Mon clin d’œil

L’Assemblée nationale aimerait que Catherine Dorion s’habille à l’année comme elle l’était à l’Halloween, mais qu’elle ne se prenne pas en photo quand elle le fait.

Opinion

LOGEMENT
Valérie Plante ne mérite pas encore la note de passage

Madame la Mairesse de Montréal, dès votre campagne pour briguer la direction de Projet Montréal, vous êtes entrée en contact avec plusieurs d’entre nous pour affirmer votre intérêt pour les enjeux liés à l’habitation et au droit au logement. 

En campagne électorale, il y a deux ans, vous avez fait de l’habitation l’une de vos trois grandes priorités. Récemment, en marge du conseil général de Projet Montréal, vous vous donniez la note de 7 sur 10 pour votre mi-mandat en vous basant notamment sur votre promesse de construire 12 000 logements sociaux et abordables.

Il serait faux de prétendre qu’en deux ans, nous n’avons pas entendu parler de logement à Montréal. Cependant, le logement fait plus souvent la manchette pour les mauvaises raisons : manque de logements abordables et sociaux, évictions de locataires, hausse rapide des loyers, embourgeoisement des quartiers, salubrité des logements.

Comme si ce n’était pas assez, la pénurie de logements qui sévit actuellement dans la métropole rend la situation intenable pour les locataires à faibles et à modestes revenus.

Le droit au logement est continuellement bafoué. Pour preuve, seulement à Montréal, c’est plus de 100 000 ménages locataires qui ont des besoins impérieux de logements, c’est-à-dire que leur logement est soit trop petit, soit trop cher, soit en mauvais état, parfois les trois en même temps.

Insalubrité

C’est sur ce dernier aspect que nous désirons insister. L’insalubrité des logements est un véritable fléau. Selon la Direction régionale de santé publique de Montréal, le tiers des ménages locataires montréalais vivent avec au moins un problème d’insalubrité. Plusieurs accumulent les problèmes, que ce soit de l’infiltration d’eau, de la moisissure, des coquerelles, de la vermine ou encore des punaises de lit. Des milliers de locataires mettent leur santé et leur sécurité en danger en vivant dans ces logements insalubres.

Dans les premiers mois de votre arrivée à la tête de la Ville de Montréal, vous avez augmenté la taille de l’équipe d’inspections à la ville-centre de 8 à 22 employés, et vous avez déposé un nouveau plan d’action pour lutter contre l’insalubrité des logements. La Ville allait faire plus d’inspections et collaborer davantage avec les organismes communautaires.

Maintenant à la moitié de votre mandat, Madame la Mairesse, nous désirons rappeler que la situation sur le terrain est toujours aussi alarmante. Nous recevons chaque semaine des locataires avec de graves problèmes de logement.

La qualité des interventions varie beaucoup d’un arrondissement à l’autre et la nouvelle équipe de la ville-centre, qui a pris une bonne année à se mettre en place, n’agit qu’à la demande de ceux-ci.

Du côté des arrondissements, la taille des équipes d’inspection est restée sensiblement la même et y subsiste encore la mentalité de ne pas sévir contre les propriétaires délinquants et de jeter le blâme sur le style de vie des locataires, comme du temps des administrations précédentes.

Certes, l’équipe de la ville-centre inspecte davantage de logements que par le passé et le fait plus rapidement. Ponctuellement, elle tient des rencontres avec des organismes avant de lancer un blitz dans un immeuble problématique.

Et après ? Cette équipe donne peu de contraventions, fait rarement les travaux en lieu et place des propriétaires délinquants et ne compte que huit avis de détérioration inscrits au registre foncier. L’accès aux rapports d’inspection n’a pas été facilité et le fait de recourir à un gestionnaire de parasites qualifié n’est toujours pas obligatoire.

Durant ce temps, malgré des interventions de la Ville sur plusieurs mois, les mauvaises conditions de logement perdurent, les infestations persistent et les communications avec les organismes s’espacent.

Madame Plante, il vous reste encore du temps pour agir. Appliquer rigoureusement la réglementation pourra vous donner la note de passage, contrairement à vos prédécesseurs, qui ont tous échoué.

* Lettre cosignée par André Trépanier, Comité d’action de Parc-Extension ; Sylvie Dalpée, Action Dignité de Saint-Léonard ; Jean-Christophe Bureau, Infologis de l’Est de l’île de Montréal ; Sandy Wodarka, Organisation d’éducation et d’information logement de Côte-des-Neiges ; Éric Locas, Comité logement Rosemont ; Sébastien Laliberté, Regroupement information logement (Pointe-Saint-Charles) ; Vicky Langevin, Comité logement du Plateau-Mont-Royal ; Sophie Rioux-Olivier, Association des locataires de Villeray ; Guillaume Dostaler, Entraide logement Hochelaga-Maisonneuve ; Mélanie Baril, Comité logement Petite-Patrie ; Jessica Dumervil, Comité logement Ahuntsic-Cartierville ; Daniel Chainey, Comité logement Lachine-Lasalle et Gaétan Roberge, Comité logement Ville-Marie

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