Restaurants

Casser la croûte entre deux cadeaux 

Même si l’internet nous permet de faire de plus en plus d’achats des Fêtes à partir de notre salon, même si le zeitgeist nous encourage à diminuer la surconsommation traditionnelle de cette portion du calendrier, même si on se dit chaque année qu’on va tout faire graduellement, on finit tôt ou tard par avoir au moins une, sinon deux journées intenses de grand magasinage de dernière minute.

Chez moi, ces pensées évoquent la chaleur du manteau et des bottes d’hiver que l’on traîne dans les centres commerciaux, la patience qui s’étiole dans les queues à la caisse, la faim qui nous tiraille alors qu’on a encore au moins trois cadeaux à trouver…

Récemment, je me suis retrouvée au Centropolis, à Laval, au café de Ricardo, ouvert depuis un an maintenant, et la première chose qui m’est venue à l’esprit en m’assoyant à table, c’est que ce serait une bonne destination pour couper en deux et respirer un peu ou clore une journée d’intense shopping dans les magasins des alentours. Surtout qu’il y a, en plus, une boutique adjacente pour faire ledit magasinage. Et que c’est meilleur qu’un morceau de pizza sur une table sale, dans une aire de restauration rapide. Ou que le saumon trop cuit de la cafétéria d’IKEA.

Les bonnes adresses sont parfois rares au cœur des zones commerciales, ne pensez-vous pas ?

Voici donc quelques idées…

Café Ricardo

À Laval, au Centropolis, le Café Ricardo. Même si le chili végétarien (16,95 $) m’a un peu déçue – beaucoup de légumes, certes, mais un plat trop uniforme dans ses saveurs, sans suffisamment de ponctuation –, j’ai adoré le chou-fleur rôti (7,95 $) avec une vinaigrette à l’ail confit, des raisins frais, des amandes et du fromage Bleu d’Élizabeth, une composition légère, mais savoureuse, avec du chou-fleur juste al dente, du croquant, du doux, de l’onctueux, un peu d’acidité. Et les gâteaux du Café Ricardo sont spectaculaires. La vitrine où ils sont montrés, à l’entrée, ressemble à une image de livre pour enfants. Il faut essayer le gâteau à la citrouille et aux épices (7,25 $), avec une couche de croustillant praliné aux graines de citrouille ! Une riche trouvaille qui évoque étonnamment un peu la pistache par sa doucement grasse subtilité. On accompagne le tout de notes d’argousier et d’une chantilly au mélilot – plante sauvage du Québec qui a un goût de vanille. À noter, il y a aussi un Café Ricardo à Saint-Lambert et un autre, tout nouveau, à Québec, aux Galeries de la Capitale.

150, promenade du Centropolis, Laval

Vasco da Gamma

Au centre-ville : les années passent et bien de nouvelles adresses sympathiques arrivent en ville. Je pense notamment au Foodchain, qui propose une réelle nouvelle forme de restauration rapide naturelle, savoureuse qui, espérons-le, fera école. Mais certaines adresses établies demeurent des classiques. Je pense à la Brasserie T, bien sûr, sur la place des Festivals, mais aussi au Vasco da Gama, le petit frère du Ferreira Café, rue Peel. On est ici au cœur de la zone commerciale, entre les boutiques de la rue Sainte-Catherine Ouest et celles du Cours Mont-Royal, et on peut y arriver avec ses sacs pleins pour manger un burger de thon (16,75 $) ou un riche sandwich de canard aux figues (13,50 $), qui est clairement sur ma liste des meilleurs sandwichs à Montréal. On prend un bon petit verre de vin portugais ou pas, on termine avec un pastel de nata ou pas. Manger rapidement peut se faire tout en célébrant les saveurs et la qualité. Pour ceux qui aiment bien le poulet grillé à la portugaise, les gens du Ferreira ont aussi une autre adresse conviviale, parfaite pour une pause du midi ou de fin de journée, le Campo, sur De Maisonneuve.

1472, rue Peel, Montréal

Le Saint-Laurent Café

Je sais, je sais, on n’est pas ici au cœur d’une zone commerciale de magasinage, à deux pas du Winners ou d’Urban Outfitters, mais si j’avais à faire mes courses de Noël sur la Rive-Sud, c’est là que je finirais par aller me déposer pour reprendre mon souffle. Bien sûr, en plein centre du DIX30, il y a Mandy’s qui propose de super salades ou encore le comptoir restauration du supermarché Avril. Mais pour un repas en marge de la frénésie commerciale, le Saint-Laurent Café-Boutique demeure mon coup de cœur. Pour la balade au cœur du vieux village de Boucherville avec ses maisons ancestrales – dont celle où est installé le café –, pour les grilled-cheese créatifs (entre 5 $ et 9 $), pour les bons ingrédients des soupes et salades, pour l’atmosphère conviviale, pour la déco super milléniale… 

578, rue Saint-Charles, Boucherville

Maison Christian Faure

Les options pour une pause dans le Vieux-Montréal – destination de magasinage, mais aussi de visites d’églises avec leurs crèches, musées, installations de Noël, etc. – sont nombreuses. Vous le savez, j’adore Olive + Gourmando, ainsi que son nouveau petit frère, le bistrot Un po’ di più, angle Saint-Laurent et de la Commune, qui a l’immense qualité d’être non pas juste délicieux, mais beaucoup moins follement achalandé que l’O+G de la rue Saint-Paul Ouest. Il y a cependant dans le Vieux-Montréal la maison mère d’une des meilleures petites chaînes de pâtisseries classiques françaises à Montréal, la Maison Christian Faure. Faure est un « meilleur ouvrier de France » – une reconnaissance importante en cuisine dans l’Hexagone – et s’est installé ici il y a maintenant quelques années pour y préparer ses Paris-Brest, croissants et compagnie, et pour montrer aux autres comment les faire, avec une école. Il existe maintenant quelques succursales de la Maison, mais le premier établissement où tout a commencé est situé place Royale, près du Vieux-Port. On y trouve un comptoir pour acheter ces créations sucrées, mais aussi un café de « snacking chic » où l’on peut manger des pâtisseries, mais aussi des plats salés comme une salade niçoise (16 $), un pâté en croûte (18 $) ou une quiche (13 $). Pour le dessert, je vous laisse rêver. Éclairs, millefeuilles… 

355, place Royale, Montréal

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