La gaffe du jour

Romain Grosjean (encore !)

Décidément, ça ne s’arrange pas pour Grosjean. Après sa bévue du Grand Prix d’Azerbaïdjan – il avait envoyé sa Haas dans le mur alors que la course était arrêtée derrière la voiture de sécurité –, le Français a cette fois perdu la maîtrise de sa voiture dès le troisième virage de la course, causant aussi les abandons de Nico Hulkenberg (Renault) et de Pierre Gasly (Toro Rosso). Grosjean a écopé d’une pénalité de trois places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, à Monaco. Le directeur de l’équipe Haas, Guenther Steiner, a pris la défense de son pilote en expliquant qu’il avait dû faire un écart pour éviter un autre concurrent : « Une pénalité, c’est comme un coup de pied au visage de quelqu’un qui a déjà les genoux au sol… »

Dans les rues de Monaco

Le prochain Grand Prix sera disputé le 27 mai dans les rues de la Principauté de Monaco. Il s’agit d’un rendez-vous phare de la saison, même si la course est habituellement assez ennuyante, l’étroitesse du circuit rendant pratiquement impossible tout dépassement. Sebastian Vettel a remporté l’épreuve la saison dernière, mais Mercedes avait triomphé quatre fois d’affilée entre 2013 et 2016.

De nouveaux pneus à Montréal

Pirelli a introduit de nouvelles gommes encore plus tendres cette saison, et ces pneus « hyper tendres » feront partie de la sélection proposée aux équipes pour le Grand Prix du Canada. Comme l’année dernière, ce sont les trois pneus les plus tendres de la gamme – super tendres, ultra tendres et hyper tendres – qui seront utilisés sur le circuit Gilles-Villeneuve, dont le tracé est surtout exigeant pour les freins.

Grand Prix d’Espagne

Hamilton était trop fort

Pour la première fois cette saison, Lewis Hamilton a estimé qu’il était parfaitement à l’aise au volant de sa Mercedes, hier, sur le circuit Catalunya, près de Barcelone. Et personne n’a été en mesure de l’inquiéter en route vers la victoire au Grand Prix d’Espagne.

Le Britannique a devancé son coéquipier Valtteri Bottas par plus de 20 secondes, et il a porté à 17 points son avantage au Championnat du monde sur l’Allemand Sebastian Vettel, seulement quatrième hier derrière le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull).

« Aujourd’hui, entre la voiture et moi, j’ai senti cette synergie que je n’avais pas encore trouvée cette saison. C’est une bonne sensation, et cela peut nous permettre de continuer à mettre la pression sur nos rivaux. »

— Lewis Hamilton

Bottas, qui est parti de la première ligne mais qui a dû céder la deuxième place à Vettel dans le premier virage, a profité d’un deuxième changement de pneus du pilote de Ferrari pour reprendre l’avantage.

« J’aurais aimé me battre pour la victoire, mais c’est une superbe performance de l’équipe et nous ne pouvons qu’en être heureux, a expliqué le Finlandais. Nous avions vraiment une voiture exceptionnelle, et l’équipe s’est parfaitement ajustée aux conditions.

« Je ne croyais pas que nous pourrions aller au bout avec un seul arrêt, mais c’était possible, et la stratégie a parfaitement fonctionné. »

Toto Wolff, directeur de l’équipe Mercedes, a convenu que ses voitures avaient été dominantes, mais il a refusé de pavoiser. « J’ai toujours tendance à rester inquiet, a-t-il expliqué. Nous avions eu d’excellents essais hivernaux ici même à Barcelone, et tout le monde disait que ce serait facile en Australie, mais nous avons eu plusieurs courses difficiles.

« Nous avons été très bons, c’est vrai, mais nous devons rester calmes et humbles. Je sens que nous sommes redevenus très compétitifs, mais attendons de voir le prochain Grand Prix. Monaco pourrait être une tout autre histoire, c’est un circuit où nous avons beaucoup souffert par le passé… »

Des ennuis chez Ferrari

Ce sont plutôt les concurrents de Mercedes qui ont souffert, hier, sur un circuit dont le nouveau revêtement a causé des ennuis à plusieurs équipes. Chez Ferrari, Vettel a pris un bon départ, mais il a vite vu Hamilton prendre le large.

« Nous usions nos pneus plus rapidement que les autres voitures, a-t-il dit. Ça explique pourquoi nous avons décidé d’effectuer ce deuxième arrêt [au 41e tour]. En fait, nous n’avions guère le choix. »

Le changement de pneus a été plus long que prévu et Vettel est revenu en piste non seulement derrière Bottas, mais aussi derrière Verstappen. « Nous étions plus rapides que lui, mais pas suffisamment pour pouvoir le dépasser. Et à la fin, mes pneus n’étaient pas en aussi bon état que les siens, même s’ils étaient plus frais en théorie. »

Autre motif de déception pour les Tifosi, Kimi Räikkönen a été forcé à l’abandon au 25e tour en raison d’ennuis au groupe propulseur.

Chez Red Bull, la troisième place de Verstappen a été accueillie avec d’autant plus de soulagement que Daniel Ricciardo a récolté la cinquième place. « Nous avions bien averti les pilotes qu’ils ne pouvaient plus gaspiller de points en se battant entre eux », a rappelé le directeur de l’équipe, Christian Horner.

« C’est le premier podium de l’année pour Max et nous espérons que cela va lui redonner un peu de confiance après un début de saison compliqué pour lui. Daniel a connu plus d’ennuis, mais il est bien placé et il a signé le meilleur tour. »

Derrière les pilotes des trois équipes de pointe, le Danois Kevin Magnussen a offert une belle sixième place à l’équipe Haas, une petite consolation après les nouveaux déboires de Romain Grosjean.

L’Espagnol Carlos Sainz (Renault), septième, a remporté son duel national face à Fernando Alonso (McLaren), alors que Sergio Perez (Force India) et Charles Leclerc (Sauber) ont complété le top 10.

Stroll s’est battu, en vain

Même s’il pilotait la pire voiture du plateau, Lance Stroll a livré une autre belle performance, hier. Le Canadien a encore réussi un départ fantastique, il s’est battu tout au long de la course et a bien failli aller chercher un point, mais il a finalement dû se contenter de la 11e place.

« C’est frustrant de ne pas marquer de points, mais j’ai fait une bonne course, a-t-il expliqué en point de presse. J’ai réussi un bon départ à nouveau et j’ai gagné plusieurs positions. Par la suite, il fallait maintenir un bon rythme et j’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu afin de maintenir ma position.

« C’était compliqué de réchauffer les pneus aujourd’hui et cela a été difficile de résister aux voitures plus rapides après les neutralisations de la course. Nous étions plus à l’aise avec les pneus médiums et, comme je l’ai dit, je suis content de ma course. »

« Onzième est vraiment le meilleur résultat que nous pouvions espérer. »

— Lance Stroll

On a appris cette semaine que l’équipe Williams s’était séparée du responsable de la conception de ses voitures, Ed Wood. Ce dernier était avec l’équipe depuis 2006 et il avait signé quelques bonnes voitures, mais ses dernières créations n’étaient visiblement pas à la hauteur, et la FW41 de cette saison est vraiment ratée.

Avec seulement quatre points, l’équipe Williams est dernière au championnat, déjà loin de celles qui la précèdent, et rien n’indique qu’elle puisse combler l’écart à court terme. Le départ de Wood indique d’ailleurs qu’on a un peu fait une croix sur la saison en cours et qu’on prépare déjà la prochaine, avec un nouveau responsable.

Stroll n’a d’ailleurs pas caché sa frustration au cours des dernières semaines et il devra visiblement s’armer de patience dans les prochains mois.

Le directeur technique de l’équipe, Paddy Lowe, s’est néanmoins réjoui d’avoir vu les deux voitures atteindre l’arrivée. « Pour l’équipe dans les garages, la somme de travail est la même, que nous soyons compétitifs ou pas, a-t-il rappelé. Amener les voitures à l’arrivée montre qu’ils ont bien fait leur travail. Lance [Stroll] aurait mérité de marquer des points après ce premier tour fantastique et une belle course dans des conditions très difficiles.

« Nous n’avons pas fait un très bon travail avec le développement de cette FW41, a concédé Lowe. Nous ne devons toutefois pas baisser les bras et nous allons continuer à travailler d’arrache-pied, en piste et à l’usine, afin d’essayer d’améliorer notre position. »

Le deuxième pilote de l’équipe, Sergey Sirotkin, a connu un week-end très difficile, terminant l’épreuve au dernier rang après ce qu’il a décrit comme « la pire expérience » de sa carrière. Le Russe est l’un des deux seuls pilotes (avec le Français Romain Grosjean) qui n’ont pas encore marqué de points cette saison.

Il ne faudrait sans doute pas s’étonner de voir le Polonais Robert Kubica, pilote de réserve de l’équipe Williams, jouer un rôle plus important au cours des prochaines semaines.

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