Michel Brûlé reconnu coupable d’agression sexuelle

Québec — L’éditeur Michel Brûlé a été reconnu coupable mercredi d’agression sexuelle à l’endroit d’une auteure venue le rencontrer pour présenter un manuscrit.

« Le récit de la plaignante est tout à fait cohérent. Elle cherchait un partenaire d’affaires sérieux et non une aventure d’un soir », a tranché le juge Sébastien Proulx, au palais de justice de Québec. « Le Tribunal croit la plaignante. Le soir du 21 mars 2014, elle a été agressée sexuellement par l’accusé. »

La Cour du Québec était devant des témoignages contradictoires de l’éditeur et de la plaignante. Le magistrat a cru cette dernière. Il a relevé des passages « invraisemblables » dans le récit du propriétaire des Éditions des Intouchables.

« À aucun moment, elle n’a consenti aux comportements sexuels de l’accusé », conclut le juge. Ce dernier n’a pas cru l’éditeur qui avait déclaré lors de l’audience avoir senti chez la femme une « tension sexuelle ».

Les faits remontent à mars 2014. La plaignante, qu’une ordonnance nous empêche d’identifier, se présente au bureau de Brûlé pour discuter d’un projet littéraire. La maison d’édition, Les Intouchables, se trouve dans son sous-sol.

L’éditeur l’invite à monter chez lui, où il se met à cuisiner des spaghettis et lui offre du vin. M. Brûlé commence ensuite à se raser la barbe et l’invite à prendre une douche. Elle refuse et lui rappelle qu’elle est là pour son manuscrit.

L’homme commence alors à l’embrasser et à la toucher sur tout le corps. Elle s’oppose et dit « non » à plusieurs reprises. « L’accusé est plus grand qu’elle et plus costaud. Elle s’enfuit », a décrit le juge en rappelant le témoignage de la victime.

« Je vais te publier, je vais te publier », aurait alors crié l’éditeur à la plaignante en fuite.

Lors de l’audience tenue en février dernier, Brûlé avait fait valoir que la femme lui avait envoyé plusieurs signaux qu'il a interprétés comme une invitation. Il avait dit avoir pu « lire du désir » dans ses yeux.

Le juge n’a pas cru cette version. Il a aussi rappelé que jamais elle n’avait donné son consentement. Des proches de la victime ont témoigné à quel point elle avait été traumatisée par cette soirée.

« L’accusé ne s’est jamais informé du consentement de la plaignante. À l’époque, il s’était dit “ça passe ou ça casse” », indique le juge. « Il aurait déduit de l’accord volontaire de la plaignante. D’ailleurs, le Tribunal ne croit pas l’accusé quand il parle de tension sexuelle. »

La victime a mis trois ans à porter plainte, dans la foulée du mouvement #moiaussi.

Michel Brûlé, 56 ans, fera l’objet d’un rapport présentenciel pour établir les risques de récidive. Les plaidoiries sur la peine auront lieu le 26 janvier prochain.

St-Pierre Plamondon, « tous les jours » au parlement

Le Parti québécois, malgré des finances fragiles, paiera le salaire de son nouveau chef

Québec — Le nouveau chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas de siège de député, mais qu’à cela ne tienne, il compte être présent « tous les jours » à l’Assemblée nationale. Le parti lui versera un salaire, malgré des finances précaires, selon les derniers chiffres officiels.

Sa décision de mettre les pieds le plus souvent possible au parlement lui permettra d’obtenir davantage de visibilité. Le chef du PQ, troisième groupe de l’opposition, aurait inévitablement eu moins d’attention médiatique à l’extérieur de l’Assemblée nationale.

« Au cours des prochains mois, attendez-vous à me voir ici tous les jours. À chaque fois que les députés siègent, je serai là », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse au parlement mercredi, en marge de sa première rencontre avec le caucus de neuf députés du PQ.

Il ne veut pas être un « chef extra-parlementaire en orbite comme la planète Pluton », préférant se trouver « plus proche du Soleil que ça ». « Vous n’aurez jamais vu ça de la part d’un chef extra-parlementaire, a-t-il insisté. Assumer son leadership, ça veut dire être partie de toutes les discussions avec le caucus de manière à ce que les stratégies soient concertées et à ce que le chef soit partie prenante de chacune de ces discussions-là. »

À la tête du PQ depuis vendredi soir, Paul St-Pierre Plamondon n’est pas pressé de se faire élire comme député. Pour affronter le premier ministre François Legault au Salon bleu, il a choisi de maintenir en poste Pascal Bérubé comme chef parlementaire, une affaire qui a été scellée dimanche et avalisée par le caucus mercredi. « Je ne vous cacherai pas qu’il y a une grande complicité sur les idées entre Paul et moi. Sur à peu près tous les thèmes, on a la même position. Puis je ne vois pas encore le thème avec lequel on n’aurait pas la même position », a affirmé Pascal Bérubé. Le député de René-Lévesque (Côte-Nord), Martin Ouellet, reste leader en Chambre.

Le président du caucus, Harold LeBel, a soutenu que tous les députés sont derrière le nouveau chef. Ce dernier a promis d’être « équitable, généreux et respectueux » envers son adversaire au cours de la course à la direction Sylvain Gaudreault. Le rôle du député de Jonquière n’a pas encore été déterminé, mais il avait lui-même écarté l’idée de devenir chef parlementaire. Trois députés avaient appuyé la candidature de M. Gaudreault pour succéder à Jean-François Lisée (Lorraine Richard, Méganne Perry Mélançon et Joël Arseneau) ; aucun ne s’était rangé derrière Paul St-Pierre Plamondon. « C’est sûr qu’une course, c’est émotif, mais ma position sera toujours la même : la porte est ouverte, je serai toujours équitable et de bonne foi, a dit le chef. J’ai appelé personnellement tous les députés, et tout le monde était très positif. »

La question du racisme

Parmi les premières orientations adoptées sous le règne du nouveau chef, le PQ a désormais comme position de reconnaître le « racisme institutionnel » – la même position que celle exprimée par Paul St-Pierre Plamondon lors de la course à la direction. Sylvain Gaudreault, mais aussi Véronique Hivon (Joliette) et Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) avaient quant à eux reconnu l’existence d’un racisme systémique. Pascal Bérubé (Matane-Matapédia), lui, disait ne pas y croire.

Le nouveau chef a indiqué que le PQ lui versera un salaire, dont le montant n’a pas encore été déterminé. Le parti traîne une dette de 2,5 millions de dollars, selon son rapport financier pour l’année 2019. Or, Paul St-Pierre Plamondon a soutenu que « les chiffres ont vraiment évolué au fil des derniers mois dans la bonne direction », de telle sorte que le PQ « n’est pas en difficulté financière » et a « des finances qui permettent des ajouts ». Il se donne comme mission de récolter davantage de dons auprès des électeurs.

Nouveau rassemblement dispersé à Montréal

La Presse a appris que des policiers avaient dû disperser un rassemblement d’une centaine de personnes dans un établissement de la communauté juive ultraorthodoxe, lundi soir, à la limite entre Outremont et Mont-Royal.

L’intervention est survenue deux jours après celle des policiers de Boisbriand visant un immense rassemblement aux abords d’une synagogue de la communauté juive hassidique Kiryas Tosh.

Le rassemblement montréalais était plus petit, mais s’est produit à l’intérieur, ce qui augmente les risques de propagation de la COVID-19. Le bâtiment abrite une synagogue et une bibliothèque religieuse qui sont utilisées par la communauté ultraorthodoxe (mais pas hassidique) du quartier.

« Des policiers du SPVM se sont effectivement rendus sur le chemin Bates en réponse à un appel reçu lundi soir », ont confirmé les communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) par courriel. « Sur place, ils ont demandé à une centaine de personnes de se disperser, ce qu’elles ont fait pacifiquement. »

La police a indiqué qu’étant donné cette coopération, ses policiers n’avaient pas jugé bon de sévir. « Aucun constat d’infraction n’a été remis », a mentionné l’organisation, toujours par courriel.

Selon nos informations, plusieurs participants au rassemblement ont quitté les lieux précipitamment à l’arrivée des policiers. D’autres se seraient couvert le visage d’un masque en voyant les forces de l’ordre.

Consignes affichées

Lors du passage de La Presse sur les lieux, mercredi après-midi, quelques membres de la communauté entraient dans le bâtiment.

L’un d’eux, qui s’est identifié avec le prénom Zak, a affirmé qu’il n’était pas présent lundi, mais qu’il a entendu parler de l’intervention policière.

« Je ne pense pas qu’il y avait un évènement, a-t-il dit. Il n’y avait pas tant de monde que ça, je crois que c’est une réaction exagérée. »

D’autres fidèles n’ont pas voulu discuter avec La Presse. Dans la porte, une affiche interdisait aux visiteurs d’embrasser la Torah et décourageait les poignées de main ainsi que tout « contact physique ». « Un espace adéquat doit être maintenu entre les individus », ajoute le document.

L’administration de la synagogue n’a pas rappelé La Presse.

Un garagiste voisin du bâtiment a expliqué à La Presse que le flot des visiteurs à la synagogue avait beaucoup baissé depuis le retour des mesures sanitaires contraignantes, en septembre.

Changement de sous-ministre à l’Éducation

Après la Santé cet été, c’est au tour d’un autre ministère malmené par la pandémie de COVID-19, celui de l’Éducation, de changer de sous-ministre. Le conseil des ministres du gouvernement Legault a nommé à cette fonction mercredi Alain Sans Cartier, qui était depuis décembre 2019 secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif – le ministère du premier ministre. C’est un ancien chef de cabinet de l’Action démocratique du Québec. M. Sans Cartier remplacera Éric Blackburn qui, avant d’être nommé sous-ministre à l’été 2019, était président de l’Association des directions générales des commissions scolaires. Il était directeur général de la commission scolaire des Hautes-Rivières, dont une partie du territoire se trouve dans Chambly, la circonscription du ministre Jean-François Roberge.

— Tommy Chouinard, La Presse

Parc La Fontaine et chalet du Mont-Royal

Des travaux de réfection de 22,5 millions

Pris d’assaut comme jamais auparavant par la population en cette période de pandémie, deux grands parcs montréalais recevront d’importants investissements pour la réfection de leurs installations. Le théâtre de Verdure du Parc La Fontaine sera réaménagé au coût de 15,5 millions, tandis que le chalet principal du Mont-Royal subira une cure de rajeunissement de 7 millions. Le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé les fonds nécessaires aux deux projets mercredi matin, lors de sa rencontre hebdomadaire. « Nous aurons un nouveau théâtre qui permet de profiter pleinement de la culture en plein air », a souligné le conseiller municipal Robert Beaudry, responsable des grands parcs au comité exécutif. « On le sait, en situation de COVID, nous avons besoin de nouveaux lieux de diffusion qui permettront aux artistes de présenter leurs œuvres en toute sécurité. » Les plans du nouveau théâtre de Verdure, dont l’ouverture est prévue pour l’automne 2021, avaient été présentés publiquement en mars dernier, juste avant le confinement, mais la facture du projet n’était pas encore connue. L’entreprise Axe Construction a obtenu le contrat pour réaliser les travaux, d’après le concept élaboré par la firme d’architecture Lemay.

— Isabelle Ducas La Presse

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