Entreprises

Au tour de Starbucks de cesser la publicité sur les réseaux sociaux

Starbucks a annoncé dimanche faire « une pause » dans ses publicités sur tous les réseaux sociaux aux États-Unis pour montrer son « opposition aux discours de haine » qui s’y répandent, rejoignant ainsi dans sa démarche d’autres marques connues. « Nous pensons qu’il faut faire plus pour créer des communautés accueillantes et inclusives en ligne, et nous pensons que les entrepreneurs comme les responsables politiques doivent se retrouver », écrit la chaîne de cafés. « Nous allons faire une pause de la publicité sur toutes les plateformes de réseaux sociaux pendant que nous continuons nos discussions en interne, avec nos partenaires des médias et les organisations de droits civiques, pour mettre fin aux discours de haine », ajoute encore Starbucks. Cette annonce est dans la même veine que la prise de position du géant de l’agroalimentaire et des cosmétiques Unilever et de Coca-Cola, qui ont annoncé une pause similaire vendredi. — Agence France-Presse

Commerce

Le spectre des tarifs plane déjà au-dessus de l’ACEUM

Si l’entrée en vigueur du nouvel accord commercial conclu par le Canada, les États-Unis et le Mexique est censée annoncer une nouvelle aube dans les relations nord-américaines, Robert Lighthizer a une drôle de façon de le démontrer.

L’ACEUM entrera en vigueur mercredi. L’ambassadeur des États-Unis au commerce a cru bon de rappeler à une commission du Congrès que la Maison-Blanche ferait appliquer l’entente avec une poigne de fer.

L’encre est à peine séchée que la perspective d’un recours à l’article 232 pour imposer des tarifs punitifs à l’acier et à l’aluminium canadiens, qui avait failli faire dérailler les négociations, a refait surface.

« On pourrait penser que [l’ACEUM] aurait inauguré une nouvelle ère, mais à certains égards, on se retrouve dans une situation qui perdure », dit le consultant Eric Miller, président du Rideau Potomac Strategy Group, établi à Washington. Comparaissant devant le comité sénatorial des finances, M. Lighthizer a promis de prendre « les mesures nécessaires » pour garantir le respect des dispositions de l’accord concernant les petites entreprises. Il a menacé de poursuites judiciaires le secteur laitier canadien, qui doit abandonner 3,59 % de son marché intérieur et restreindre les exportations de produits importants comme le lait écrémé en poudre et les préparations pour nourrissons.

« Il existe un certain nombre de façons dont [les Canadiens] pourraient mettre en œuvre leurs programmes qui nous seraient moins profitables que d’autres. S’il y a une ombre aux avantages pour les agriculteurs américains, nous allons porter plainte contre eux. »

— Robert Lighthizer

Malgré les discussions difficiles et la menace des tarifs, qui plane toujours, la prévisibilité et la stabilité à long terme qu’apportera l’ACEUM l’emportent sur les désaccords qui se produiront au début, estime un avocat spécialisé dans le commerce international, Nick Guzman, de Chicago.

« Les gouvernements des trois pays ont profité de la réécriture de l’ACEUM pour moderniser l’accord et incorporer des gains d’efficacité qui rendront le commerce trilatéral beaucoup plus efficace », soutient-il.

Mis à part la place plus grande aux produits laitiers américains dans leurs épiceries et des frais de port légèrement plus élevés pour le transport transfrontalier, le Canadien moyen ne verra probablement pas de changements spectaculaires immédiats, ajoute MGuzman.

Hausse du prix des véhicules ?

Le prix des automobiles et des camions pourrait aussi augmenter, étant donné le bouleversement probable que provoqueront de nouvelles règles d’origine et les dispositions concernant le travail.

« On verra certainement de grandes décisions prises par les constructeurs automobiles sur l’emplacement de leurs installations de production, sur les volumes de production de ces installations et des choses comme ça. Beaucoup de changements dans le secteur automobile seront assez importants et assez draconiens », prédit l’avocat de Chicago.

Les Canadiens qui reçoivent des petits colis des États-Unis paieront plus pour les articles d’une valeur supérieure à 20 $. Quant aux services de livraison, ils auront droit à une exemption de 150 $.

« Pour un magasin de commerce électronique dont les produits sont à 80 $, c’est un gros problème », indique Graham Robins, président et chef de la direction d'A & A Brokers, établi en Colombie-Britannique.

Si M. Lighthizer ressuscite le spectre des tarifs en raison des récentes « poussées » des exportations d’acier et d’aluminium, « substantiellement du Canada », contrairement à l’accord, il a perdu des alliés.

Dans une lettre à M. Lighthizer, l’Aluminium Association – un consortium de 16 producteurs de produits finis en aluminium établis aux États-Unis – a rompu les rangs avec ceux qui exigeaient de nouvelles sanctions et exhorte l’ambassadeur au commerce à reconsidérer toute décision en ce sens.

« La chaîne d’approvisionnement nord-américaine intégrée a été un élément crucial de la capacité de l’industrie américaine de l’aluminium à investir et à croître au cours des dernières décennies, écrivent-ils. Même à plein rendement, les alumineries américaines ne peuvent répondre qu’à environ un tiers de la demande de ce matériel vital. L’industrie de l’aluminium n’a d’autre choix que d’importer une quantité importante d’aluminium primaire pour répondre à la demande. La seule question est d’où. »

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