FLASHES

Ça fait jaser

Ces personnalités font parler d’elles pour le meilleur ou pour le pire. Tour d’horizon des nouvelles d’ici ou d’ailleurs qui animeront les conversations autour de la machine à café.

Rachid Taha (1958-2018)

Le phare du rock maghrébin s’éteint

« Algérien pour toujours, Français à tous les jours », cet artiste brillant est assurément le premier Maghrébin à avoir incarné l’attitude rock sur les scènes du monde.

Rachid Taha aurait eu 60 ans le 18 septembre. La Grande Faucheuse a eu raison de lui, six jours avant qu’il ne boucle la sixième décennie d’une existence exceptionnelle.

Les chroniqueurs de sa génération se souviennent de Carte de séjour dans les années 80 avec l’album Rhorhomanie, avant même que Khaled ne déclenche sa réforme raï aux côtés de Safy Boutella.

En 1986, son adaptation de Douce France, classique de Charles Trenet, lui a conféré un rôle critique sur l’immigration dans l’Hexagone sans qu’il soit pour autant considéré comme un chanteur engagé. En fait, Rachid Taha était rock d’abord et avant tout. Lucide, il avait son franc-parler, mais n’avait pas la posture du donneur de leçons.

Résolument rock

Musicalement, Rachid Taha n’était pas un chanteur raï, mais bien un chanteur rock résolument de son époque, ayant pris grand soin d’y greffer sa culture d’origine – particulièrement le chaâbi algérien qu’il affectionnait. On pense d’abord à sa reprise de Ya Rayah (Dahmane El Harrachi) dont on peut encore goûter la fusion rock dans l’album Diwân, opus emblématique des années 90.

Rachid Taha a passé les dix premières années de sa vie à Oran, capitale du raï, là où ont triomphé la grande Cheikha Rimitti et ses successeurs, freinés par la noirceur intégriste des années 90. Enfant de l’immigration économique, il a été transplanté en France avec sa famille, en Alsace, dans les Vosges, puis à Lyon, où il atteint l’âge adulte.

Fin des années 70, il travaille en usine et se met au rock avec les frères Mohamed et Mokhtar Amini. Ensemble, ils fondent un groupe rock et déversent leur fiel sur les autorités françaises d’alors qui restreignent l’immigration et favorisent les expulsions… d’où le nom Carte de séjour. 

Le groupe Carte de séjour est dissous en 1989 parce qu’il est devenu un phénomène social au détriment de la création musicale.

En 1991, Taha lance l’album Barbès, écrit à Oran et enregistré aux États-Unis avec Don Was et Godwyn Logie, certes la vision la plus aboutie de rock et de culture algérienne. En 1993, un album homonyme lance une collaboration pérenne avec le réalisateur anglais Steve Hillage, associé à la fameuse école prog de Canterbury et ex-membre de Gong. Mélange de funk, punk rock, raï, chaâbi et autres musiques maghrébines, cet opus porte la reprise Ya Rayah et l’hyper-lucide Voilà voilà sur le retour de l’extrême droite en France.

Il sort Olé olé en 1995, Carte blanche en 1997 et connaît la notoriété internationale avec Diwân en 1998. L’année suivante, il acquiert le statut de star populaire et remplit Bercy (le plus gros amphithéâtre de Paris) avec les chanteurs algériens Khaled et Faudel pour le spectacle 1, 2, 3 Soleils. En 2000, il sort Made in Medina, dont la chanson Barra sera plus tard incluse aux trames sonores des films Black Hawk Down (Ridley Scott) et The Hunting Party (Richard Shepard). En 2004, il lance Tékitoi, de facture punk rock, portant sa fameuse adaptation arabisante de Rock the Casbah, grand classique de la formation britannique The Clash.

Un public fidèle au Québec

Il revient ensuite aux reprises chaâbi dans l’album Diwân 2, où il interprète à sa manière des titres de chanteurs algériens, notamment Blaoui Houari et Mohamed Mazouni. En 2009, il propose Bonjour, cet opus résulte d’une collaboration avec Gaëtan Roussel de Louise Attaque et Mark Plati, réputé pour son travail auprès de feu David Bowie. Il ralentit ensuite la cadence et ne sort qu’un album, Zoom, de très belle facture, marqué par les collaborations de Mick Jones (son pote des Clash) et de Rodolphe Burger.

En 2016, Rachid Taha est honoré d’une Victoire de la musique pour l’ensemble de sa carrière. Aux dernières nouvelles, il s’apprêtait à sortir un nouvel album, dont le premier morceau devait s’intituler Je suis africain.

Maintes fois venu se produire au Québec depuis les années 90, Rachid Taha y a conquis un public fidèle, notamment aux FrancoFolies et aux Nuits d’Afrique, où il a triomphé il y a deux ans. 

Il s’est toujours montré à la fois généreux, lucide, visionnaire et incisif dans ses interviews avec La Presse au fil des décennies.

Emporté par une crise cardiaque, Rachid Taha avait une santé fragile. Depuis longtemps, en fait, il souffrait d’un mal mystérieux et restait discret sur la question. Les médicaments avaient chez lui un effet parfois étrange. On se souvient d’une prestation au Métropolis, en 2010, où il avait l’air bourré et s’était fait huer pour ensuite se ressaisir. On ne saura jamais si la médication ou l’alcool en avaient été la cause.

Chose certaine, il a donné d’excellents concerts par la suite, malgré une existence de nuitard bien remplie, rock oblige. À ce titre, on retient cette nuit mémorable passée en sa compagnie au feu Laïka en 2013, au terme d’un concert donné à l’Olympia de Montréal. Les noceurs y avaient assurément repris leurs droits…

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Vidéo compromettante pour Weinstein

Une vidéo a fait surface, hier, montrant Harvey Weinstein avoir un comportement déplacé envers Melissa Thompson, l’une de ses accusatrices. Obtenue en primeur par la chaîne britannique Sky News, la vidéo montre Weinstein harcelant Melissa Thompson lors d’une rencontre d’affaires dans ses bureaux, en 2011. La jeune femme s’attendait à rencontrer une équipe, mais elle s’est retrouvée seule avec le producteur. Elle a l’habitude de filmer ses réunions avec son portable et a ainsi pu avoir ces images. Weinstein lui caresse les épaules et lui demande s’il peut flirter avec elle, entre autres propositions douteuses, alors que nous voyons Thompson réagir avec malaise. Melissa Thompson accuse Harvey Weinstein de l’avoir violée le même soir à un hôtel où il lui avait donné rendez-vous pour ce qu’elle croyait être la conclusion du contrat.

— Chantal Guy, La Presse

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Nouvel extrait pour Marie Mai

Alors qu’elle vient de repousser la sortie de son nouvel album au 9 novembre prochain, Marie Mai a lancé hier un deuxième extrait d’Empire, au grand plaisir de ses fans. Intitulée Je décolle, cette nouvelle chanson est accompagnée d’un vidéoclip réalisé par Cynthia Caraz et produit par la maison Romeo & fils. On y retrouve une Marie Mai en grande forme entourée de ses danseuses sur une chorégraphie d’Alex Dunn. Tout comme dans Empire, premier extrait dévoilé en mai dernier, Marie Mai y projette l’image d’une femme forte, qui maîtrise sa vie et sa carrière en plein changement. « On m’a dit que j’étais morte. En fait, j’ouvrais une autre porte », lance-t-elle d’ailleurs dans sa nouvelle chanson. Le 5 septembre dernier, la chanteuse avait annoncé sur Instagram qu’elle repoussait la sortie de son album de quelques semaines afin de mener à bien un autre projet tout en s’investissant pour mettre la dernière main à son sixième opus en carrière.

— Stéphanie Vallet, La Presse

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Le livre grinçant sur Trump bientôt traduit en français

Paru hier en version anglaise, le livre-événement du journaliste Bob Woodward, Fear : Trump in the White House, sera traduit en français aux éditions du Seuil. Il devrait être offert au Québec au début décembre, dans une traduction de Marc Saint-Upéry et Cécile Dutheil de la Rochère. Titre provisoire : Peur – Trump à la Maison Blanche. L’histoire, elle, demeure la même : celle d’un président des États-Unis imprévisible et colérique dans une Maison Blanche complètement désorganisée. On dit qu’un million d’exemplaires du livre se seraient envolés dès le jour de sa parution. Rappelons qu’il s’agit d’une enquête réalisée par un des deux journalistes à l’origine du scandale du Watergate qui a mené à la démission du président américain Richard Nixon.

— Nathalie Collard, La Presse

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Bowie payant aux enchères

Ce qui est maintenant considéré comme le premier enregistrement connu de la voix de David Bowie en studio a été vendu quatre fois plus cher que les prévisions lors d’une vente aux enchères tenue mardi, en Grande-Bretagne. Dans cet enregistrement de 1963, Bowie, qui avait 16 ans et portait le nom de David Jones, chante la pièce I Never Dreamed pour son groupe The Konrads. Il s’est vendu au prix de 39 360 livres sterling (un peu plus de 67 000 $CAN), alors qu’on prévoyait vendre la bande de 18 minutes au prix de 10 000 livres. C’est le batteur du groupe The Konrads, David Hatfield, qui a récemment découvert l’enregistrement dans ses archives. À noter que la chanson, proposée à Decca Records, avait été rejetée.

— André Duchesne, La Presse

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