Cole Caufield : étudiant par excellence du hockey

Vous avez tous déjà entendu parler du potentiel de Cole Caufield.

Si vous avez besoin d’un petit rappel, un simple coup d’œil aux honneurs qu’il a reçus depuis qu’il s’est joint aux Badgers du Wisconsin dans la NCAA nous en dit beaucoup.

Il a été nommé au sein de l’équipe d’étoiles des recrues du Big Ten et de l’équipe d’étoiles, en plus d’être nommé recrue de l’année après avoir terminé au premier rang des buteurs dans la conférence.

Pour plusieurs, une première année universitaire dans la NCAA avec cette liste d’honneurs serait perçue comme étant une réussite.

Mais Caufield ne cherche pas à parler de ses succès personnels.

Pas pour le moment, en tout cas.

Il reconnaît la valeur de ces distinctions, mais après que les Badgers aient terminé au dernier rang de la conférence, il échangerait toutes ces nominations sans hésiter contre une meilleure fiche.

Le fait qu’il priorise les succès de l’équipe, de bon augure pour sa carrière dans la LNH, explique en partie pourquoi Caufield est un joueur unique.

Oui, Caufield possède un tir qui semble défier au moins deux des lois du mouvement de Newton et, oui, il est l’un des espoirs les plus excitants à voir jouer au niveau universitaire américain, mais il ne se limite pas seulement à marquer des buts.

« Les honneurs ? Ils ne veulent pas dire grand-chose si tu ne gagnes pas », explique Caufield.

Caufield s’autoproclame une bolle du hockey alors qu’il passe des heures à regarder des séquences vidéos de la NCAA et de la LNH.

Et il ne fait pas que revoir ses propres buts, bien qu’il en aurait pour des heures si cela lui tentait vraiment.

Il observe certains des meilleurs marqueurs dans la LNH. Auston Matthews, par exemple, a attiré son attention en raison de la facilité avec laquelle il change son angle de tir sans préavis en rapprochant légèrement la rondelle de son corps. Caufield note que cette aptitude chez Matthews s’explique par le positionnement de ses pieds, bien que la longue portée qu’il possède doit assurément l’aider aussi.

Alors qu’il explique cela, je me décide à aller regarder une séquence d’un but de Matthews pour vérifier sa théorie.

Il a raison. Les pieds sont la clé.

« Tout son lancer repose sur sa jambe droite lorsqu’il ramène la rondelle vers lui, explique Caufield. La rondelle bouge beaucoup avant qu’il ne tire et sa longue portée l’aide, mais il faut porter une attention toute particulière à ses pieds. »

La leçon est comprise. Il ne faut jamais douter d’un intello du hockey.

Surtout celui qui vérifie ses informations.

Étudier des joueurs comme Joe Pavelski (avec qui Caufield a échangé des textos durant les séries) et Matthews donnera à Caufield une petite idée de ce qu’il faut pour marquer des buts dans la LNH, mais, pour ce qui est des autres petits détails névralgiques, il faut parler avec ceux qui ont la mission de protéger le filet alors que des attaquants décochent un nombre phénoménal de tirs en leur direction.

« Il y a tellement de façons de marquer des buts, affirme Caufield. Tu ne peux pas te limiter à marquer d’une seule manière. »

Caufield est reconnu comme étant l’ennemi par excellence de la majorité des gardiens, mais celui des Badgers, Robbie Beydoun, se retrouve dans une position unique : il n’a à affronter ses tirs qu’aux séances d’entraînement. Cela lui permet de donner des conseils à Caufield au niveau de ce qui donne du fil à retordre aux gardiens.

« Je m’intéresse aussi aux gardiens de but », confie Caufield avant de se lancer dans une longue explication à propos de l’utilité de masquer son tir.

« L’élément le plus important qu’il m’a enseigné est que, lorsque tu rapproches la rondelle de ton corps, tu n’as pas à te préoccuper de la force de ton tir. C’est tellement difficile à la base pour les gardiens de repérer une rondelle, ça le devient encore plus lorsque tu modifies ton angle de tir. Ça n’a pas besoin d’être un tir puissant. Si tu places la rondelle à un endroit où il ne peut plus la voir, il n’aura pas le temps de l’arrêter parce qu’il se déplace en tentant de la repérer à nouveau. La différence est énorme. »

Une partie du plan de Caufield consiste à améliorer son tir déjà redoutable, mais il tente d’améliorer d’autres facettes de son jeu.

Le directeur du développement des joueurs, Rob Ramage, prend des nouvelles de l’espoir des Canadiens chaque semaine.

« Il m’a tellement appris à propos du jeu défensif au hockey, reconnaît Caufield. C’est un élément que je veux vraiment travailler. C’est bien de pouvoir compter sur ses conseils et de bénéficier d’une longueur d’avance là-dessus. »

Avec Ramage qui veille, Caufield a le mandat d’améliorer son jeu défensif, une source de fierté pour lui, alors qu’il attend impatiemment le début de la saison de la NCAA.

« Tu ne peux pas jouer dans la LNH si tu n’es pas responsable dans ta zone, dit Caufield. C’est une partie importante de mon jeu, présentement. Je crois que j’ai plus de plaisir à jouer en défensive. J’adore soutirer la rondelle aux attaquants. Je m’applique beaucoup plus maintenant lorsque je me retrouve à défendre. Je suis assez fier de mes progrès cet été. »

Lorsqu’il n’est pas concentré à étudier les meilleurs gardiens de but, Caufield prend le temps de revoir certaines de ses propres séquences, oubliant ses buts pour plutôt se focaliser sur des jeux où il a connu des ennuis.

Bien que Caufield veuille marquer des buts, il cherche aussi à peaufiner sa possession de rondelle, son écart défensif, son positionnement et… tous les autres aspects qu’il peut retravailler.

« Je crois que tu peux apprendre énormément de trucs des séquences qui n’ont pas abouti en un but », dit Caufield.

Bref, il tente d’améliorer tous les aspects de son jeu et il va faire tout son possible pour en arriver là.

Une fois qu’il aura atteint cet objectif, il reculera le poteau encore plus loin afin de se donner un défi qui va le pousser encore une fois au niveau supérieur.

« Qu’aurais-je pu faire de mieux ?, demande Caufield. Je dirais que je suis ma plus grande critique. Et c’est parce que je cherche à être le meilleur. Se critiquer soi-même peut être considéré par certains comme étant une mauvaise chose, mais j’adore ça. »

Les entraîneurs rêvent de diriger des joueurs qui portent une attention aux détails et ont un désir inné de s’améliorer. Ces mêmes entraîneurs trouvent cela difficile lorsque vient le temps pour Caufield de changer de niveau.

Demandez à son ancien entraîneur avec l’équipe nationale américaine des moins de 18 ans, John Wroblewski, qui nous rappelle que Caufield n’est pas qu’un marqueur.

Sa capacité à créer des jeux ne devrait pas être ignorée.

« C’est un joueur spécial, affirme Wroblewski. Il mène le jeu, aussi. Il n’est pas suffisamment reconnu pour cela. On le considère comme étant uniquement un marqueur.

« C’est tout un joueur, dans les deux sens de la patinoire », ajoute Wroblewski.

Le sourire de Caufield s’intensifie drastiquement lorsque vient le temps de parler de sa capacité à créer des jeux. Il est au courant qu’il s’agit d’un aspect de son jeu qui demeure sous-estimé, mais qu’il utilise à son avantage dès que l’occasion se présente.

Tu vas probablement marquer plusieurs buts si tu possèdes un excellent tir, mais cela veut aussi dire que tu vas plus attirer les défenseurs vers toi. Par conséquent, tes coéquipiers bénéficient d’un plus grand espace pour manœuvrer en possession de la rondelle.

« J’ai confiance en mon tir, dit Caufield. Mais tu te dois de lire le jeu et de réagir à ce que fait la défensive. Des lignes de passes s’ouvrent sans cesse puisque les défenseurs déplacent leur bâton. »

Ne vous sentez pas mal si vous trouviez que Caufield n’était qu’un joueur unidimensionnel. Plusieurs, incluant des défenseurs et gardiens adverses, étaient de cet avis. Ils ont, pour la plupart, changé leur point de vue après avoir l’avoir observé plus en détail.

Il n’en demeure pas moins qu’il EST un marqueur, mais que s’il n’avait été que cela, vous auriez eu raison d’arguer que de l’avoir repêché au 15e rang au total était une erreur.

Le jeu de Caufield ne se limite pas seulement aux buts.

Caufield est un perfectionniste. Caufield a de l’ambition. Caufield est honnête avec lui-même au niveau de ses forces et de ses faiblesses.

C’est simple, Cole Caufield n’étudie pas que lorsqu’il est en classe, bien que cela fasse aussi partie de sa réalité dans la NCAA.

En tant qu’étudiant par excellence de son sport, il travaille ardemment à l’obtention de son doctorat du hockey.

Marc Dumont, collaboration spéciale traduite par François Lafleur

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