EXODE URBAIN

La banlieue populaire comme jamais

Au cours des huit premiers mois de 2020, 5300 ménages sont sortis de l’île de Montréal pour s’établir ailleurs dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. En 2018, c’était 4800 ménages et en 2019, 4950. La hausse de la dernière année est de 7 % ou 350 ménages de plus.

La proportion d’acheteurs de bungalows de banlieue en provenance de l’île de Montréal est passée de 25 % à 30 % cet été contre l’été 2019. « On peut voir une petite poussée en ce moment vers la banlieue, ce que confirment les chiffres qu’on voit dans la revente », dit Francis Cortellino, analyste de marché à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). « Les ventes en banlieue vont beaucoup mieux que sur l’île de Montréal », ajoute-t-il.

Année après année, les Montréalais, notamment les jeunes familles, quittent l’île de Montréal pour la banlieue à la recherche d’un milieu de vie sécuritaire et abordable.

La moyenne annuelle s’élevait à 39 000 personnes de 2015 à 2017. Elle est passée à 44 000 personnes en 2018 et 2019. Le chiffre de 2020 s’annonce plus élevé encore.

« Vous pouvez voir également un mouvement de Longueuil et de la Rive-Sud vers Saint-Jean-sur-Richelieu. Actuellement, on voit une accentuation », dit M. Cortellino. Celle-ci touche autant les mouvements entre l’île et la banlieue que ceux entre la banlieue immédiate de Montréal et des villes en périphérie de la RMR, comme Saint-Jean-sur-Richelieu, ou carrément à l’extérieur de la RMR.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, 10 % des acheteurs de maison provenaient de la ville de Montréal cet été, le double de ce qu’on voyait auparavant.

« Ce sont les données les plus à jour permettant d’éclairer ce qui se passe en termes d’étalement urbain sur le marché. Les prochains mois vont nous aider à voir si c’est temporaire ou si les nouveaux modes de travail vont faire en sorte d’accentuer la tendance. »

— Francis Cortellino, économiste à la SCHL

Entre 7000 et 8000 personnes quittent la RMR annuellement pour des secteurs plus éloignés en Montérégie, dans les Laurentides et dans Lanaudière, souligne l’organisme fédéral en matière d’habitation.

Prix des maisons au Québec en 2020 : + 15 %

On anticipait la « cata », ce sera tout le contraire finalement. Les prix de l’immobilier au Québec vont s’apprécier de près de 15 % en 2020, prévoient les économistes du Mouvement Desjardins. Il s’agit de la plus forte inflation depuis 2003, qui avait atteint 16,1 % cette année-là. « Actuellement, notre prévision pour la hausse du prix moyen des propriétés au Québec est de +14,6 % de sorte qu’un niveau au-dessus de 370 000 $ sera atteint en moyenne pour l’ensemble de l’année 2020 », dit Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins, dans un courriel. Elle a présenté ses prévisions devant les économistes québécois le 9 octobre.

Explication ? « Principalement en raison de l’offre de propriétés à vendre qui est très restreinte, répond Mme Bégin. La demande est forte, mais c’est le bassin de maisons et condos à vendre qui est trop faible. Il n’arrive pas à combler la demande, marché très tendu, les prix s’accélèrent. » Au plus fort de la pandémie, en mai dernier, la SCHL prévoyait plutôt une dégringolade dans le prix de l’immobilier. Elle tablait sur une baisse des prix de 9 % à 18 % à l’échelle canadienne, et jusqu’à 25 % dans les régions productrices de pétrole.

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