Bande dessinée

Ce que La Presse en pense

Quelques titres qui ont capté l’attention de nos journalistes cet été

Quand je serai mort 

Réal Godbout et Laurent Chabin 

La Pastèque

78 pages

Trois étoiles et demie

Un suspense illustré par Réal Godbout

Le père de Michel Risque et de Red Ketchup, Réal Godbout, illustre magnifiquement cette intrigue imaginée par le scénariste Laurent Chabin. L’histoire campée à Montréal débute par la libération de Léon Obmanchik, qui vient de purger une peine de 10 ans de prison pour un crime qu’il n’a apparemment pas commis. Errant dans les rues de Saint-Henri, il est d’abord pris en charge par Anita, travailleuse sociale et écrivaine rencontrée dans un atelier d’écriture (qu’elle donnait jadis aux détenus). Mais Obman lui échappe, partant à la recherche de son ex-amoureuse, Suzie Lortie, et du fils qu’il aurait eu avec elle. Anita elle-même mène sa petite enquête en parallèle. On entre ainsi dans la vie tumultueuse de cette ex-danseuse nue liée à des groupes criminels. Petit à petit, l’histoire du meurtre commis 10 ans plus tôt s’éclaircit, tout comme les circonstances entourant la disparition d’Obman. Une excellente histoire où l’on retrouve avec plaisir les dessins vivants et précis de Godbout, héritier incontestable de la ligne claire d’Hergé, mais dans un style tellement plus libre, on dirait presque à main levée. Un album avec une très belle personnalité.

— Jean Siag, La Presse

No War

Anthony Pastor

Casterman

130 pages

Trois étoiles et demie

Chaos au Vulkland

Rien ne va plus dans l’archipel (fictif) du Vulkland. L’élection controversée d’un président populiste sème la grogne, en particulier chez les jeunes, qui descendent dans la rue. Un projet de barrage sur les terres sacrées de la population kivik n’arrange rien. Le pays est au bord de la guerre civile. Au centre de cette saga d’anticipation, efficace et captivante comme un bon thriller : Run, un jeune homme déchiré entre l’héritage de son père, responsable de la construction du barrage, et celui de sa mère kivik. Déjà encensé à Angoulême pour son polar dessiné Castilla Drive, Anthony Pastor prouve ici tout son talent de raconteur, mais aussi de dessinateur. Son trait, bien appuyé, est empreint d’une énergie étonnante. Certains ont comparé son style à celui d’Hugo Pratt, non sans raison. Deux tomes de No War sont déjà parus au Québec, le troisième est attendu (avec impatience !) pour la mi-septembre.

— Stéphanie Morin, La Presse

Blake et Mortimer : Le dernier pharaon

Schuiten, Van Dormael, Gunzig, Durieux

Blake et Mortimer

91 pages

Trois étoiles et demie

Un Blake et Mortimer hors série

Les fans de la célèbre série créée par E.P. Jacobs se réjouiront d’apprendre qu’une équipe de choc menée par le talentueux bédéiste belge François Schuiten (Les cités obscures) a imaginé une histoire qui s’inscrit dans la continuité du Mystère de la Grande Pyramide. L’album hors série inspiré des notes de Jacobs a mis quatre ans à voir le jour. Un puissant champ magnétique émane du palais de justice de Bruxelles, provoquant des aurores boréales, des pannes de courant et des hallucinations chez ceux qui y sont exposés. Le professeur Mortimer fait d’ailleurs des cauchemars récurrents où des personnages de la mythologie égyptienne lui apparaissent. Ces radiations étranges entraînent la fermeture du bâtiment et, petit à petit, Bruxelles devient une ville fantôme… Au moment où l’armée veut lancer des missiles, Mortimer tentera de percer le mystère des radiations et, bien sûr, de sauver le monde ! Une aventure menée de main de maître.

— Jean Siag, La Presse

Zaroff 

Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes 

Le Lombard, 88 pages 

Deux étoiles et demie

Quand le chasseur devient gibier

Aristocrate cruel et impitoyable, le général Zaroff est un grand amateur de chasse… à l’homme. Avec ses molosses et ses sbires, il traque jusqu’à la mort les proies que le brouillard jette sur son île privée. Quand il découvre sur le pas de son château fort des valises contenant un film, il comprend que les règles ont changé. Cette fois, c’est lui qui devra jouer le rôle de gibier. Dans ce scénario palpitant – et sanglant –, les psychopathes, tueurs et autres truands sont aussi nombreux et sanguinaires dans les deux clans. Au dessin, le Québécois François Miville-Deschênes met à profit son style précis et détaillé pour créer une ambiance hostile, qui sied comme un gant à cet album sombre. Jusqu’à donner froid dans le dos…

— Stéphanie Morin, La Presse

On a aussi lu…

Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 13 ans

Esther a 13 ans. Depuis l’âge de 10 ans, elle livre ses réflexions et ses aventures au bédéiste Riad Sattouf. Une planche par semaine, 52 planches (donc un album) par année jusqu’à ce qu’Esther atteigne la majorité : c’est la mission que Sattouf s’est donnée. Le plus récent opus est craquant, à l’image de la série en entier.

— Stéphanie Morin, La Presse

La cantine de minuit, tome 5

Quel délice que cette série campée dans une gargote du quartier tokyoïte de Shinjuku, où chaque histoire se décline à partir d’un aliment ou d’un mets japonais : kinibagos frits, edamames, nouilles udon sautées… À savoir : un livre de cuisine tiré de ces mangas gourmands vient aussi d’être publié. Itadakimasu

— Stéphanie Morin, La Presse

Cigarettes, le dossier sans filtre

Une bédé pamphlétaire fort bien ficelée où les auteurs démontrent, grâce à des faits vérifiés et vérifiables, à quel point la cigarette est un fléau pour la santé, mais aussi pour la planète. Pourquoi tolérons-nous encore ce produit qui tue la plupart du temps ? La réponse (et bien d’autres) se trouve ici, sous une bonne couche d’humour noir (comme le goudron…). À lire sans modération. — Stéphanie Morin, La Presse

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