États-Unis

Le mur de Trump financé grâce à des fonds d’urgence ?

La Maison-Blanche envisage ce scénario, selon un conseiller au Congrès

La Maison-Blanche a demandé au Corps du génie de l’armée de terre (USACE) d’envisager l’utilisation d’une partie des fonds d’urgence approuvés par le Congrès pour les secours en cas de catastrophe aux fins de la construction du mur frontalier avec le Mexique. C’est ce qu’a indiqué un assistant au Congrès bien au fait du dossier et n’étant pas autorisé à en parler publiquement.

Selon ce conseiller au Congrès, 13,9 milliards ont été alloués, mais pas encore engagés, dans le cadre de contrats portant sur divers projets en Californie, en Floride, au Texas, dans d’autres États et à Porto Rico, des endroits qui ont subi des ouragans, des incendies de forêt ou d’autres catastrophes naturelles.

L’argent doit financer divers projets, principalement la lutte contre les inondations afin de prévenir de futures catastrophes.

Hier, le président s’est rendu à McAllen, ville texane frontalière avec le Mexique, pour défendre son projet de mur, source d’un vif conflit avec les démocrates qui a provoqué la paralysie partielle de l’administration fédérale (shutdown).

« C’est du bon sens. Ils ont besoin d’une barrière, ils ont besoin d’un mur. Sans cela, il n’y aura que des problèmes. Et la mort, beaucoup de morts », a lancé M. Trump, casquette blanche « Make America Great Again » vissée sur le crâne.

Plusieurs centaines de manifestants scandaient des slogans et brandissaient des pancartes opposées à un mur frontalier. En face des manifestants postés près de l’aéroport de McAllen se trouvait un groupe plus restreint de contre-manifestants scandant : « Construisez ce mur ! »

« La roue fonctionne, et le mur fonctionne. [A wheel works, and a wall works.] Rien de tel qu’un mur », a ajouté le président lors d’une table ronde, évoquant les migrants illégaux qui profitent selon lui des zones « où il est impossible de déterminer si vous êtes au Mexique ou aux États-Unis ».

Paralysie administrative

Le locataire de la Maison-Blanche réclame 5,7 milliards pour la structure promise avec force lors de sa campagne. Ses adversaires refusent catégoriquement de débloquer des fonds pour un projet qu’ils jugent « immoral », coûteux et inefficace.

800 000 

Nombre de fonctionnaires fédéraux qui ne sont plus payés depuis l’impasse des discussions budgétaires, il y a plus de deux semaines

Une paralysie prolongée du gouvernement fédéral aurait « un effet notable » sur la première économie du monde, a par ailleurs mis en garde le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell.

Avant d’atterrir au Texas, M. Trump a, d’un tweet, annoncé qu’il annulait sa participation au Forum économique mondial de Davos, qui aura lieu du 21 au 25 janvier, mettant en avant « l’intransigeance des démocrates ».

« Je pense qu’il est beaucoup plus facile de négocier avec la Chine qu’avec le parti d’opposition », avait-il affirmé depuis les jardins de la Maison-Blanche, une déclaration pour le moins surprenante de la part d’un président des États-Unis.

Le record du plus long shutdown de l’histoire pourrait tomber si aucun compromis n’est trouvé d’ici demain. Il est de 21 jours, et remonte à 1995-1996, sous la présidence de Bill Clinton.

Preuve des tensions politiques qui bloquent toute avancée à Washington, Donald Trump a abruptement quitté mercredi une rencontre avec les ténors démocrates.

« Le président s’est levé et est parti », a relaté Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, juste après cette brève réunion, évoquant un « caprice » présidentiel.

Mexique

Découverte macabre non loin de McAllen

Les autorités mexicaines ont annoncé hier la découverte de 21 corps près de la frontière américano-mexicaine après une fusillade entre gangs criminels, non loin de la ville où s’est rendu le président des États-Unis Donald Trump. Les corps – certains carbonisés – ont été retrouvés mercredi à Ciudad Miguel Alemán, ville à moins de 100 km de McAllen au Texas, où Donald Trump effectuait hier une visite aux agents frontaliers américains pour vanter la construction d’une barrière frontalière. « Nous avons des informations faisant état d’une fusillade [mercredi] entre deux groupes criminels qui a provoqué la mort de 21 personnes », a déclaré le porte-parole de la sécurité de l’État du Tamaulipas, Luis Alberto Rodríguez, sur la chaîne Milenio. Le Tamaulipas, qui jouxte le Texas, aux États-Unis, est devenu l’un des États les plus violents du Mexique. Des narcotrafiquants s’y affrontent pour contrôler les routes de la drogue vers le nord.

— Agence France-Presse

États-Unis

Cohen devant le Congrès en février

L’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, témoignera le 7 février au Congrès américain, a annoncé hier l’opposition démocrate, déterminée à user de sa nouvelle majorité à la Chambre des représentants pour enquêter sur le président. « Cela ne m’inquiète pas du tout », a immédiatement réagi depuis le Texas M. Trump, déjà sous la pression de la délicate enquête russe menée par le procureur spécial Robert Mueller. « Je veux remercier Michael Cohen d’avoir accepté de témoigner devant la commission de contrôle » de la Chambre, a écrit dans un communiqué le démocrate Elijah Cummings, qui préside cette commission. Michael Cohen, condamné en décembre à de la prison pour diverses malversations, s’est retourné récemment contre Donald Trump, pour lequel il s’était pourtant dit « prêt à prendre une balle ».

Primaire démocrate de 2016

Sanders s’excuse auprès de femmes harcelées

Bernie Sanders, candidat pressenti pour la présidentielle américaine de 2020, s’est excusé hier auprès de femmes qui ont rapporté avoir été victimes de harcèlement sexuel de la part de responsables régionaux de ses équipes de campagne lors de la primaire démocrate en 2016. Si les allégations ne visent pas directement Bernie Sanders, qui a affirmé n’avoir pas été informé, à l’époque, de ces faits, elles pourraient compromettre ses ambitions présidentielles à l’ère du puissant mouvement anti-harcèlement MeToo. « Aux femmes de mon équipe de campagne en 2016 qui ont été harcelées ou maltraitées, merci du fond du cœur d’avoir parlé publiquement. Je m’excuse », a écrit Bernie Sanders sur Twitter.

— Agence France-Presse

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