Boxe

Eleider Álvarez à un carrefour

Trois cent cinquante. C’est le nombre de jours qui se seront écoulés entre le dernier combat d’Eleider Álvarez (24-1, 12 K.-O.) et son retour dans le ring, samedi prochain, contre Michael Seals (24-2, 18 K.-O.). Presque une année complète à panser les plaies, après la perte de sa ceinture mondiale WBO des mi-lourds contre Sergey Kovalev, puis à dessiner les contours d’un éventuel rebond.

Car lorsqu’il grimpera dans le ring du Turning Stone Resort Casino de Verona (État de New York), l’équation ne sera pas compliquée pour Álvarez : soit le boxeur de 35 ans reprend sa marche en avant dans la division, soit il perd de nouveau quelques plumes.

« Je veux montrer que je suis encore l’un des meilleurs mi-lourds. J’imagine un combat de championnat du monde pour moi en 2020. »

— Eleider Álvarez

« C’est une question de vie ou de mort, ce combat-là, ajoute son entraîneur Marc Ramsay. Est-ce qu’on poursuit où on était, c’est-à-dire au niveau international et au sommet avec les grands de la division ? Ou alors on subit un recul très important ? Ça prend une performance inspirée et une domination nette et claire. »

En d’autres termes, Álvarez doit non seulement l’emporter, mais aussi démontrer que sa défaite sans appel (120-108, 116-112 et 116-112) face au Russe tenait davantage de l’accident de parcours. Dans la foulée de ce premier revers en carrière, le clan Álvarez a notamment pointé un excès de confiance et un manque de mobilité.

« Comme pour toutes les défaites, c’est difficile, souligne Ramsay. On prend quelques semaines et on tourne la page sans oublier de faire un débriefing pour aller de l’avant et construire quelque chose de positif. D’un point de vue émotionnel, il faut mettre ça de côté parce que c’est le métier de boxeur professionnel. »

Álvarez a quasiment eu un an pour mettre cet échec de côté. « Une pause aurait été bonne, mais pas longue comme ça », lance le boxeur d’origine colombienne. Si l’idée d’un retour rapide sur le ring a d’abord été envisagée, il a plutôt fallu soigner une blessure au talon gauche.

« Pendant plusieurs mois, je n’ai pas pu m’entraîner comme je le voulais. Je ne pouvais pas boxer, je ne pouvais que faire de petites activités comme le vélo ou la natation. Après ma guérison, j’ai commencé à chercher des combats, mais ça n’a pas marché pour septembre, novembre et décembre. Finalement, ce sera janvier. J’ai très hâte de remonter sur le ring après une année sans boxer. »

Des victoires expéditives

Álvarez n’aura pas un tendre en face de lui. Âgé de 37 ans, Seals, dont le surnom est « Cannon Handz », a remporté ses trois derniers combats par K.-O. Son crochet du droit contre Christopher Brooker, en juin dernier, a largement été relayé par les médias sportifs. Il a ensuite eu le dessus sur l’Argentin Elio Heraldo Trosch dès le premier assaut. Peu importe le niveau de ces deux adversaires, cela donne une très bonne idée du profil de Seals.

« Sa qualité numéro un, c’est bien sûr sa puissance. C’est un bon boxeur qui est là depuis longtemps et que l’on voit venir dans la division depuis longtemps. Il est quand même respectable au niveau technique, il est dans la moyenne en termes de vitesse, mais la chose à laquelle il faut faire attention, c’est sa puissance. »

— Marc Ramsay au sujet de Michael Seals

« Il est moins bon que moi au niveau technique, mais il a une bonne force de frappe, fait écho Álvarez. J’ai regardé ses vidéos pour l’étudier, mais ce n’était pas de longs combats. J’ai surtout vu celui contre Edwin Rodríguez [son seul K.-O. subi en carrière] en 2015. »

Le titre WBC continental des Amériques sera à en jeu lors de cet affrontement de 10 rounds. Évidemment, Álvarez vise plus haut. Vainqueur de Kovalev en novembre, Saúl Álvarez Álvarez a ainsi renoncé à son titre WBO des poids mi-lourds le mois dernier.

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