Les garçons épicés

Le niveau de respect mutuel entre Charlie Lindgren et Michael McNiven est vraiment hors du commun.

Ce ne sont pas seulement des coéquipiers, ils sont également les meilleurs amis du monde.

La paire a commencé à forger ce lien la saison dernière lors de la première campagne du Rocket dans la Ligue américaine, et cela se poursuivit au cours de la saison 2018-1919.

« C’est important pour des gardiens de se sentir bien ensemble », a déclaré Lindgren. « Je compte sur lui pour obtenir du soutien et je sais qu’il a certainement besoin de moi. Nous nous appuyons l’un sur l’autre. Nous essayons tous les deux de nous développer en tant que gardiens et nous visons le même objectif ; être des gardiens à temps plein pour les Canadiens de Montréal. Nous nous poussons mutuellement et nous adorons passer du temps ensemble et passer un bon moment. À chaque fois que je vais à la patinoire, Nivy me fait toujours rire. »

McNiven, 21 ans, va dans le même sens. Il croit que les deux partagent un lien unique.

« Charlie et moi sommes très proches, probablement aussi proches que je ne l’ai jamais été avec l’un de mes coéquipiers, en particulier avec lui comme mentor », souligne McNiven, son compagnon aîné. « C’est du hockey professionnel et vous allez continuer à vous battre pour votre place, mais nous avons une excellente relation. Nous sommes toujours là l’un pour l’autre, peu importe la situation. L’année dernière, nous sommes allés dîner quatre à cinq fois par semaine. Je dirais que c’est l’un de mes meilleurs amis, bien sûr. »

Big spicy, little spicy

Alors que McNiven évoluait toujours avec l’Attack d’Owen Sound, son ancien coéquipier Daniel Milne surnommait le jeune gardien de but « Little Spicy ».

Pourquoi « Little Spicy » demandez-vous ?

« Je suis un gars de Frank’s Red Hot. J’aime cela. Je mets littéralement cette sauce sur tout », dit McNiven en riant. « Il me le répétait à chaque fois avant de partir sur la glace. »

Maintenant, Lindgren a fièrement adopté le surnom de « Big Spicy » en référence à son statut de senior.

« Je dois m’occuper de Little Spicy », expliqua Lindgren, qui a pleinement embrassé son rôle de mentor auprès de McNiven. « Nivy est un gardien de but très talentueux. Je pense qu’il a un avenir super brillant. Je veux profiter de cette occasion pour m’assurer que Nivy va aussi loin que possible au hockey et reste sur la bonne voie. Je pense que c’est mon travail en tant que gardien de but âgé et en étant son coéquipier. »

Unis par un baiser

Quand Lindgren est dans les buts et que le Rocket gagne, McNiven est impatient de se rendre sur la glace pour féliciter son ami.

Plus tôt cette saison, McNiven avait même été photographié en train d’embrasser le casque de Lindgren à la suite d’une victoire.

C’est apparemment devenu un rituel.

« Chaque fois que nous gagnons, je ne fais que ça », a confirmé McNiven. « Je m’assure toujours d’aller voir Chucky après une partie, que nous gagnions ou non. C’est amusant de jouer au hockey cette année, alors je suis un peu excité sur le banc. »

Passionnés d’histoire

Lindgren et McNiven ont en commun d’apprécier l’histoire des Canadiens et les légendes du passé.

Les deux affichent fièrement cette passion à travers les illustrations sur leurs nouveaux masques.

Lindgren arbore cette saison une réplique du masque de Patrick Roy, en hommage à la longue liste de réalisations du Panthéon auprès des Canadiens.

« Tout commence par l’histoire de Montréal. Je le dis depuis le premier jour, l’histoire et la passion de la ville sont spéciales. Vous devez lui rendre hommage. C’est très important », a déclaré Lindgren, qui cite Roy parmi ses principales influences lorsqu’il s’est tourné vers le métier de gardien de but. « Je sais que je suis chanceux et je me sens chanceux de faire partie des Canadiens de Montréal, alors je veux montrer mon respect chaque fois que je le peux. Patrick compte beaucoup pour l’organisation. C’est un grand hommage à lui et il le mérite sans aucun doute. »

On y retrouve également un passage du célèbre auteur américain Og Mandino, accompagné de l’image d’un lion, symbolisant l’orgueil et le caractère qui est bien en évidence sur le dos du masque.

« La citation mentionne ceci ; je persisterai jusqu’à ce que je réussisse. J’ai déjà fait face à beaucoup d’adversité. Mon état d’esprit est que peu importe la situation à laquelle vous faites face, vous pouvez y arriver », a expliqué Lindgren. « Il est également question de s’entourer de personnes positives. Quand je l’ai lu la première fois, je savais que ça devait être sur mon masque. Ce sera une de ces citations qui resteront sur mon masque aussi longtemps que je jouerai. »

Pour sa part, McNiven a choisi de rendre hommage à Maurice "Rocket" Richard avec son masque cette fois-ci.

« Il est tout simplement idolâtré dans la ville et dans tout le Québec. Vous devez mettre un peu d’histoire sur votre casque. Tous les joueurs ne peuvent pas jouer dans une franchise comme celle-ci. Pour avoir un peu d’histoire, pour les personnes qui ont défini cette équipe, vous devez en implémenter une partie », a mentionné McNiven. « C’est important pour nous et pour les partisans. Ce sont des joueurs que nous avons regardés et nous espérons être à leur place un jour. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Olivier Beauregard.

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