100 idées pour améliorer le Québec Aider les familles

La famille doit être une priorité

Cher ministre de la Famille et dirigeants de notre gouvernement, je vous écris aujourd’hui pour vous faire part de la réalité des familles québécoises d’aujourd’hui et vous émettre mon opinion sur les changements que j’apporterais au niveau de l’éducation, du travail, de la santé et du revenu des familles.

Je suis l’heureuse maman de 13 enfants qui sont âgés de 1 à 22 ans. Pour la plupart des gens, je suis une extra-terrestre. Certains me trouvent courageuse, d’autres me trouvent complètement inconsciente, mais la plupart sont unanimes pour avouer que je réalise un tour de force d’arriver à élever 13 enfants dans la société d’aujourd’hui. Mais peu importe le nombre d’enfants que compte chaque foyer, les difficultés restent les mêmes.

Depuis que j’ai eu mon premier enfant à 20 ans, j’ai été maman à la maison pendant 14 ans pour ensuite travailler à temps partiel le soir pendant que mon conjoint prenait la relève de la maisonnée. Il y a trois ans, j’ai dû commencer à travailler à temps plein de jour, ce qui m’a amené à placer mes enfants en garderie pour la première fois.

Voulant réorienter ma carrière, je suis retournée aux études il y a deux ans. Je suis présentement de retour au travail, car bien que j’ai subi une salpingectomie à la naissance de mon dernier enfant, nous sommes en processus de fécondation in vitro pour accueillir un 14e enfant l’an prochain.

Ayant vécu tout cela, j’ai été à même de constater les différentes lacunes qui existent au sein des divers ordres gouvernementaux.

En ce qui concerne le travail, il serait intéressant d’avoir des normes de conciliation travail-famille comme pour les normes du travail. Avoir plus de congés maladie pour ceux qui sont parents (et selon le nombre d’enfants) permettrait à ces derniers de ne pas être à bout de ressources lorsque leur enfant est malade. Ce n’est pas tous les employeurs qui sont conciliants, malheureusement. 

Pour ceux ou celles qui font le choix de rester à la maison, une allocation supplémentaire devrait être donnée. Pour l’avoir fait durant bien des années, je peux vous affirmer que c’est plus qu’un travail à temps plein qui, de plus, amène du positif à la société : désengorgement des garderies et diminution du taux d’absentéisme au travail de l’autre parent.

Pour les parents qui décident de réorienter leur carrière pour améliorer leurs conditions de vie familiale, le programme de prêts et bourses devrait être plus souple. Souvent, ces parents ont déjà fait des études dans le passé et s’ils ont déjà dépassé la limite de mois admis pour l’aide financière, ils se retrouvent à ne plus pouvoir retourner aux études faute d’argent.

En ce qui concerne la santé, les soins dentaires devraient être pris en charge jusqu’à la majorité de l’enfant, car ils sont aussi importants que les soins de santé qui, eux, sont couverts par l’assurance maladie. De plus, on devrait pouvoir avoir accès à plus de crédits d’impôt pour les sports et les loisirs de nos enfants, ce qui leur permettrait d’augmenter leur activité physique et ainsi diminuer leurs chances de développer des problèmes de santé.

Sur le plan de l’aide gouvernementale, bien que les allocations familiales sont d’une aide précieuse pour de nombreux parents, j’ai toujours trouvé insensé que celle-ci diminue lorsque l’enfant a 6 ans.

Tous les parents vous diront qu’un enfant de plus de 6 ans coûte plus cher qu’un tout-petit. De plus, lors d’une séparation, le nouveau conjoint ne devrait pas compter dans le calcul. Pour ma part, lorsque j’ai rencontré mon conjoint actuel il y a 17 ans, j’avais trois enfants.

En habitant avec mon conjoint, j’ai perdu une grande partie de mes allocations. Pourtant, ce n’était pas à lui de payer pour mes enfants, mais comme j’étais maman à la maison, c’est ce qui est arrivé. Moi, j’ai la chance d’avoir un conjoint pour qui ce n’est pas important, mais je connais des mamans qui ne refont pas leur vie pour cette raison.

Comme je vous l’ai dit plus haut, nous sommes présentement suivis en clinique de fertilité. Nous avons dépensé plusieurs milliers de dollars pour notre beau projet, mais comme il s’agit d’une mauvaise décision de notre part, je trouve parfaitement normal que nous devions en payer le prix.

Par contre, les couples infertiles qui vivent le drame de ne pas pouvoir avoir d’enfant et qui n’ont pas les moyens de payer les coûts très élevés des traitements de fertilité devraient avoir une aide gouvernementale comme auparavant. 

L’infertilité est un problème de santé et devrait être prise en charge par l’État comme n’importe quelle maladie.

Pour le vivre présentement, je peux vous dire à quel point c’est difficile physiquement et émotivement. Et moi, j’ai la chance d’être plusieurs fois maman. Je ne peux imaginer la détresse que vivent ces couples.

De plus, de la sensibilisation pourrait être faite au niveau des commerçants et des entreprises pour avoir accès à plus de forfaits familiaux qui s’adressent aux familles qui choisissent d’avoir plus de deux enfants. Dans la plupart des endroits, une famille, c’est deux parents et deux enfants. Les coûts montent rapidement lorsqu’on en ajoute plusieurs.

La famille est une valeur tellement importante qu’on se doit d’en prendre soin et de faire en sorte que les gens aient envie d’y accorder une priorité. Dans notre société où tout va trop vite, il serait temps que les parents arrêtent de courir à droite et à gauche pour arriver à joindre les deux bouts et qu’ils puissent profiter des premières années de leurs enfants.

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