Coupe du monde de soccer  Groupe C

De l’espoir derrière les Bleus

Jusqu’au 14 juin, La Presse dresse le portrait de chacun des huit groupes de la Coupe du monde. Aujourd’hui, place au groupe C dans lequel on retrouve trois pays du top 15 mondial, dont la France, qui nourrit des ambitions de victoire le 15 juillet.

France

Le talent individuel est là

Classement FIFA : 7e

Nombre de Participations à la Coupe du monde : 14

L’équipe de France compte une somme d’individualités à faire pâlir d’envie n’importe quel pays et qui obligent Didier Deschamps à faire des choix difficiles. Dans tous les secteurs, les Bleus peuvent compter sur des joueurs issus des plus grands clubs au monde : une défense centrale Varane-Umtiti, un milieu où se côtoient les Kante, Pogba et Matuidi, voire Corentin Tolisso, et enfin une attaque menée par Antoine Griezmann. Les jeunes Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé auront aussi un rôle important à jouer. Même si les qualifications ont parfois abouti à des prestations en deçà des attentes, le casting fait rêver et promet un parcours intéressant. Dans la dernière année et encore lors des derniers matchs amicaux, le sélectionneur Didier Deschamps a plusieurs fois changé de dispositifs tactiques. S’il présente un bon équilibre, le 4-3-3 ne place pas Griezmann dans les meilleures dispositions, lui qui préfère tourner autour d’un autre attaquant. Le 4-4-2 est davantage taillé pour lui, mais fragilise le milieu de terrain. Quoi qu’il en soit, la France, finaliste du dernier Euro, se retrouve dans le lot des favoris pour cette Coupe du monde.

Trois joueurs à suivre

Raphael Varane

Position : défenseur central  /  Âge : 25 ans

Nombre de sélections : 41 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 1

Il évolue pour le Real Madrid depuis 2011, où il est le compagnon de Sergio Ramos en défense centrale. Fort dans l’anticipation, il n’a pas toujours joué le rôle de patron qu’on attend de lui.

Paul Pogba

Position : milieu de terrain  /  Âge : 25 ans

Nombre de sélections : 53 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 1

Décevant lors du dernier Euro, Pogba a aussi peiné à se montrer à la hauteur du prix mirobolant, 160 millions de dollars, déboursé par Manchester United en 2016. Il est encore trop souvent inconstant dans ses performances.

Antoine Griezmann

Position : attaquant  /  Âge : 27 ans

Nombre de sélections : 53 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 1

Dans un 4-4-2 ou dans un 4-3-3, l’attaque française passera beaucoup par les inspirations de Grizemann, meilleur buteur du dernier Euro. Il a connu une très bonne deuxième moitié de saison avec l’Atletico Madrid en gagnant la Ligue Europa.

Le sélectionneur

Didier Deschamps

Il y a une constance dans la carrière d’entraîneur de Deschamps : la chance lors des tirages au sort. Le groupe C n’est pas le plus costaud et ne comporte aucun favori – comme le groupe B par exemple. Sur le plan de la gestion ou de ses choix, il a la réputation d’être un entraîneur trop conservateur, voire prévisible. Capitaine de l’équipe de France championne du monde, il a tout de même été à deux doigts de mener les Bleus à un titre de champion d’Europe il y a deux ans.

En chiffres

0

La France a connu des ratés en qualifications comme l’illustre un 0-0 face au… Luxembourg.

1,5 milliard

Selon le site Transfertmarkt, la valeur marchande des joueurs de la France est la plus élevée parmi les 32 sélections. Elle s’établit à 1,08 milliard d’euros, soit 1,5 milliard CAN.

20

2018 marque le 20e anniversaire du seul sacre français en Coupe du monde.

Australie

Un changement d’entraîneur trop tardif ?

Classement FIFA : 40e

Nombre de Participations à la Coupe du monde : 4

« Quand les adversaires nous sous-estiment, c’est là que nous sommes à notre meilleur. » Ces propos sont de Mark Schwarzer, ancien gardien des Socceroos devenu commentateur, qui comprend fort bien la situation. Face à des rivaux largement mieux classés, bien peu de gens promettent des huitièmes de finale à l’Australie. C’est d’autant plus vrai que les qualifications ont été longues et ardues et que le billet n’a été validé qu’au terme des barrages intercontinentaux. Puis qu’une fois qualifiée, l’Australie a dû trouver un remplaçant à l’entraîneur Ange Postecoglou qui n’avait plus la force et le désir de continuer jusqu’au Mondial. Bert van Marwijk, à la rescousse, n’aura eu que deux camps et quatre matchs pour tenter d’implanter ses idées. Il est notamment revenu à une défense à quatre et a simplifié le jeu australien. Il hérite, par ailleurs, d’une équipe avec une belle profondeur en milieu de terrain avec Aaron Mooy, Massimo Luongo, Tom Rogi et Mile Jedinak. Van Marwijk a cependant pesté contre le manque de solution au poste d’arrière droit.

Trois joueurs à suivre

Mile Jedinak

Position : milieu de terrain  /  Âge : 33 ans

Nombre de sélections : 75 (en date du 5 juin)

Participations à la Coupe du monde : 2

Malgré une vive concurrence en milieu de terrain, l’importance de Jedinak sera majeure en milieu de terrain pour l’Australie. Le capitaine a fait la différence lors du match de barrages face au Honduras.

Aaron Mooy

Position : milieu de terrain  /  Âge : 27 ans

Nombre de sélections : 33 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Mooy a été l’un des artisans du maintien de Huddersfield Town en Premier League. Un bon tournoi, en Russie, ne ferait qu’augmenter la cote du meneur de jeu dans l’éventualité d’un transfert.

Tim Cahill

Position : attaquant  /  Âge : 38 ans

Nombre de sélections : 105 (en date du 5 juin)

Participations à la Coupe du monde : 3

Le bon vieux Cahill est toujours là même si son rôle s’est logiquement réduit. S’il parvient à marquer, il aura fait trembler les filets lors de quatre phases finales différentes.

Le sélectionneur

Bert van Marwijk

Après avoir mené l’Arabie saoudite durant toutes les qualifications, le Néerlandais n’a pas pu s’entendre sur les termes d’un nouveau contrat. Pas grave, le voici avec l’Australie pour une mission dont on sait qu’elle prendra fin après ce Mondial. Van Marwijk, qui avait guidé les Pays-Bas en finale lors du Mondial 2010, est davantage reconnu pour son pragmatisme que pour sa volonté de jouer au ballon. Son prédécesseur, Ange Postecoglou, avait commis quelques impairs, mais était reconnu pour un style offensif.

En chiffres

1

L’Australie n’a dépassé la phase de groupes qu’à une seule reprises : en 2006 lors du mondial allemand.

142

Van Marwijk n’a eu que 142 jours pour préparer son équipe et instiller ses idées. Pas la préparation idéale…

250 000

Selon les calculs de médias australiens, il a fallu 29 mois, 22 matchs et 250 000 km en avion pour valider le billet pour cette Coupe du monde.

Pérou

De retour après 36 ans

Classement FIFA : 11e

Nombre de Participations à la Coupe du monde : 4

Suspendu après un contrôle positif à la cocaïne après un match contre l’Argentine, Paolo Guerrero a finalement été autorisé par le Tribunal arbitral du sport (TAS) à disputer la Coupe du monde. La nouvelle, tombée le 31 mai, permet au Pérou de miser sur son meilleur attaquant et son capitaine. En d’autres termes, le joueur de 34 ans est la grande vedette d’un pays qui veut croire en ses chances de huitièmes de finale. Rien n’est impossible pour le Pérou dont la présence en Coupe du monde, après 36 ans d’absence, tient carrément du miracle. Les Péruviens ne comptaient que quatre points après sept matchs de qualifications au sein d’une confédération particulièrement compétitive. À mi-parcours, ils ont su se trouver une force collective défensive tout en parvenant à exploiter la moindre demi-occasion. Privés de Guerrero, ils ont aussi remporté les barrages intercontinentaux et plusieurs matchs amicaux. L’état d’esprit sera donc bien là. « Je ne sais pas si nous allons gagner le Mondial, je ne sais pas quelle va être notre performance, mais ce que je peux vous dire, c’est que nous serons prêts pour un niveau maximum d’exigence », a assuré le sélectionneur Ricardo Gareca.

Trois joueurs à suivre

Paolo Guerrero

Position : attaquant  /  Âge : 34 ans

Nombre de sélections : 87 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Protestations, manifestations… La saga entourant la présence de Guerrero au Mondial a animé les derniers mois au Pérou. Elle a encore davantage unifié un pays et un groupe qui se considère déjà comme une grande famille. Deux jours après la décision du TAS, Guerrero a inscrit un doublé face à l’Arabie saoudite.

Christian Cueva

Position : milieu de terrain  /  Âge : 26 ans

Nombre de sélections : 43 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Il a connu quelques sautes d’humeur au cours des qualifications et de nombreux problèmes avec son club de São Paulo. Malgré ce passage plus difficile, le joueur de 24 ans ne manque ni de vécu ni de qualités techniques.

Jefferson Farfán

Position : attaquant  /  Âge : 33 ans

Nombre de sélections : 81 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Farfán ne sera pas dépaysé en Russie puisqu’il joue avec le Lokomotiv Moscou, avec qui il a marqué 10 buts cette saison. Cela fait 15 ans qu’il est en sélection péruvienne.

Le sélectionneur

Ricardo Gareca

Ancien international argentin, Gareca a pris la barre du Pérou en 2015 après avoir dirigé une dizaine de clubs à travers l’Amérique du Sud. Une bonne troisième place lors de la Copa America a été suivie par un début de qualifications très pénible. Il est reconnu pour diriger des équipes disciplinées, unies et batailleuses. « Ricardo possède un état d’esprit positif que j’ai vu en peu de gens », a résumé le directeur sportif de la Fédération péruvienne, Juan Carlos Oblitas.

En chiffres

19

Cela fait 19 mois que le Pérou n’a plus perdu en match officiel. Le Brésil est le dernier à l’avoir fait chuter en novembre 2016.

32

Le Pérou a été la dernière  – et 32e équipe – à obtenir son billet pour la Russie grâce aux barrages remportés contre la Nouvelle-Zélande.

47

En 2015, le Pérou pointait au 47e rang du classement FIFA. Le mois dernier, il était plutôt au 11e échelon.

Danemark

Suspendu aux exploits d’Eriksen

Classement FIFA : 12e

Nombre de Participations à la Coupe du monde : 4

Le Danemark, c’est avant tout un homme : Christian Eriksen. Le meneur de Tottenham a été au cœur de la qualification danoise avec huit buts, puis un triplé lors du match retour des barrages face à l’Irlande. En Premier League, il fait partie du top 5 au chapitre des passes décisives (10) et des passes clés par match (2,6). Malheureusement pour lui, le Danemark n’a pas le talent offensif des Spurs. En pointe, Nicolai Jorgensen a connu une baisse de régime avec le Feyenoord Rotterdan. Par contre, il sera intéressant de suivre les jeunes joueurs de couloir, Yussuf Poulsen et Pione Sisto. Il y a donc de la technique chez ses Danois même si l’aspect physique est encore fort présent. Le Danemark retrouve une phase finale après avoir raté la Coupe du monde 2014 et l’Euro 2016. Il n’a pas dépassé la phase de groupes d’une grande compétition depuis l’été 2004. Dans le groupe C, l’occasion est belle de mettre un terme à cette séquence. Le premier match de groupe, contre le Pérou, donnera le ton à un possible bon parcours danois.

Trois joueurs à suivre

Simon Kjaer

Position : défenseur central  /  Âge : 29 ans

Nombre de sélections : 77 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 1

À 29 ans, le costaud Kjaer a déjà fait un tour d’Europe en ayant déjà joué en Italie, en Allemagne, en France, en Turquie et en Espagne. Il excelle dans la relance.

Christian Eriksen

Position : milieu de terrain  /  Âge : 26 ans

Nombre de sélections : 77 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Il a suivi une progression linéaire avec une formation au Danemark, puis des débuts professionnels avec l’Ajax Amsterdam. Il a pris une autre dimension à Tottenham et pourrait maintenant partir vers d’autres cieux (le FC Barcelone ?).

Pione Sisto

Position : ailier  /  Âge : 23 ans

Nombre de sélections : 13 (en date du 5 juin)

Participation à la Coupe du monde : 0

Le meilleur est à venir dans le cas du joueur du Celta Vigo, dont la clause libératoire s’établit à 60 millions de dollars. La Coupe du monde promet d’être une formidable vitrine pour l’ailier gauche.

Le sélectionneur

Age Hareide

Hareide, âgé de 64 ans, a dirigé quelques-uns des plus grands clubs scandinaves : Molde, Helsingborgs, Brondby et Malmö. Le Danemark constitue sa deuxième expérience, en sélection, après la Norvège (2003-2008). Sous sa gouverne, le Danemark a alterné le bon et le moins bon.

En chiffres

2

Vingt ans après son père Peter, également gardien, Kasper Schmeichel disputera une Coupe du monde.

23

Seul Cristiano Ronaldo (31) a cadré plus de frappes qu’Eriksen (23) au cours des qualifications.

34

Le Danemark a gagné 34 places au classement FIFA en l’espace de deux ans. Ce classement est imparfait, mais il témoigne du renouveau danois.

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