La fête continue !

L’équipe Deceuninck remporte la quatrième étape et conserve le maillot jaune

Nancy — La fête continue pour l’équipe Deceuninck : son sprinteur italien Elia Viviani a gagné la quatrième étape, hier à Nancy, tandis que le Français Julian Alaphilippe a conservé le maillot jaune du Tour de France.

Pour Viviani, qui n’avait encore jamais gagné dans le Tour, c’est une première. Le champion olympique sur piste à Rio, dans l’omnium, a enlevé le sprint massif qui a conclu cette journée ensoleillée, entre Champagne et Lorraine, sur 213,5 km.

Viviani a remonté dans les derniers mètres le Norvégien Alexander Kristoff, le plus prompt à produire son effort. L’Australien Caleb Ewan a pris la troisième place, devant le Slovaque Peter Sagan et le Néerlandais Dylan Groenewegen.

Si l’Italien s’était déjà imposé dans le Giro et la Vuelta, il n’avait pu réussir dans le Tour lors de sa première expérience, en 2014. Il était alors au service de Sagan. Cinq ans plus tard, il a acquis un autre statut, malgré ses déconvenues à répétition dans le dernier Giro.

Annoncé en partance pour l’équipe Cofidis l’année prochaine – il s’est refusé à confirmer –, Viviani a conclu un travail collectif. Même Alaphilippe, pour sa première journée en jaune, a apporté son écot. Le Français a pris la tête du peloton sous la flamme rouge du dernier kilomètre avant de laisser le Danois Michael Morkov et l’Argentin Maximiliano Richeze lancer Viviani.

La belle journée d’Alaphilippe

« Cette victoire sur le Tour me manquait. C’était mon objectif de la saison. Je voulais gagner la première étape mais, quand on revient sur le Tour, ce n’est pas facile », a réagi Viviani, le premier coureur italien à gagner une étape depuis deux ans.

Après avoir félicité chaleureusement son coéquipier, Alaphilippe a affiché sa joie : « C’est un début de Tour exceptionnel. Elia était motivé pour le sprint, on a contrôlé. J’ai passé une des plus belles journées de ma carrière avec les encouragements du public, le maillot jaune sur les épaules et la victoire d’Elia pour finir. »

Cette étape de transition pour relier la Champagne à la Lorraine, sous un beau soleil, a mis en valeur trois coureurs : le Français Yoann Offredo, le Belge Frederik Backaert et le Suisse Michael Schär, partis après le départ. Schär, le plus costaud, a été repris dans la dernière côte, à 16 km de l’arrivée.

Dans le sprint, Viviani, chronométré à 67,3 km/h, n’a pas été le plus rapide. Ewan a été flashé à 70,2 km/h mais, comme à Bruxelles samedi, l’Australien n’a pas trouvé l’ouverture.

La mise au point de Lefevere

« Elia avait un train très fort pour son sprint », a souligné Sagan.

« Nous avons misé beaucoup sur le train de Viviani dans ce Tour et c’est beau d’en récolter déjà les fruits », a confirmé le patron de l’équipe Deceuninck, Patrick Lefevere.

Interrogé sur l’avenir de l’Italien dans son équipe, après le départ ces dernières années d’autres grands spécialistes – Mark Cavendish, Marcel Kittel, Fernando Gaviria – qui ont connu des fortunes diverses par la suite, Lefevere a mis les choses au point.

« Tout le monde dit que Viviani va partir. Moi, je compte sur lui jusqu’à la fin de décembre. J’ai demandé à tous mes coureurs de rouler comme s’ils avaient encore cinq ans de contrat. Ce sont des professionnels et ils doivent se comporter comme tels. »

Pour les sprinteurs, le prochain rendez-vous est programmé vendredi à Chalons-sur-Saône. Kristoff, le vainqueur des Champs-Élysées l’an passé, aura alors une nouvelle occasion de scorer. « Tout était réuni pour que je gagne, mais Viviani a été juste un peu plus rapide sur la fin. Je suis un peu déçu, mais tout de même fier », a réagi le Norvégien.

La cinquième étape a été dessinée pour les baroudeurs et les puncheurs. Mais différents scénarios sont possibles : une arrivée en solitaire, un sprint d’un petit groupe ou en tête d’un premier peloton.

« Je connais un peu le final, l’échappée peut aller au bout ou ce peut être un sprint en petit comité », a commenté Alaphilippe, qui a de bonnes chances de garder son maillot au moins une journée supplémentaire : « Je n’ai plus à attaquer maintenant ! »

La cinquième étape, aujourd’hui, est typée « moyenne montagne » entre Saint-Dié-des-Vosges et Colmar. Quatre côtes, deux classées en deuxième catégorie, figurent au programme des 175,5 km.

Houle a joué son rôle

Le Québécois Hugo Houle a joué son rôle de fidèle soldat chez Astana, hier, lors de la quatrième étape du Tour de France. « Il y avait un bon vent de côté. J’ai roulé fort dans le vent pour garder les gars placés aux avant-postes et nous sommes restés devant toute la journée. Et c’était le même mot d’ordre dans le final : essayer de rouler devant », a-t-il soutenu, ajoutant que l’angle du vent n’était pas dangereux pour que se créent des coups de bordure qui auraient pu scinder le peloton en plusieurs groupes. « Ça m’a coûté un peu plus d’énergie de rouler pas mal en tête de peloton, mais au moins, ça permet à l’équipe d’être bien placée et d’éviter les chutes qui peuvent survenir. C’est une autre bonne journée pour nous ! » Houle a fini 126e hier, à 46 s du vainqueur, et il occupe le 84e rang au classement général.

— Sportcom

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