CONFLIT CHEZ JEAN COUTU

Impasse dans les négociations

Trois semaines après le début du lock-out au centre de distribution de Jean Coutu, à Varennes, déclenché au lendemain d’une journée de grève de ses 680 employés, les désaccords persistent entre le propriétaire Metro et le syndicat. Cette fois à cause des demandes salariales des employés déposées mardi matin.

« Un des représentants de l’employeur nous a dit que nos demandes étaient dérisoires et qu’il fallait les revoir », explique Audrey Benoit, présidente du syndicat des travailleurs et travailleuses de l’entrepôt Pharmacie Jean Coutu-CSN.

« Le groupe a ensuite quitté la salle en disant qu’il y aurait un caucus, mais l’avocat est revenu nous voir pour nous signifier que les gens de Metro quittaient. »

Le syndicat demande, entre autres, une augmentation salariale d’au moins 25 % sur quatre ans, une hausse de la contribution de l’employeur au régime de retraite de 4,25 % à 8,25 % et l’ajout d’une semaine de vacances annuelles, pour un total de sept ou huit semaines, selon le cas.

« Le syndicat a non seulement demandé plus d’argent sur la presque totalité des clauses monétaires de la convention actuelle, mais ses demandes sont déraisonnables et excessives, a déclaré Alain Champagne, président de Groupe Jean Coutu, dans un communiqué. Nous demandons au syndicat de prioriser ses demandes et d’être réaliste. »

Le syndicat dit souhaiter un ajustement des salaires pour qu’ils soient similaires à ceux des employés du centre de distribution de Metro, sur le boulevard Maurice-Duplessis, à Montréal. « On a le même type d’emploi, estime Audrey Benoit. On fait exactement le même travail, mais au lieu de transporter des légumes et du cannage, on transporte des médicaments. On y est allés avec ce qu’on pensait juste. On n’est vraiment pas gênés de faire de telles demandes. »  

Le conciliateur a demandé au syndicat et à Metro de se rencontrer jeudi.

« On souhaite trouver une résolution le plus rapidement possible. »

— Marie-Claude Bacon, vice-présidente, affaires publiques et communications, de Metro

« On est parlables, soutient de son côté Audrey Benoit. La majorité des points normatifs sont d’ailleurs réglés. »

Le lock-out se poursuit alors que des membres du syndicat soutiennent que les tablettes de certaines pharmacies sont vides. « On parle à des pharmacies qui nous disent qu’ils ne reçoivent pas les commandes à temps, affirme Audrey Benoit. On reçoit des photos de ceux qui ne réussissent pas à remplir leurs étagères. Et je ne parle pas ici de papier de toilette. »

Metro dit avoir mis tout en œuvre pour approvisionner les pharmacies du réseau. « On a priorisé ce qui est essentiel, les médicaments de prescription et ceux en vente libre, dit Marie-Claude Bacon. Il a pu survenir certains délais, mais pas de rupture d’approvisionnement. S’il y a des ruptures d’inventaire, ça n’a rien à voir avec le conflit. Ce n’est pas parfait, mais il y a énormément de travail de fait pour approvisionner adéquatement. »

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