, Jean Majeau, ajoutant que la société prendra les mesures à sa disposition pour minimiser l’impact de cette fermeture sur les 189 employés touchés.

L’entreprise explique que la fermeture est liée au contexte économique. « Ça nous attriste profondément, mais on a dû remercier les travailleurs puisque la pandémie perdure et que les conditions du marché demeurent défavorables. Mais chose certaine, on va leur offrir tout le soutien nécessaire pour réintégrer le marché du travail », a ajouté M. Majeau, précisant que tous employés seraient rencontrés individuellement dans les prochains jours.

Environ 25 employés seront par ailleurs rappelés au travail pour le redémarrage de la centrale de cogénération.

Aucun impact sur la nouvelle usine

La fermeture de l’usine de papier journal, de papiers de spécialité et de pâte n’a aucun impact sur l’ouverture prochaine de la nouvelle usine de papier tissu dans l’arrondissement de Brompton, un projet de 575 millions devant créer 180 emplois.

« Déjà 58 travailleurs ont trouvé un nouvel emploi, dont environ 50 qui travailleront à la nouvelle usine de Brompton. Il reste environ 20 postes à combler à cette nouvelle usine et, bien sûr, les candidatures des anciens employés de l’usine de pâtes et papiers seront considérées avec toute l’attention requise. Ils ont l’avantage d’avoir de l’expérience dans le réseau Kruger », a souligné M. Majeau.

La fermeture a pour effet de retrancher 100 000 tonnes de papier journal et 70 000 tonnes de papiers de spécialité de la production annuelle globale de Kruger.

« On va s’assurer de garder les infrastructures de l’ancienne usine de Brompton en très bon état, notamment en chauffant les locaux et en entretenant les équipements, car on veut continuer d’analyser tous les scénarios possibles. »

— Jean Majeau, vice-président principal, Affaires corporatives et communications de Kruger

« On poursuit aussi nos discussions avec le gouvernement du Québec pour trouver une solution viable à long terme. Pour le moment, on ne peut rien annoncer de concret et il y a encore du travail à faire, mais on poursuit nos démarches. On est une entreprise résiliente et on n’a pas lancé la serviette encore », a précisé M. Majeau.

Temps difficiles même avant la COVID-19

En entrevue avec La Tribune en mars, le vice-président principal, Affaires corporatives et communications de Kruger avouait que les installations sherbrookoises étaient déjà dans des conditions assez difficiles avant la pandémie. « Mais là, ce n’était plus possible de maintenir le rythme de pertes qu’on subissait », avait alors expliqué Jean Majeau au moment de l’annonce de la fermeture temporaire. Cette fermeture avait envoyé 272 travailleurs au chômage.

L’usine de Brompton produisait du papier journal et des papiers de spécialité pour l’emballage alimentaire, dans une proportion de 50/50. Elle était toutefois engagée depuis moins d’un an dans une transition vers ce second créneau, puisqu’elle enregistrait déjà avant la crise sanitaire une baisse de demande pour le papier journal.

Selon M. Majeau, l’usine était considérée comme l’une des moins compétitives en Amérique du Nord.

En juillet, les employés de l’usine ont interpellé le député caquiste de Richmond, André Bachand, pour inciter le gouvernement à contribuer au plan de relance de l’usine.

Dans une pétition lancée à ce moment, les employés et le syndicat de l’entreprise Kruger demandaient à M. Bachand de reconnaître la nécessité de la relance de l’usine, d’accorder à ce dossier la plus haute importance ainsi que d’effectuer les travaux nécessaires pour que le gouvernement provincial contribue activement à la relance des activités de l’usine.

— Avec la collaboration de Chloé Cotnoir, La Tribune

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