Chronique

Quand l’histoire est bonne, ça passe

C’est le nouveau truc (ou l’obsession) à la mode depuis la semaine dernière : trouver les scènes de District 31 où la distanciation physique saute aux yeux.

Oh, le reporter Jean Brière (Jeff Boudreault) parle à la SD Florence Guindon (Catherine Proulx-Lemay) en s’accotant sur le capot de sa voiture ! Ah, l’avocate Véronique Lenoir (Catherine De Léan) et le bandit François Labelle (Peter Miller) jasent chacun dans leur coin du bar ! Heille, il y a maintenant deux tables de large dans la salle d’interrogatoire !

Rapidement, ça peut devenir redondant, je trouve. Vous vous attendiez à quoi ? La production de ce téléroman a repris alors que les mesures sanitaires étaient à leur plus strict. Les artisans ont fait du mieux qu’ils le pouvaient – dans des circonstances vraiment pas évidentes – pour rouvrir le poste de police. C’était ça ou rien. Vous préféreriez quoi ? C’est ce que je pensais. Renouer avec Chiasson, Bissonnette et toute la gang du 31.

Honnêtement, on finit par s’y habituer. La distraction s’effrite au fil des épisodes, car les techniques pour atténuer l’éloignement obligatoire se peaufinent.

De toute façon, ce qui compte dans District 31, c’est l’histoire, et l’auteur Luc Dionne en tricote des excellentes. Mercredi soir, Rémy Girard, le grand patron des services secrets, débarque pour la première fois dans la série quotidienne qui rallie plus de 1,5 million d’accros à 19 h. Il joue une courte scène muette, lourde de conséquences.

Un personnage pivot passe à la trappe (adios !), et ça fesse. Rien à voir avec le suicide de la Riopelle (Geneviève Schmidt), adieu café instantané et ciao clopes fumées dans la cuisine.

Je prends un malin plaisir à détester le nouveau duo de vilains formé par Mélissa Corbeil (Brigitte Paquette) et André Dallaire (Pierre-François Legendre), du Service des enquêtes indépendantes (SEI). C’est comme haïr deux Yves Jacob (Marc Fournier), du temps que Jacob faisait suer tout le monde, en simultané.

À l’instar de ceux du 31, les enquêteurs du SEI disposent eux aussi de tasses à café personnalisées, frappées du logo de leur corps policier. Qui en veut une ? Moi !

Toujours au chapitre des bonnes histoires, Toute la vie reprend les ondes de Radio-Canada ce mardi à 20 h. Ce téléroman de Danielle Trottier, également tourné en mode distanciation, soyez-en avertis, gravit une pente ascendante depuis l’hiver dernier.

L’épisode final du printemps se terminait avec le bébé d’Anaïs (Cassandra Latreille) et de Tommy (Thomas Delorme) en arrêt cardiorespiratoire. Cette deuxième saison de Toute la vie, qui démarre deux mois après l’accouchement compliqué d’Anaïs, ne vous fera pas languir longtemps sur l’état de santé du poupon (zéro divulgâcheur ici).

C’est une excellente décision que d’avoir transplanté Christophe L’Allier (Roy Dupuis) au cœur de Toute la vie aux côtés de Tina Carpentier-Trudel (Hélène Bourgeois-Leclerc). Christophe fournit du matériel en or pour les intrigues. Nous avons rencontré sa sœur multipoquée Julie (Larissa Corriveau), toxicomane et enceinte de jumeaux. Nous découvrons ce mardi son frère policier Patrick (Jean-Nicolas Verreault), à qui il n’adresse plus la parole depuis des lunes. Un personnage étrange et louche comme on les aime, ce Patrick.

Et dans trois semaines, place à la mère des trois enfants L’Allier, une femme violente, peu aimante et agressive jouée par Micheline Lanctôt.

Non, nous ne reverrons plus l’attachante Den (Évelyne Laferrière) ou ses camarades de classe Edwidge (Naïla Victoria Louidort-Biassou) et Flora (Tayna V. Lavoie). Six nouvelles élèves s’installent à l’école Marie-Labrecque cet automne, dont Sassan (Lyna Khellef), une musulmane voilée de 17 ans, promise à un homme de 42 ans.

La cohorte 2020 comprend l’adolescente autochtone Méli Happijack (Jemmy Echaquan Dubé, vue dans Fugueuse 2), qui cherche sa mère dans les hôpitaux de Montréal. La souriante Éloize (Élizabeth Tremblay-Gagnon), atteinte d’une déficience intellectuelle légère, contrôle mal ses pulsions sexuelles, tandis que la championne de tennis Viviane (Milya Corbeil-Gauvreau) pense que sa grossesse lui offrira du répit, loin des courts et de son père trop intense.

Dorénavant, c’est la travailleuse sociale Carole (Marie-Chantal Perron) qui encadrera les ados de Marie-Labrecque.

En visionnant les deux premiers épisodes de Toute la vie 2, la distanciation ne m’a pas dérangé. Peut-être que c’est devenu plus naturel. Peut-être qu’il s’agit de la nouvelle normalité.

Cette pandémie a eu de fâcheuses répercussions sur la vie personnelle de la scénariste Danielle Trottier, qui vit une partie de l’année en Uruguay, à l’extérieur de la capitale Montevideo. Comme Danielle Trottier et son conjoint ne sont pas rentrés au pays avant la fermeture des frontières, au printemps dernier, ils sont maintenant coincés en Amérique du Sud, incapables de revenir au Canada.

En novembre, cela fera un an qu’ils séjournent en Uruguay, et ça complique drôlement tout ce qui concerne la paperasse, les assurances, les impôts, alouette.

30 vies refait en France

Bonne nouvelle pour le rayonnement de notre télévision à l’étranger. La chaîne France 2 a acheté le format de 30 vies et diffusera une version « française » du feuilleton de Fabienne Larouche cet automne.

Le tournage du remake, comme on dit dans le 16e arrondissement, démarre le 30 septembre dans la région de Paris, et la production des épisodes a été confiée à l’animateur Nagui (Taratata, Que le meilleur gagne). En France, les épisodes de 30 vies dureront 52 minutes et le téléroman débutera avec un prof de géographie et d’histoire, comme celui campé par Guillaume Lemay-Thivierge chez nous.

La distribution du 30 vies européen n’a pas encore été dévoilée. Pour le moment, France 2 s’est engagée à diffuser six épisodes en heure de grande écoute. Il y a 660 épisodes de 30 minutes dans la banque de 30 vies. Des sujets à exploiter, il n’en manque pas.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.