Transports

Une entreprise québécoise veut relancer Téo Taxi

Un nouveau parc de taxis électriques pourrait bien apparaître dans les rues de Montréal au cours des prochains mois.

Au dernier jour du nouvel appel d’offres pour racheter les actifs de Taxelco, société mère de Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, l’entreprise québécoise E-Taxi a déposé une offre au syndic Richter.

La société souhaite ni plus ni moins relancer Téo Taxi avec un modèle d’affaires qu’elle estime « plus profitable et plus efficient ».

E-Taxi a été fondée en 2017 par le duo père-fils composé de Yung et Fabien Cuong. Le premier travaille depuis plusieurs années dans l’industrie du transport, fournissant notamment des services dans le réseau de la santé.

Surtout, E-Taxi est l’unique concessionnaire canadien du fabricant de véhicules électriques chinois BYD, qui a récemment obtenu le feu vert de Transports Canada pour être distribué au pays. Son plan d’affaires prévoit que les chauffeurs de taxi prennent le volant du modèle e6 commercialisé par BYD. « Conçue pour le taxi », selon Fabien Cuong, cette voiture est censée offrir une autonomie de 400 km, même l’hiver.

« L’une des grosses lacunes de Téo, c’étaient les véhicules utilisés », a-t-il affirmé hier soir, en entrevue avec La Presse en compagnie de son père.

« Garantie d’ouvrage »

Plutôt que de conserver le modèle employeur-salarié préconisé par Téo, E-Taxi veut proposer un modèle de « travailleur autonome avec une garantie d’ouvrage », a expliqué Fabien Cuong.

« Téo ne pouvait pas fonctionner en payant 15 $ l’heure à ses chauffeurs même en dehors des heures de pointe », a renchéri Yung Cuong.

L’entreprise souhaite toutefois « garantir » du travail à ses chauffeurs en créant des partenariats avec des « donneurs d’ouvrage », comme le Casino ou l’aéroport, par exemple, où la demande est élevée.

En outre, selon la vision des Cuong, les chauffeurs seraient propriétaires de leur véhicule, comme dans le modèle traditionnel de l’industrie du taxi. La société leur fournirait toutefois une solution « clés en main », en partenariat avec une institution financière. Ce faisant, en échange d’une somme mensuelle fixe, un chauffeur obtiendrait un véhicule électrique, une borne de recharge à la maison, des assurances ainsi qu’un téléphone intelligent – les demandes de courses seraient transmises par l’entremise d’une application.

Les chauffeurs demeureraient par ailleurs propriétaires de leur permis.

Des économies ?

Les cofondateurs d’E-Taxi avancent que leur modèle ferait économiser « de 7000 à 10 000 $ par année » aux chauffeurs qui travaillent actuellement dans l’industrie avec des voitures à essence. Nous n’avons toutefois pu contre-vérifier ce calcul hier soir.

En achetant Taxelco, E-Taxi démarrerait donc un « Téo 2 », mais garderait en activité Hochelaga et Diamond, dont les chauffeurs pourraient conserver leur véhicule à essence, mais seraient fortement incités à adopter un modèle électrique au moment de renouveler leur voiture.

Yung et Fabien Cuong affirment que c’est le dépôt du projet de loi 17 sur la déréglementation de l’industrie du taxi qui les a incités à déposer une offre pour Taxelco, par « solidarité » avec les chauffeurs actuels.

Logements sociaux

Montréal reporte son règlement en juin

D’abord prévu pour le 15 avril, le controversé règlement sur l’offre de logement social ne sera finalement déposé qu’en juin, a annoncé la Ville de Montréal aux membres de la table des partenaires en habitation mercredi.

L’information sur le projet de règlement apparaissant sur le site web de la Ville a été mise à jour hier.

Le règlement visera à obliger tous les promoteurs de projets résidentiels à inclure 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements familiaux. Les logements familiaux peuvent faire partie des logements sociaux et abordables.

Le règlement viendra renforcer la Stratégie d’inclusion de logements abordables qui existe depuis 2005 et qui a permis de construire 6750 logements sociaux et communautaires tout en percevant 16 millions de dollars auprès des promoteurs. La stratégie s’applique seulement aux projets qui nécessitent un changement de zonage majeur, contrairement au règlement qui viserait tous les projets.

Des consultations publiques sont prévues à l’automne 2019 par l’Office de consultation publique de Montréal. La date d’adoption du règlement est maintenant prévue en décembre 2019 ou au début 2020. C’était auparavant en novembre.

Des logements 16 % plus chers

En mars, une étude du Groupe Altus a calculé que le prix des logements neufs grimperait de 16 % si le règlement sur l’inclusion de logements sociaux était appliqué selon les critères connus à l’époque.

Même si un report de deux mois paraît peu, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) s’en est réjouie hier. « C’est une sage décision. Bravo. Le règlement est un projet ambitieux, malgré les efforts de tous, il faut plus de temps pour bien faire les choses », dit François Bernier, vice-président principal, Affaires publiques de l’APCHQ.

« Ce qui était confrontant, c’était l’échéance du 15 avril, poursuit-il. Il y a encore du travail à faire. Tout le monde va dire : on peut améliorer les choses avec un peu plus de temps et maintenant, on s’en accorde. Tant mieux. »

L’Institut de développement urbain, qui représente les promoteurs, tient notamment à ce que la Ville dédommage les promoteurs de projets de plein droit assujettis au règlement en leur accordant, par exemple, un zonage plus permissif.

« L’abordabilité pour certains ne doit pas entraîner l’inabordabilité pour d’autres, écrit l’APCHQ dans un avis envoyé par courriel. L’APCHQ demande depuis longtemps une politique québécoise de l’habitation pour donner des orientations, cibler les actions prioritaires et coordonner celles-ci. Cette politique pourrait certainement inclure un chantier sur la création de logements abordables, sociaux et familiaux. »

Médias

Transcontinental défend la vente d’actifs atlantiques

TC Transcontinental a défendu hier sa gestion de la vente de ses actifs médiatiques de la côte Est à SaltWire Network, et a indiqué envisager d’entamer une action en justice contre la plus grande entreprise de médias des provinces atlantiques.

Transcontinental a affirmé que la vente de ses actifs à SaltWire, en 2017, avait été faite « sur la base d’une information juste, exacte et fournie au moment opportun ».

SaltWire, qui possède 35 journaux dans les provinces atlantiques, a intenté une action en justice accusant Transcontinental d’avoir exagéré ses activités d’impression et de distribution et d’avoir mal représenté les revenus des actifs acquis.

La poursuite intentée mercredi devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse accuse Transcontinental d’avoir largement surestimé ses revenus, d’avoir caché des faits importants sur l’état des actifs et de ne pas avoir révélé un certain nombre de pratiques commerciales douteuses.

« honorable »

Cependant, Transcontinental a souligné hier qu’elle était une organisation « honorable », « reconnue pour son intégrité et pour l’exploitation de ses activités conformément aux normes éthiques et aux pratiques d’affaires les plus rigoureuses ».

La société montréalaise a ajouté qu’elle envisageait de lancer une action reconventionnelle contre SaltWire, qu’elle accuse d’avoir « manqué à ses obligations de paiement » et de se trouver en situation de rupture de contrat.

Le chef de la direction de SaltWire, Ian Scott, a affirmé hier que sa société avait « dans tous les cas adhéré au contrat d’achat conclu avec Transcontinental ».

Il a ajouté que la société avait échoué dans ses tentatives pour parvenir à un règlement avec Transcontinental qui aurait évité les tribunaux.

SaltWire demande à être indemnisée pour des dommages généraux et spéciaux, ainsi que pour des dommages-intérêts alourdis et punitifs, des intérêts et des frais.

Actions à droit de vote multiple

Bombardier refuse de modifier sa structure

Bombardier n’a pas l’intention de modifier sa structure d’actionnariat en dépit de l’appui des deux principales agences de conseil aux actionnaires à une proposition visant à abolir les actions à droit de vote multiple.

Glass Lewis et Institutional Shareholder Services (ISS) appuient la démarche du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), qui estime que le temps est venu de mettre fin à la structure permettant à la famille Beaudoin-Bombardier de contrôler le constructeur d’avions et de trains.

« Bombardier est satisfaite avec la structure actuelle, qui sert bien l’intérêt à long terme de la compagnie », a indiqué hier son porte-parole, Olivier Marcil, en réaction à ces deux rapports distincts récemment publiés.

Si ISS et Glass Lewis sont en faveur de l’élimination des actions à droit de vote multiple, elles recommandent toutefois de voter en faveur de l’élection de tous les administrateurs proposés ainsi que de la politique de rémunération – ce qui n’a pas toujours été le cas au cours des dernières années.

D’après les firmes, la structure en vigueur chez Bombardier ne favorise généralement pas l’intérêt des actionnaires ordinaires.

« Nous estimons qu’autoriser une voix par action constitue généralement une garantie pour les actionnaires ordinaires puisque ceux qui détiennent une minorité significative d’actions sont en mesure d’intervenir sur les questions soulevées par le conseil, notamment quant au processus d’élection des administrateurs », explique Glass Lewis.

La famille Beaudoin-Bombardier contrôle 50,9 % des droits de vote alors qu’elle ne détient que 12,2 % du total des titres en circulation.

Cette dernière a parfois été la cible de critiques – notamment lorsqu’elle a bénéficié d’appuis des gouvernements alors que Bombardier traversait des turbulences financières – en raison du contrôle qu’elle exerce grâce à ses actions de catégorie A, porteuses de 10 droits de vote chacune.

Refus certain

Ainsi, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires du 2 mai, Bombardier pourra opposer une fin de non-recevoir à la démarche du MEDAC, qui ne s’en formalise toutefois pas.

« Ce qu’on dit, c’est que le seul moyen à la disposition des actionnaires pour discuter de ce type de sujet, c’est le mécanisme des propositions d’actionnaires, a expliqué son coordonnateur, Willie Gagnon. Et l’endroit où cela doit se dérouler, c’est à l’assemblée. »

Dans sa proposition, le MEDAC justifiait sa proposition par le « peu de considération des actionnaires de contrôle pour l’intérêt des parties intéressées » ainsi qu’un « démantèlement progressif de la société au fil des ans ».

Pour sa part, Bombardier réplique en affirmant que les actions à droit de vote multiple sont en place depuis 1980 et que les investisseurs qui choisissent d’investir dans Bombardier en sont « pleinement conscients ».

« La structure […] protège la direction des pressions trimestrielles exercées par les analystes et les investisseurs à court terme et lui permet de se concentrer sur le succès et la rentabilité à long terme de la société, ce qui lui donne, par le fait même, la latitude requise pour prendre des décisions de création d’emplois et d’investissement à long terme », réplique l’entreprise.

Au Québec, d’autres fleurons comme Alimentation Couche-Tard, CGI et Québecor disposent d’une telle structure d’actionnariat. Ce régime devrait toutefois prendre fin chez l’exploitant de dépanneurs et de stations-service en 2021 en vertu d’une clause de limitation dans le temps (« crépusculaire ») signée en 1995.

Enquête sur SNC-Lavalin

L’AMF nie avoir fermé les yeux

L’Autorité des marchés financiers (AMF) s’est défendue hier des allégations selon lesquelles elle aurait « fermé les yeux » dans le cadre d’une enquête sur SNC-Lavalin qui ne s’est pas traduite par des accusations.

Selon le gendarme boursier, le projet Faucon a été mené avec « diligence » dès le départ en 2012, et ce, jusqu’à sa fermeture en 2015, et que ses conclusions sont « solides », « justifiées » et « documentées ».

« Ainsi, les allégations voulant que cette enquête ait fait l’objet de complaisance ou encore que l’Autorité ait fermé les yeux sur SNC-Lavalin sont non fondées », a fait valoir l’organisme, par voie de communiqué.

Selon le Journal de Montréal, qui affirme avoir recueilli le témoignage d’ex-employés de l’AMF, l’enquête n’aurait pas été tout à fait menée dans les règles de l’art.

Le projet Faucon s’intéressait entre autres aux documents financiers de la société établie à Montréal et à des transactions faites par certains cadres, dont Michael Novak – conjoint de l’ex-ministre de la Justice et députée libérale Kathleen Weil.

« Toute insinuation voulant que des considérations politiques aient pu intervenir dans le déroulement de cette enquête est totalement fausse. »

— L’Autorité des marchés financiers

À l’Assemblée nationale, hier, le premier ministre François Legault a dit que son gouvernement allait « demander des réponses » dans cette affaire.

« Pour l’AMF, il y a une régie administrative et la présidente a la responsabilité de s’assurer, quand il y a des doutes, de vérifier si tout a été fait dans les règles de l’art, a-t-il dit en mêlée de presse. On va commencer par avoir des réponses. »

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, s’est également montré préoccupé. Sans réclamer une enquête sur l’AMF ou évoquer toute forme d’ingérence politique, il a estimé que le gendarme boursier se devait de bien faire son travail.

Au Parti québécois, le chef intérimaire Pascal Bérubé s’est également inquiété des allégations, invitant l’Autorité à s’expliquer.

rectificatif

Prix de l’Association des femmes en finance du Québec

Dans notre portfolio sur Femmes en finance publié hier, il y avait une omission dans la liste des prix de l’Association des femmes en finance du Québec, qui seront remis au gala annuel, le 18 avril. Le prix Initiative pour l’avancement des femmes en finance est remis au Programme – BMO pour Elles, de BMO Groupe financier. Nos excuses.

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