Wimbledon

Raonic trébuche devant Pella

Milos Raonic avait une occasion en or d’atteindre au moins les demi-finales du tournoi de Wimbledon, mais a finalement trébuché, hier au quatrième tour, devant l’étonnant Guido Pella (26e).

Le Canadien, 15e favori, avait pourtant pris l’avantage deux manches à zéro et a servi pour le match à 5-3 en quatrième manche, avant de s’incliner 3-6, 4-6, 6-3, 7-6 (3) et 8-6 au bout d’un marathon de 3 h 42 min. Cette défaite est un véritable crève-cœur pour celui qui avait dû composer avec des blessures au cours des dernières semaines et se réjouissait avant le match d’avoir retrouvé son meilleur niveau.

« Mon réservoir s’est vidé, et je n’ai plus été en mesure de jouer de façon aussi efficace qu’en début de match, alors que lui [Pella] s’est mis à réussir plus de coups », a expliqué Raonic, visiblement déçu, en conférence de presse. « J’étais frustré après avoir laissé échapper la troisième manche et, dans la suivante, même quand j’avais l’avantage, il était de plus en plus incisif.

« Il était sans contredit en meilleure forme à la fin du match. Moi, je n’avais plus l’énergie dans les jambes pour conserver la vélocité dans mes services et l’obliger à prendre des risques au retour. Mon jeu est ainsi devenu plus prévisible, et il en a profité.

« Les circonstances étaient vraiment en sa faveur à la fin du match, même si j’ai quand même eu mes chances jusqu’au bout. Je n’ai malheureusement jamais su exploiter les quelques occasions qui se sont présentées. »

Préparation

Raonic a effectivement ralenti à mesure que le match avançait. Après avoir remporté tous ses premiers services en première manche, il n’en a remporté que 76 % dans la dernière. Et même s’il a réussi 80 coups gagnants, dont 33 as, il a commis deux fois plus de fautes directes que Pella (46 contre 23), et souvent au mauvais moment.

Le joueur de 28 ans, qui avait toujours atteint au moins les quarts de finale depuis 2016, n’avait pas encore cédé une manche en trois matchs cette année. Perfectionniste dans sa préparation, il a affirmé qu’il aurait pu en faire encore davantage pour s’assurer d’être en mesure de disputer des duels en cinq manches.

« Avec mon équipe, nous allons revoir toute notre préparation, déterminer ce qui a bien fonctionné, mais surtout tout ce qui aurait pu être amélioré. Je pense que j’aurais pu mieux utiliser les périodes pendant lesquelles j’ai été à l’écart du jeu avant le tournoi. »

« C’est la deuxième fois que ça se produit cette année : j’avais manqué de carburant en Australie et encore ici. Ça m’était aussi arrivé plus tôt dans ma carrière, et je m’étais dit que c’était inacceptable. Je pense exactement la même chose en ce moment. »

— Milos Raonic

Raonic n’a pas voulu évoquer ses récents malaises au dos pour expliquer sa défaite. « Mon corps est endolori, mais c’est normal après un match en cinq manches. Ce sont mes jambes qui ont flanché et, si j’ai mal au dos, c’est parce que j’ai dû compenser cette faiblesse par ma façon de frapper. »

Le Canadien a d’ailleurs confirmé qu’il était inscrit au tournoi de Washington, qui aura lieu à compter du 29 juillet, juste avant la Coupe Rogers au stade IGA.

C’est donc Pella qui poursuivra son chemin à Wimbledon. C’était la troisième fois qu’il battait un ancien finaliste du tournoi, après des victoires contre Kevin Anderson au troisième tour et contre Marin Čilić, en 2018.

L’Argentin, qui n’avait jamais franchi le troisième tour en 19 participations en Grand Chelem, était quand même incrédule après avoir finalement converti sa quatrième balle de match pour éliminer Raonic. Il affrontera en quart de finale l’Espagnol Roberto Bautista Agut, autre négligé. Le vainqueur retrouvera sans doute ensuite le premier favori, Novak Djokovic.

DABROWSKI CONTINUE

Encore une fois, Gabriela Dabrowski sera la dernière représentante canadienne dans un tournoi du Grand Chelem. Habituée aux derniers tours, aussi bien en double qu’en double mixte, la joueuse d’Ottawa est encore en lice dans les deux compétitions à Wimbledon.

En double, sa partenaire, Yifan Xu, et elle sont les quatrièmes favorites et se sont qualifiées, hier, pour les quarts de finale avec une victoire de 7-5 et 6-3 contre les Chinoises Yingying Duan et Saisai Zheng (13e). Elles affronteront au prochain tour les Américaines Bethanie Mattek-Sands et Danielle Collins, qui ont profité, hier, du retrait de l’Australienne Ashleigh Barty et de la Biélorusse Victoria Azarenka.

En double mixte, Dabrowski et le Croate Mate Pavić étaient en bonne voie d’accéder au troisième tour alors qu’ils menaient 5-4, 3-6 et 4-3 face à Mattek-Sands et au Britannique Jamie Murray, mais le match a été interrompu par l’obscurité et devra être terminé aujourd’hui.

Chez les juniors, le Canadien Liam Draxl est le 12e favori. Finaliste à Roehampton la semaine dernière, il a remporté, hier, son match de premier tour – 6-3 et 6-3, contre le Britannique Jack Pinnington Jones – ; il rejoint ainsi au deuxième tour le Québécois Taha Baadi. Ce dernier affrontera aujourd’hui le Français Baptiste Anselmo, alors que Draxl se mesurera au Tchèque Dalibor Svrčina.

Wimbledon

Le « Big Three » fait des ravages

Beaucoup anticipaient des surprises, hier à Wimbledon, à l’occasion du « Manic Monday », ce lundi fou au cours duquel sont disputés tous les matchs de quatrième tour en simple.

La logique a plutôt été respectée, chez les hommes du moins, et tous les favoris seront au rendez-vous en quarts de finale. Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer se sont imposées sans difficulté, alors que les derniers représentants de la nouvelle génération ont été balayés sans appel.

Djokovic a vite réglé le cas du Français Ugo Humbert, le tombeur de Félix Auger-Aliassime, 6-3, 6-2 et 6-3, alors que Federer s’est débarrassé de l’Italien Matteo Berrittini, 6-1, 6-2 et 6-2. Cinq des huit joueurs qualifiés pour les quarts de finale ont plus de 30 ans, alors que le plus jeune, David Goffin, à 28 ans.

Djokovic, champion en titre, qui recherche un cinquième sacre à Wimbledon, a expliqué pourquoi les joueurs du « Big Three » [Djokovic, Federer et Nadal] sont toujours là dans les grandes occasions.

« C’est notre priorité : atteindre les rondes finales en Grand Chelem. Ce sont les plus grands évènements de notre sport, et j’essaie toujours de me préparer de façon à être au sommet de ma forme dans ces tournois. »

« Je sais qu’il ne faut rien tenir pour acquis, être du dernier groupe de huit est un très bon résultat, mais nous ne voulons pas nous arrêter là… »

— Novak Djokovic

Le Serbe, qui affrontera Goffin (21e) au prochain tour, a en principe la voie ouverte jusqu’à la finale, puisque l’autre quart de finale de cette portion du tableau opposera les négligés Guido Pella (26e) et Roberto Bautista Agut (23e).

En bas du tableau, Federer et Nadal pourraient en découdre en demi-finale, mais devront auparavant écarter Kei Nishikori (8e) et Sam Querrey (demi-finaliste en 2017), deux joueurs qui pourraient au moins les embêter un peu.

HALEP STOPPE GAUFF

Chez les femmes, tout le monde attendait avec impatience le duel entre Cori Gauff et Simona Halep, mais cette dernière n’a jamais laissé la jeune Américaine trouver son rythme et s’est imposée en tout juste 75 minutes, 6-3 et 6-3.

À 15 ans, Gauff devra donc patienter, d’autant plus qu’elle ne peut encore participer qu’à un nombre limité de tournois professionnels, mais sera sûrement très attendue à New York, dans quelques semaines, à l’Omnium des États-Unis.

Mais restons sur le gazon, où Ashleigh Barty a été la principale victime de la journée. L’Australienne, première tête de série, a été sortie par l’Américaine Alison Riske, qui a finalement confirmé son potentiel sur le gazon à 29 ans. Battue 3-6, 6-2 et 6-3, Barty a sûrement été rattrapée par la fatigue après une série de 15 victoires et des titres à Roland-Garros et à Birmingham.

Riske, elle, devra affronter en quart de finale sa compatriote Serena Williams. La gagnante de 23 titres majeurs s’est qualifiée, hier, sans problème devant l’Espagnole Carla Suárez Navarro, 6-2 et 6-2, et joue de mieux en mieux à mesure que progresse le tournoi.

En haut du tableau, l’autre quart de finale opposera la Tchèque Barbora Strýcová à la Britannique Johanna Konta. Cette dernière, récente demi-finaliste à Roland-Garros, a sorti, hier, la Tchèque Petra Kvitová, deux fois championne à Wimbledon, qui n’était pas au sommet de sa forme en raison d’une blessure.

En bas du tableau, Halep affrontera l’étonnante Chinoise Shuai Zhang, qui n’avait jamais remporté un match en simple à Wimbledon avant cette année, alors que l’autre demi-finale opposera l’Ukrainienne Elina Svitolina à la Tchèque Karolína Muchová, tombeuse hier de sa compatriote Karolína Plíšková dans un match marathon.

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