cour suprême

la candidate Amy Coney Barrett muette sur les enjeux-clés

Durant un échange lors de la deuxième journée d’audience au Congrès, la juge Amy Coney Barrett, candidate au poste de juge à la Cour suprême, a montré aux sénateurs le bloc-notes vierge qu’elle avait devant elle.

Mme Barrett voulait illustrer le fait qu’elle ne s’appuyait sur aucune note pour répondre. Ce bloc-notes immaculé aurait tout aussi pu symboliser l’étendue des renseignements que la candidate était disposée à fournir.

Tour à tour, Mme Barrett a refusé de donner son avis sur des enjeux-clés, comme le droit des femmes à l’avortement, les droits des minorités sexuelles et le port d’armes à feu, entre autres.

« Les juges ne peuvent pas dire : “J’ai un but dans ma vie, j’adore ou je déteste les armes à feu, j’aime ou je déteste l’avortement” et imposer leur volonté comme des figures royales », a-t-elle déclaré devant les sénateurs chargés de confirmer sa nomination.

Questionnée par la sénatrice démocrate Amy Klobuchar au sujet de l’illégalité d’intimider des électeurs aux bureaux de scrutin, la juge Barrett n’a pas répondu, affirmant qu’elle ne pouvait se prononcer sur une situation hypothétique.

Amy Coney Barrett a aussi refusé de dire à la sénatrice démocrate Dianne Feinstein si le président Donald Trump pouvait repousser unilatéralement la tenue de l’élection présidentielle – alors qu’il n’en possède pas les pouvoirs.

« Eh bien, sénatrice, si jamais cette question m’était posée, j’aurais besoin d’entendre les arguments des plaideurs, de lire des mémoires, de consulter mes juristes et de parler à mes collègues et de passer par le processus de rédaction d’opinions », a répondu la juge Barrett.

La candidate a répété qu’elle ne laisserait pas ses opinions politiques ou croyances religieuses influencer ses décisions. « Notre foi est importante pour nous, a-t-elle dit au sujet d’elle et de sa famille. Mais ce sont mes choix, et je n’ai jamais essayé de les imposer aux autres », a dit la juge âgée de 48 ans, mère de sept enfants, dont deux ont été adoptés, et qui a reconnu posséder une arme à feu.

« Ridicule »

À CNN, Jeffrey Toobin, analyste juridique et journaliste au New Yorker, a dit que cette position était intenable.

« L’idée selon laquelle les opinions de Mme Barrett, qui a déjà appuyé une campagne publicitaire contre le droit à l’avortement, n’auront aucune influence sur la façon dont elle abordera les cas d’avortement, je veux dire, c’est tout simplement ridicule », a-t-il dit.

M. Toobin a rappelé que Donald Trump a plusieurs fois mentionné qu’il allait choisir un candidat ou une candidate qui allait s’opposer au droit à l’avortement.

« C’est pour cela qu’elle a été choisie, a-t-il enchaîné. Donald Trump l’a répété à maintes reprises. Alors l’idée que son point de vue sur l’avortement est une sorte de mystère est, si je peux être impoli, une blague. »

Un sondage réalisé au début du mois d’octobre montre que 62 % des Américains sont en faveur du maintien du droit à l’avortement.

Les républicains ont signalé qu’ils entendaient voter pour la nomination de la juge avant la tenue de l’élection présidentielle, le 3 novembre.

Minoritaires au Sénat, les démocrates ne devraient pas réussir à empêcher la juge Barrett de cimenter la majorité conservatrice à la Cour suprême, qui serait alors de six juges sur neuf avec elle.

Les audiences sur la nomination d’Amy Coney Barrett se poursuivent ce mercredi.

— Avec l’Agence France-Presse

Troubles post-électoraux

Les réservistes de la Garde nationale seront « disponibles »

Les réservistes de la Garde nationale de Washington seront « disponibles » en cas de troubles après les élections du 3 novembre, a déclaré mardi le secrétaire à l’armée de terre américaine, Ryan McCarthy, alors que le président Donald Trump est une fois de plus accusé de politiser l’armée.

« Il n’y a aucune demande d’assistance d’autres agences gouvernementales à ce stade-ci, mais nous sommes toujours disponibles pour apporter notre soutien à la police du district de Columbia ou d’autres agences fédérales », a déclaré M. McCarthy, de qui relève la juridiction sur la Garde nationale de la capitale fédérale américaine.

M. McCarthy, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse, a défendu le recours aux réservistes en cas de désordres publics, alors qu’une enquête a été ouverte sur les activités de la Garde nationale lors de la dispersion brutale de manifestations antiracistes en juin à Washington.

« Nous ne faisons pas la police dans les rues. Nous apportons notre soutien aux forces de l’ordre, que ce soit au niveau fédéral, étatique ou local. »

— Ryan McCarthy, secrétaire à l’armée de terre américaine

« Si on nous le demande, nous apporterons notre soutien pour protéger des biens fédéraux et aider les forces de l’ordre », a-t-il conclu.

Craintes de violences

Le président Donald Trump, qui dénonce régulièrement les risques de fraudes massives orchestrées par les démocrates, a appelé ses partisans à se rendre dans les bureaux de vote pour « protéger » les bulletins, ce qui fait craindre des violences en cas de résultat serré.

Le 1er juin, un hélicoptère de la Garde nationale du district de Columbia avait survolé les manifestants de tellement près pour les disperser qu’il avait arraché des branches d’arbres et dispersé d’autres débris au sol. Cette méthode avait fait polémique car elle est généralement utilisée sur des théâtres de combats pour disperser une foule menaçante.

M. McCarthy a précisé que l’enquête interne du Pentagone sur cet incident était achevée et que ses conclusions avaient été transmises à l’inspecteur général du ministère de la Défense, qui doit la publier « incessamment ».

Alors que les dirigeants du Pentagone, photographiés aux côtés de Donald Trump le matin de cet incident, s’efforcent depuis lors d’éviter toute politisation de l’armée, le ministre de la Défense, Mark Esper, et le chef d’état-major, le général Mark Milley, sont apparus cette semaine en photo à côté de M. Trump dans une de ses vidéos de campagne où il demande à ses partisans de voter par correspondance.

Le général Milley a fait savoir qu’il n’avait pas autorisé l’usage de cette photo à des fins de campagne électorale.

Vers la présidentielle

« Plus longtemps Donald Trump reste président, plus il devient irresponsable. Dieu merci, il ne reste que trois semaines ! »

Le candidat démocrate Joe Biden, lors d’un discours mardi à Pembroke Pines, au nord de Miami, où il a notamment courtisé les « seniors » en Floride et dénoncé la gestion de la pandémie par le président républicain, qui brigue un second mandat le 3 novembre. (Agence France-Presse)

COVID-19

Deux essais cliniques suspendus en 24 heures

Les sociétés pharmaceutiques américaines Johnson & Johnson et Eli Lilly ont suspendu lundi et mardi des essais cliniques d’un vaccin et d’un traitement expérimental contre la COVID-19, respectivement, le temps d’évaluer d’éventuels effets secondaires chez des participants. On ignore la nature exacte des alertes sanitaires qui ont déclenché les pauses dans les essais ni combien de temps il faudra aux sociétés pour enquêter et décider, ou non, de reprendre les essais, qui sont parmi les plus attendus et suivis au monde. Johnson & Johnson a annoncé, lundi soir, la pause de son grand essai vaccinal, commencé fin septembre, après l’apparition d’une maladie inopinée chez un participant le dimanche soir. Mardi, c’était au tour d’Eli Lilly d’annoncer la suspension d’un essai de son traitement expérimental aux anticorps contre la COVID-19 chez des malades hospitalisés, pour des raisons de sécurité non détaillées. Le traitement est similaire à ce que Donald Trump a reçu peu après l’apparition de ses symptômes de COVID-19. — Agence France-Presse

Vers la présidentielle

Deuxième rassemblement en deux jours pour Trump

Alors que déjà 10 millions d’électeurs ont déposé leur bulletin de vote anticipé, le président Donald Trump a entamé un marathon de rassemblements à travers les États-clés pour tenter de rattraper son retard dans les sondages. Il était mardi soir à Johnstown, dans l’État de Pennsylvanie qu’il a remporté en 2016, mais qui penche à ce stade pour Joe Biden dans les intentions de vote. Le milliardaire républicain a de nouveau ironisé sur son rival qu’il surnomme « Sleepy Joe » (« Joe l’endormi »), dont il affirme qu’il n’attire « presque » aucun électeur en public. Le candidat démocrate refuse, au nom des précautions sanitaires, d’organiser des grands rassemblements de campagne. Se présentant une nouvelle fois en défenseur de « la loi et l’ordre », Donald Trump a encore dépeint son rival comme un candidat aux mains de la « gauche radicale », dont la présidence mènerait au chaos. Et il a aussi fait un appel du pied aux plus âgés. « Le programme de Biden serait catastrophique pour les personnes âgées », a-t-il déclaré. Il « se préoccupe plus des immigrés clandestins que des personnes âgées ». — Agence France-Presse

Traité de désarmement nucléaire New Start

Les États-Unis offrent de prolonger, Moscou refuse

Les États-Unis ont fait état mardi d’un « accord de principe » avec Moscou pour prolonger le traité de désarmement nucléaire New Start, pour subir aussitôt une rebuffade de Moscou qui a jugé « inacceptables » les conditions de Washington. « Nous sommes en fait désireux de prolonger le traité New Start pendant un certain temps, à condition qu’ils acceptent en retour de limiter – de geler – leur arsenal nucléaire », a déclaré le négociateur américain Marshall Billingslea, qui dirige depuis juin les pourparlers avec Moscou sur le traité bilatéral New Start venant à expiration début 2021 – juste après la fin de l’actuel mandat de Donald Trump, candidat à sa réélection le 3 novembre. « Nous pensons qu’il y a un accord de principe au plus haut niveau de nos deux gouvernements », a ajouté le diplomate américain lors d’une conférence en ligne organisée par le centre de réflexion Heritage Foundation. La réponse, cinglante, de Moscou ne s’est pas fait attendre. « La Russie et les États-Unis ne se sont pas mis d’accord sur un gel de leurs arsenaux nucléaires », a tweeté la mission permanente de la Russie à Vienne. Un tel gel serait « inacceptable » pour Moscou, a déclaré aux agences russes le négociateur de Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Le traité bilatéral New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau pendant la guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1550 le nombre de têtes nucléaires sur ces lanceurs.

— Agence France-Presse

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