Football universitaire

Le Rouge et Or aura l’avantage du terrain

Ils étaient plus de 18 000 spectateurs, hier à Québec, pour un match de football entre le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal.

Dix-huit mille ! Pour du sport étudiant.

Tous ont apprécié le spectacle, et la victoire du Rouge et Or en prolongation, 18-15, a évidemment comblé la majorité des amateurs présents. C’est un placement de 12 verges de David Côté, son troisième du match, qui a fait la différence.

Comme le veut le règlement, chaque équipe a eu une chance de marquer à partir de la ligne de 35 adverse en prolongation. Les Carabins, qui devaient l’emporter avec un écart de six points pour reprendre l’avantage sur leurs rivaux au classement – ils s’étaient inclinés 12-7 en début de saison à Montréal –, se sont approchés jusqu’à la ligne de huit et ont tenté le tout pour le tout au troisième essai. Sans succès. Le Rouge et Or n’a ensuite pas raté sa chance.

« Nous n’avions pas le choix, ça ne donnait rien de tenter un placement, a rappelé l’entraîneur-chef Danny Maciocia. Je suis quand même fier de la façon dont nous avons retourné ce match, en trouvant des façons de marquer des points et en nous battant jusqu’au bout. À la fin, il ne nous manquait pas grand-chose.

« Avec les blessures, nous avions plusieurs jeunes sur le terrain. Ce n’est pas facile de jouer au PEPS devant 18 000 spectateurs. Et il faut reconnaître le mérite du Rouge et Or, c’est toute une équipe de football. »

— Danny Maciocia, entraîneur-chef des Carabins

Comme le pointage l’indique, ce sont encore les unités défensives qui ont brillé, et deux joueurs se sont mis en évidence.

Chez le Rouge et Or, l’ailier défensif Mathieu Betts a réussi pas moins de quatre sacs du quart, toujours à des moments importants, devenant ainsi le meilleur à ce chapitre dans le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) avec un total de 35,5 en carrière.

« C’est certainement l’une de mes bonnes performances, comme pour toute notre défense, d’ailleurs », a-t-il avoué, au milieu d’une foule de jeunes partisans qui souhaitaient être photographiés avec lui. « On s’était bien préparés pour ce match, tout le monde avait embarqué et on a réussi à les stopper quand il le fallait, à la fin du temps réglementaire, en prolongation encore. Quant au record, je suis content que ce soit réglé, ça devenait un peu une distraction… »

L’entraîneur-chef Glen Constantin a rendu un vibrant hommage à celui qui devrait passer dans les rangs professionnels la saison prochaine. « Je m’ennuie déjà de lui, a-t-il reconnu devant les journalistes. C’est vraiment l’homme des grandes occasions, des grands moments. Mon meilleur call, je l’ai fait il y a quatre ans [quand Betts a opté pour l’Université Laval] ! »

Dequoy se démarque aussi

Du côté des Carabins, le demi défensif Marc-Antoine Dequoy aurait difficilement pu faire mieux. Il a d’abord récupéré un ballon échappé au centre du terrain avant de courir 54 verges pour aller placer les deux équipes à égalité en fin de troisième quart.

Et quelques instants plus tard, alors que le Rouge et Or venait de réussir un jeu spectaculaire – une passe de 64 verges du quart Hugo Richard à Mathieu Robitaille – et semblait certain de reprendre l’avantage, Dequoy a réussi une interception dans la zone des buts des Carabins.

« On jouait pour le premier rang, pas seulement pour la victoire, a-t-il expliqué. On a pris des risques, on a réussi des jeux et on en a raté aussi ; c’est notre identité et c’est comme ça qu’on va continuer de jouer. Sur mon touché, Redha [Kramdi] a été incroyable en provoquant l’échappé, puis en courant devant pour aller bloquer Richard. Sur l’interception, j’ai vu les yeux du receveur devenir grands comme ça et j’ai pu m’interposer. »

Le Rouge et Or a réussi le seul touché offensif du match, au deuxième quart, sur une passe de 11 verges de Richard à Benoît Gagnon-Brousseau. Les botteurs ont fait le reste et celui des Carabins, Louis-Philippe Simoneau, en a profité pour réussir le placement le plus long de l’histoire de l’équipe, sur une distance de 49 verges.

L’AVANTAGE DU TERRAIN

Les cinq dernières finales provinciales pour la Coupe Dunsmore ont été disputées entre le Rouge et Or et les Carabins, et les visiteurs ont remporté trois d’entre elles. Les Carabins se sont notamment imposés deux fois au PEPS, en 2014 et en 2015. Tous les joueurs du Rouge et Or se réjouissaient pourtant hier d’avoir arraché l’« avantage du terrain ».

« C’est immense pour nous, a assuré Mathieu Betts. On a les meilleurs partisans au Canada, on adore jouer ici et il suffisait de regarder tous les gens dans les gradins [hier] pour comprendre l’avantage que ça représente. Cela dit, la partie n’est jamais gagnée d’avance. [Les Carabins] nous ont déjà battus ici, on les a battus chez eux. Mais si on a le choix, c’est ici qu’on veut jouer nos matchs importants. »

Le quart Hugo Richard, qui a pris part aux quatre dernières finales, a rappelé : « C’était ça qui se jouait entre nous [hier] et c’est une bonne nouvelle d’avoir obtenu cet avantage. La finale de la Coupe Vanier sera disputée à Québec cette année ; ce sera important de s’y rendre, évidemment, et avoir un chemin pour s’y rendre qui passe toujours par Québec sera très avantageux. On a vu le soutien qu’on a eu [hier] et c’est certain que nos partisans viendront encore en grand nombre pour nous appuyer en séries. »

« À mon avis, c’est le meilleur stade pour le football universitaire au pays, a pour sa part estimé l’entraîneur-chef Glen Constantin. Et aucune rivalité n’est plus grande que celle que nous avons avec les Carabins. Rien n’est acquis en séries, le passé le montre, mais nous préférons jouer ici pour remercier nos partisans qui nous soutiennent depuis tant d’années. »

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