Maison

Un foyer extérieur pour réchauffer l’hiver

L’un des bonheurs de l’été pourrait très bien devenir l’un de nos plaisirs d’hiver. Un foyer extérieur, une couverture chaude et un breuvage fumant : qui dit mieux pour profiter de la saison froide à ciel ouvert ?

La température extérieure chute de semaine en semaine, mais la cour n’a pas à être condamnée pour autant. Rien ne rivalise avec une flamme vacillante pour profiter encore du jardin par temps frisquet, mettre de l’ambiance dans ses réceptions (oui, ça reviendra), apprécier les premiers flocons et l’air frais qui ravigote.

Si vous rêviez de faire rôtir vos guimauves sous un ciel d’hiver, la première chose à faire est de vous renseigner auprès de votre municipalité. La réglementation sur les types de foyers extérieurs et sur leur utilisation varie d’une ville à l’autre, et parfois même d’un secteur à l’autre dans une même municipalité.

Dans l’île de Montréal, comme dans plusieurs villes, les feux en plein air (brasero, feu de foyer, feu de résidus de jardinage, etc.) sont interdits, sauf dans des circonstances exceptionnelles qui exigent un permis. Les foyers au bois y sont prohibés pour des raisons environnementales et de sécurité, mais les foyers au gaz, au propane ou au bioéthanol sont permis sans autorisation préalable.

« Dans tous les cas, les appareils doivent être homologués [ULC] et devraient toujours être utilisés dans un espace ouvert, jamais sous une marquise ou dans un gazebo », avertit Louise Desrosiers, chef de section au Service de sécurité incendie de Montréal.

« Ils [les foyers extérieurs] doivent également être tenus à un mètre de distance des matériaux combustibles et des ouvertures de la maison [portes et fenêtres] pour ne pas gêner le passage vers les issues de secours. »

— Louise Desrosiers

L’espace autour du foyer devrait aussi être dégagé pour faciliter la circulation.

Les foyers au bois

Les foyers au bois ont un charme incontestable, dont un agréable crépitement et une odeur capable de réveiller des souvenirs d’enfance. Plus abordables que les autres types de foyer, ils sont également faciles à construire si on est un peu bricoleur. Il peuvent en outre être utilisés comme barbecue en y superposant une grille. En aucun cas, ils ne devraient toutefois être déposés sur une terrasse de bois.

L’entreposage et l’approvisionnement en bois sont des facteurs qui font parfois pencher la balance en faveur du gaz. Si vous n’avez pas fait les scouts, les allumer exige en effet un peu de patience et de compétences. Certains modèles proposent toutefois la biénergie au bois et au gaz.

Les appareils au gaz ou au propane

Plus faciles à utiliser que les modèles au bois, mais plus chers aussi (ils vont de quelques centaines de dollars à plus de 15 000 $), les appareils au gaz ou au propane sont également plus « propres », ne générant aucune émanation susceptible d’être une nuisance pour le voisinage ou l’environnement.

Ce type d’appareil peut être branché à une conduite de gaz naturel ou à une bonbonne de propane. Les portatifs ont généralement une bonbonne intégrée à leur structure. « On les choisit évidemment en fonction de son budget, mais aussi de son aménagement paysager et de l’espace disponible », indique Normand Pagé, directeur général pour la boutique Foyer Universel, à Montréal, qui donne dans le haut de gamme et les appareils au gaz.

On trouve deux types d’appareils au gaz (ou propane) : les fixes et les portatifs.

Pour les premiers, l’achat du brûleur se fait séparément. Bon à savoir : plus le nombre d’unités thermiques britanniques (Btu) du brûleur est élevé, plus puissante est la flamme. On construit ensuite autour du brûleur, sur mesure, avec des matériaux non combustibles comme la pierre, la brique ou le fibrociment.

« Plus l’aménagement paysager est élaboré, plus les clients demandent un modèle de foyer sur mesure », observe Normand Pagé, qui traite la plupart du temps avec des architectes paysagistes et des designers. L’avantage de cette option est qu’elle est adaptable. On trouve des brûleurs ronds, carrés, allongés, allant de quelques centimètres à plus de huit pieds de longueur. La ligne de gaz doit toutefois être camouflée dans l’aménagement.

L’appareil portatif vient « clés en main ». Parfois plus cher à l’achat qu’un brûleur, son coût sera souvent moins élevé au bout du compte, si l’on considère l’achat de matériaux de finition et le coût de la main-d’œuvre dans le cas d’un foyer fixe. Ses dimensions sont plus standards, généralement autour de 3 ou 4 pi de longueur ou de diamètre, de sorte qu’il est moins adaptable. Il a toutefois l’avantage de pouvoir être déplacé.

Le bioéthanol

Moderne, propre et portatif, ce type d’appareil au bioéthanol a belle allure, mais doit être utilisé avec précaution, prévient Louise Desrosiers, et toujours dans un endroit bien ventilé et à l’abri des vents (les appareils homologués viennent avec un pare-vent). L’éthanol est très volatil et indétectable, explique-t-elle. Le danger est qu’il y ait un retour de flamme lors du remplissage.

« On a vu plusieurs accidents avec ce genre d’appareils [au bioéthanol]. Il est important de toujours attendre 30 minutes que l’appareil ait complètement refroidi avant d’y mettre du combustible. Assurez-vous qu’ils sont homologués ULC [ORD-C627.1-2008]. »

— Louise Desrosiers

Quelques précautions à prendre

Pour qu’il vous accompagne sur quatre saisons, renseignez-vous sur la durabilité du produit et sur sa capacité à affronter nos conditions météorologiques. On reconnaît la qualité d’un appareil à ses composantes. L’acier inoxydable est le matériau souvent privilégié dans les modèles haut de gamme. Certains matériaux, selon la confection également, finissent par s’écailler, se tordre, craquer ou rouiller.

Attention aux modèles importés qui ne sont pas toujours adaptés à notre climat. « Si on ne prévoit pas le ranger en hiver, mieux vaut payer un peu plus cher pour s’assurer d’avoir un appareil de qualité qui traversera les années », selon Lyne Brunelle, directrice des comptes majeurs chez Boutique L’Attisée, à Saint-Hubert.

« Les foyers sont souvent vendus avec un couvercle. Si ce n’est pas le cas, recouvrez-les d’une bâche ou d’une housse pour les protéger de la neige, suggère encore Charles Mercier, vendeur chez Boutique Chaleur, à Longueuil. Placez également l’appareil à niveau pour que l’eau soit bien évacuée. »

Ayez toujours un extincteur à portée de la main, utilisez un briquet à long manche (comme ceux qui servent à allumer le barbecue) et le combustible indiqué par le fabricant, ajoute Louise Desrosiers, qui conseille aussi de magasiner son appareil dans un endroit spécialisé où il sera possible de recevoir des conseils éclairés.

Enfin, il ne faut pas se leurrer. On pourra se réchauffer à proximité de son foyer, sans pour autant se promener en manches courtes sous zéro. « Un foyer extérieur émet une chaleur, mais n’aura jamais l’effet d’un foyer utilisé à l’intérieur », précise Normand Pagé. On pourra toutefois compter sur lui pour mettre de la chaleur... dans l’ambiance.

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