Portfolio Transport maritime

Un fleuve en quatre chiffres

Porte d’entrée de l’Amérique du Nord, le Saint-Laurent est l’une des plus grandes artères navigables du monde. Il joue un rôle crucial, mais souvent méconnu dans l’économie québécoise. Quatre chiffres pour comprendre.

80 % des biens de consommation

Été comme hiver, on transporte sur le fleuve des matières de toutes sortes. « Pas moins de 80 % des biens de consommation utilisés par les Québécois sont transportés par bateau (téléphones, meubles, jeux vidéo, divans, voitures, vêtements, nourriture, matières premières, produits pharmaceutiques, etc.) », affirme Mathieu St-Pierre, président-directeur général de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES). Quant aux produits d’exportation, ils se composent de produits alimentaires (porcs, grains, sirop d’érable...), de produits miniers (fer, aluminium, etc.) ou de bois et de produits finis comme des structures d’éoliennes. En moyenne, ce sont 110 millions de tonnes de marchandises qui y sont transbordées annuellement, dont 79 % en trafic international et 21 % en trafic intérieur.

24 000 emplois directs et indirects

Le transport maritime, c’est 20 ports commerciaux situés dans toutes les régions du Québec. C’est une industrie qui représente 24 000 emplois, dont 16 000 emplois directs. Des travailleurs qui se partagent une masse salariale de 1 milliard de dollars. C’est aussi plus de 400 entreprises et des revenus fiscaux et parafiscaux qui se chiffrent respectivement à 501,3 millions et 181,1 millions de dollars par année.

301 wagons pour un bateau

En comparaison, un litre de carburant permet à un train de parcourir 200 kilomètres, un camion, 50 kilomètres, tandis qu’un bateau en traverse 358. Selon le Research and Traffic Group, un navire de taille moyenne présent dans l’axe du Saint-Laurent transporte autant de marchandises que 301 wagons et 963 camions. Évidemment, là où l’eau s’arrête, les navires font de même. Toutefois, dans les endroits où les routes ne se rendent pas, ce mode de transport demeure la solution la plus logique. « Pour les communautés du Nord, le bateau est un incontournable et c’est inimaginable, tout ce qu’on peut acheminer par bateau. Autant des matériaux que de la nourriture, des électroménagers, des voitures... », ajoute Mathieu St-Pierre.

450 000 passagers par jour à quai

Il s’agit du nombre de fois où des voyageurs devaient débarquer pour visiter l’une des neuf escales de la province cette saison. Des visiteurs provenant à 65 % des États-Unis, à 10 % du Canada, à 15 % de l’Europe et à 10 % d’ailleurs dans le monde. Une donnée qui n’a cessé de croître depuis 2008, où l’on comptait 120 000 passagers par jour à quai. Évidemment, c’était avant que tout soit arrêté net en raison de la pandémie. Une perte en retombées économiques qui représente 1 milliard de dollars. Directeur général de l’Association des croisières Saint-Laurent, René Trépanier s’attend pour 2021 à 225 000 passagers par jour à quai afin de respecter les normes sanitaires. « Ce sont les prévisions réalistes pour l’instant, mais les informations changent tous les 15 jours. En ce moment, on s’affaire à préparer notre plan sanitaire en vue d’une reprise éventuelle. »

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